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Transhumanisme

Prolonger, augmenter, voire abolir la condition humaine par la technique : vieillissement, maladie et mort comme des problèmes à résoudre.

1990 – …

Nick BostromMax More

Courant de pensée contemporain, né dans les années 1980-1990 dans le sillage de la cybernétique et des biotechnologies, qui tient la nature humaine non pour un donné intangible mais pour un point de départ à dépasser : par la médecine, la génétique, les prothèses et l'intelligence artificielle, l'être humain pourrait , prolonger indéfiniment sa vie, voire . Le mot est forgé par le biologiste Julian Huxley en 1957, mais le mouvement s'organise plus tard autour de figures comme , ou Ray Kurzweil, et de l'idée de . Héritier des et de leur foi dans le progrès, il prolonge le projet moderne de maîtrise de la nature jusqu'à l'humain lui-même, et nourrit de vives controverses éthiques sur les limites, l'égalité d'accès et le sens d'une vie sans terme. Le mouvement reste lui-même divers, des extropiens libertariens aux transhumanistes démocrates : tous ne placent pas au même rang l'augmentation des capacités, la fin du vieillissement et l'immortalité.

6 / 80 axescouverture 8%

WikipédiaWikidata

Rapport à soiRapport aux autresRapport au mondeTranshumanisme — Améliorer la nature humaine (Position structurante)Refuser la mort — La mort (Position structurante)Existentialisme — Essence et existence (Position structurante)Progressisme — Tradition et transformationTechno-optimisme — Rapport à la technique (Position structurante)Maîtrise — Place de l'homme dans la natureTranshumanismeRefuser la mortProgressismeTechno-optimismeMaîtrise6SUR 80 AXES8% couvert
rayon ∝ engagement◎ position structurante○ bord = non couvert
L'essentielles positions au cœur de ce système de pensée
  1. Augmenter l'être humain au-delà de ses limites naturelles n'est pas une transgression mais une tâche : la « nature humaine » est un point de départ contingent, non une norme à préserver.

    Transhumanisme100%Améliorer la nature humainevoir la position →
  2. La mort n'est pas le destin qui donne son prix à la vie, mais le plus grand des maux et un problème technique : le vieillissement est une maladie, et la vaincre, un objectif.

    Refuser la mort100%La mortvoir la position →
  3. Il n'y a pas d'essence humaine achevée : l'humain est un être en transition, un pont vers le , défini par ce qu'il peut devenir, non par ce qu'il est.

    Existentialisme90%Essence et existencevoir la position →
  4. La technique est le moteur de l'émancipation humaine : ce qui nous a affranchis de la rareté peut nous affranchir de nos limites biologiques mêmes.

    Techno-optimisme93%Rapport à la techniquevoir la position →
Rapport au vraiCe que l'on peut connaître0/0 positionnés
aucune position enregistrée
Rapport à soiQui je suis, comment vivre3/3 positionnés
Majeur
−1.0
Justification

Là où le bioconservatisme voit dans la nature humaine une limite à respecter, le transhumanisme tient le corps et l'esprit donnés pour un point de départ contingent, façonné par une évolution aveugle. Rien ne sanctifie cet héritage : empêcher la médecine, la génétique ou l'augmentation cognitive d'étendre nos capacités au nom de la « nature » serait une superstition. L'augmentation n'est que la continuation délibérée de ce que la culture et la technique font depuis toujours.

More, « Transhumanism: Toward a Futurist Philosophy » · Bostrom, « In Defense of Posthuman Dignity »

Majeur
0
0
0
100
Justification

Le transhumanisme rompt avec les sagesses de l'acceptation : la mort n'est ni un néant indifférent, comme chez , ni l'horizon qui donnerait son prix à la vie, comme chez , mais le plus grand des dommages et un problème technique. Le vieillissement y est requalifié en maladie guérissable. C'est la révolte portée à son terme : refuser la finitude comme une injustice à combattre, non comme un destin à apprivoiser.

Nous ne tolérerons plus la tyrannie du vieillissement et de la mort.« Lettre à Dame Nature » (1999)

Bostrom, « The Fable of the Dragon-Tyrant » · de Grey, Ending Aging

Majeur
+0.8
Justification

Il n'y a pas d'essence humaine fixe que l'augmentation viendrait trahir : ce qu'on appelle « nature humaine » est un état transitoire dans un processus d'auto-transformation. L'humain est un chantier inachevé, un pont vers le plutôt qu'une forme accomplie ; sa valeur tient aux capacités et aux expériences qu'un être peut déployer, non à la conservation d'un type. La position reste toutefois naturaliste : elle ne nie pas toute nature donnée, elle en récuse le caractère sacré et définitif.

More, « On Becoming Posthuman » · Bostrom, « Why I Want to Be a Posthuman When I Grow Up »

Rapport aux autresCe que nous nous devons1/1 positionnés
Majeur
+0.9
Justification

Le transhumanisme porte à sa limite la foi des dans le progrès : non seulement les savoirs et les institutions, mais l'être humain lui-même peut et doit être amélioré. Aucune tradition, aucun ordre hérité n'a d'autorité qui résisterait à une amélioration démontrable ; le passé n'est qu'un point de départ que la raison et la technique ont vocation à dépasser.

More, « The Extropian Principles » · Condorcet, Esquisse d'un tableau historique des progrès de l'esprit humain (filiation)

Rapport au mondeCe qu'il y a2/2 positionnés
Majeur
−0.8
Instrumentalisme
Justification

La technique n'est ni un outil neutre ni une force aliénante, mais le principal moteur d'émancipation de la condition humaine : ce qui nous a tirés de la rareté et de la maladie peut nous affranchir de nos limites biologiques mêmes. Les qu'elle fait courir ne justifient pas le renoncement, mais une accélération prudente et orientée. L'avenir désirable se construit en repoussant les frontières du possible technique, non en s'en défiant.

Kurzweil, The Singularity Is Near · Bostrom, Superintelligence

1 de plus
inférableMajeur
85
10
5
Justification

Prolongeant le projet cartésien de se rendre « maître et possesseur de la nature », dont il abandonne jusqu'au prudent « comme », le transhumanisme étend cette maîtrise à la nature humaine elle-même. L'humain n'est ni un simple membre de l'ordre naturel auquel se conformer, ni seulement son gardien, mais l'agent appelé à le reconfigurer et à diriger consciemment sa propre évolution : la nature n'a pas de normativité, elle est matière à transformer.

Descartes, Discours de la méthode, VI · More, « A Letter to Mother Nature »