Courants

École de Kyoto

Penser l'expérience bouddhique avec Hegel et Heidegger : chercher l'ultime non dans un être suprême, mais dans un où toute chose trouve son lieu.

1911 – 2019 · tradition vivante

Nishida KitarōTanabe HajimeNishitani Keiji

L'école de Kyoto est le premier grand courant de philosophie japonaise moderne, né autour de à l'université de Kyoto avec Essai sur le bien (1911). Ses penseurs ont en commun de reprendre des ressources du et de la dans la langue de la philosophie occidentale, de à et , mais chacun les articule à sa façon : Nishida pense le « lieu » du , le critique au nom d'une dialectique de la conversion, en fait la voie qui traverse le nihilisme vers la . L'école ouvre un dialogue durable avec la théologie chrétienne et la phénoménologie, que prolonge jusqu'à sa mort en 2019, borne retenue ici. Les écrits de guerre de certains membres, notamment Tanabe et Nishitani, et leur rapport au nationalisme des années 1940 restent débattus.

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Rapport au vraiRapport au mondeImmanenceComprendre le monde2SUR 80 AXES3% couvert
rayon ∝ engagement○ bord = non couvert
Rapport au vraiCe que l'on peut connaître1/1 positionnés
1 de plus
inférableMajeur
60
0
40
0
Justification

La philosophie de se veut systématique et démonstrative, mais elle part de l'expérience vécue et vise un éveil à soi. Chez , elle a pour tâche de traverser le nihilisme jusqu'au champ de la vacuité, où il est surmonté.

Nishida, Essai sur le bien · Nishitani, Shūkyō to wa nanika (1961)

Rapport à soiQui je suis, comment vivre0/0 positionnés
— aucune position enregistrée
Rapport aux autresCe que nous nous devons0/0 positionnés
— aucune position enregistrée
Rapport au mondeCe qu'il y a1/3 positionnés
3 de plus
inférableMajeur
−0.3
Justification

Pour Nishida, l'absolu ne se trouve pas au-dessus du monde : on le rencontre en descendant au fond de soi, là où le moi renonce à se poser comme un sujet souverain, d'où la formule d'une transcendance dans l'immanence. L'absolu reste radicalement autre, mais il n'est pas ailleurs. L'axe n'en saisit qu'une approximation : la valeur modérée, du côté de l', traduit ce refus de placer l'absolu hors du monde sans en faire une simple partie.

Nishida, Bashoteki ronri to shūkyōteki sekaikan (1945)

— ça dépend (contextualiste)

Le n'est ni un Dieu personnel ni une négation de Dieu : c'est le lieu où toute chose, Dieu compris, se trouve située. D'où un dialogue avec la mystique chrétienne () et la théologie de la kénose qui échappe à l'alternative du théisme et de l'athéisme.

— rejette l'alternative

L' de est antérieure à la séparation du sujet et de l'objet : ni l'esprit ni la matière n'en sont le fond, ce qui récuse l'alternative du matérialisme et de l'idéalisme.

↑ Influences reçues

  • RéinterprèteMadhyamakaNishitani fait de la vacuité de la Madhyamaka le « champ » où le nihilisme occidental, diagnostiqué par Nietzsche et Heidegger, est traversé et surmonté : une notion bouddhique devient la réponse à une crise de la mod…Lire
  • RéinterprèteHeideggerTanabe, Nishitani et Kuki Shūzō étudient auprès de Heidegger à Fribourg.Lire