Philosophes

Platon

Écrire en dialogues pour mettre nos opinions à l'épreuve : un mouvement d'ascension du monde qui change vers ce qui ne change pas, jusqu'au Bien.

Grec · 428 av. J.-C. – 348 av. J.-C.

Athénien né dans une famille aristocratique, disciple de dont la condamnation à mort le détourna de la carrière politique, Platon (vers 428-348 av. J.-C.) fonde vers 387 l'Académie, qui survivra près de neuf siècles. Tout son œuvre est écrite en dialogues, où la voix de Socrate mène l'enquête : ce choix littéraire fait de la dialectique, l'examen contradictoire des opinions, la méthode même de la philosophie. Il y affronte le défi des sophistes et du relativisme de son temps, la question « comment vivre et gouverner justement ? » héritée du procès de Socrate, et celle d'un savoir stable dans un monde changeant. De la au et aux , son influence est telle que toute la tradition occidentale a pu être lue, selon le mot de Whitehead, comme « une série de notes en bas de page à Platon ».

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Rapport au vraiRapport à soiRapport aux autresRapport au mondeRationalisme — Source de la connaissance (Position structurante)Dogmatisme — Rapport à la certitudeCorrespondance — Nature de la véritéRéalisme des universaux — Les universauxPrimauté de la vérité — Valeur de la véritéFécondité-rédemption — Sens de la souffranceEssentialisme — Essence et existenceSubstantialisme — Nature du moi (Position structurante)Vertu / perfectionnisme moral — Souverain bienSe préparer au passage — La mort (Position structurante)Ascétisme — Plaisirs corporelsTéléologie-providence — Le sens de la vieExtinction-détachement — Rapport au désirCorps-instrument — Être ou avoir un corpsÉros-manque — Nature de l'amourUtopisme — Idéal et réelÉpistocratie — Qui doit décider (Position structurante)Éthique des vertus — Critère du justeUniversalisme — Statut des normes (métaéthique)Holisme — Individu et sociétéÉgalitarisme — Justice distributivePermanence de l'être — L'être et le devenirIdéalisme — Nature du réel (Position structurante)Transcendance — Où réside le sacréThéisme — Existence de DieuBeau objectif — Le beauMimésis — Nature de l'artPrimauté de la raison — Statut des émotionsPrimat de l'éthique — Le beau dans la vieVérité — Finalité de l'artÉlitisme du goût — Hiérarchie des goûtsHarmonie — Foi et raisonPessimisme anthropologique — Vision de l'hommeNécessité, le loisir comme fin — Sens du travailRationalismeRéalisme des universauxEssentialismeSubstantialismeÉthique des vertusUniversalismeTranscendanceBeau objectif34SUR 80 AXES43% couvert
rayon ∝ engagement◎ position structurante○ bord = non couvert
L'essentielles positions au cœur de ce système de pensée
  1. Le monde sensible n'est pas le vrai réel : derrière lui existent des intelligibles, éternelles et immuables, dont les choses ne sont que des copies imparfaites.

    Idéalisme70%Nature du réelvoir la position →
  2. Apprendre, c'est se ressouvenir : par l', l'âme retrouve les Idées qu'elle a contemplées avant la naissance, non par les sens mais par la raison.

    Rationalisme95%Source de la connaissancevoir la position →
  3. Gouverner est un savoir, non une affaire d'opinion : tant que les philosophes ne seront pas rois, les cités ne cesseront pas leurs maux.

    Épistocratie95%Qui doit décidervoir la position →
  4. L'âme est immortelle : la mort n'est pas un anéantissement mais sa séparation d'avec le corps, et bien philosopher, c'est s'exercer à mourir.

    Se préparer au passage100%La mortvoir la position →
  5. Le moi véritable n'est pas le corps mais l'âme, substance simple et immatérielle dont le corps n'est qu'un instrument provisoire.

    Substantialisme100%Nature du moivoir la position →
Rapport au vraiCe que l'on peut connaître5/5 positionnés
Majeur
+0.9
Criticisme
Justification

La doctrine répond au paradoxe du Ménon : on ne peut chercher ni ce qu'on sait déjà, ni ce qu'on ignore, faute de pouvoir le reconnaître. Platon en tire que tout apprentissage doit être un ressouvenir, l', de Formes que l'âme a contemplées avant la naissance. La preuve est expérimentale, non assertée : interrogé selon la seule méthode des questions, l'esclave du , qui n'a jamais appris la géométrie, retrouve de lui-même un théorème, ce qui exclut qu'il l'ait reçu des sens. La connaissance vient donc du dedans, de la raison tournée vers l'intelligible, contre tout empirisme.

Chercher et apprendre ne sont donc, au total, que réminiscence.Ménon, 81d

Ménon, 81a-86c · Phédon, 72e-77a

Majeur
−0.8
Faillibilisme
Justification

Contre le relativisme sophistique, Platon affirme, surtout dans les dialogues centraux, qu'un savoir stable, l'épistémè, est possible : il porte sur les Idées et se distingue rigoureusement de la simple opinion, la doxa, variable et sans fondement. Cette confiance dans une science de l'être le rapproche du , même si la forme interrogative des dialogues tempère toute systématisation.

République, V, 476d-480a · Théétète, 187a-201c

Majeur
−0.9
Conceptualisme
Justification

La théorie des Idées est le réalisme des universaux par excellence : le beau, le juste, le cercle existent en soi, hors du sensible, et les choses particulières n'en sont que des reflets imparfaits. L'universel est plus réel que l'individu.

La République, VI-VII ; Phédon

Majeur
−0.8
La vérité qui donne prise
Justification

La sortie de la caverne est douloureuse, éblouissante, et pourtant seule libératrice : rester parmi les ombres, c'est prendre des reflets pour le réel et vivre enchaîné sans le savoir ; connaître n'est pas un ornement du bonheur mais la conversion de l'âme entière vers ce qui est. Reste que le philosophe-roi administre à la cité un mensonge noble : la primauté du vrai vaut d'abord pour l'âme qui s'éduque, et Platon assume que l'ordre commun puisse, lui, reposer sur un mythe.

République, VII · République, III

1 de plus
inférable
80
20
0
Justification

La vérité est l'adéquation de l'âme à ce qui est réellement, les Idées : le discours vrai « dit les choses comme elles sont », tandis que le faux les dit autrement qu'elles ne sont. Cette conception, proche d'une correspondance à l'être intelligible, comporte une part de cohérence, la connaissance vraie formant un système dialectique relié au principe du Bien.

Sophiste, 262e-263d · Cratyle, 385b-c

Rapport à soiQui je suis, comment vivre9/9 positionnés
Majeur
−1.0
Justification

Platon est l'une des sources majeures de l'essentialisme : chaque chose sensible n'est ce qu'elle est qu'en participant à une Forme intelligible, éternelle et immuable, qui constitue son essence véritable. La , surtout dans le et la , fait de l'essence un être séparé, antérieur et supérieur à l'existence individuelle.

Phédon, 74a-75d · République, V, 476a-480a

Majeur
100
0
0
0
Justification

Si l'âme connaît l'intelligible éternel et immuable, c'est qu'elle lui est apparentée : ce qui saisit le simple doit être simple aussi. De cette parenté Platon conclut que le moi véritable n'est pas le composé corporel mais l'âme, substance immatérielle qui préexiste à la naissance et survit à la mort. L'Alcibiade radicalise le partage : l'homme n'est ni son corps ni le composé des deux, il « est » son âme, le corps n'étant qu'un instrument dont elle se sert. Cette identification de la personne à une séparable, contre l'idée d'un soi tributaire de l'incarnation, fonde toute la psychologie et l'eschatologie platoniciennes.

Phédon, 78b-80b · Alcibiade, 129e-130c

Majeur
0
0
100
0
Justification

Le ne pose pas la survie, il l'argumente, par quatre preuves enchaînées : la génération des contraires, l' qui suppose une connaissance antérieure à la naissance, l'affinité de l'âme avec l'intelligible simple et indestructible, enfin l'argument de l'essence, l'âme portant en elle la vie ne pouvant admettre son contraire. Le raisonnement s'appuie sur le de l'âme et du corps : ce qui est simple ne se décompose pas, donc ne périt pas. La mort cesse alors d'être un anéantissement pour devenir le passage de l'âme vers l'intelligible, et la philosophie elle-même, comme détachement du corps, en est l'apprentissage anticipé.

Ceux qui s'attachent droitement à la philosophie s'exercent à mourir.Phédon, 67e

Phédon, 64a, 102a-107b · République, X, 614a-621d (mythe d'Er)

Majeur
100
0
0
0
Justification

Tout l'ordre des choses est orienté vers le Bien, principe et fin de toute réalité : dans le , le Démiurge façonne le monde aussi beau et bon que possible en regardant le modèle éternel. La vie humaine trouve son sens dans cette téléologie cosmique, en s'assimilant autant que possible au divin et à l'ordre du tout.

Timée, 29d-30c, 47a-c · République, VI, 505a-b

Majeur
0
40
60
Justification

Les appétits forment la partie la plus basse de l'âme et doivent être maîtrisés et réduits sous la conduite de la raison, car l'âme livrée à ses désirs devient « un tonneau percé » que rien ne comble. Platon ne prône pas l'extinction du désir mais sa réorientation : l'éros sublimé devient l'élan qui porte l'âme vers le Beau et le Bien.

Gorgias, 493a-494a · République, IX, 571a-580a

Majeur
−0.9
Union de l'âme et du corps
Justification

Dans le Phédon, le corps est le tombeau de l'âme : il l'entrave, la trompe par les sens et la détourne de la contemplation du vrai. Le philosophe s'exerce à mourir, c'est-à-dire à séparer l'âme du corps. Le moi véritable est l'âme.

Phédon, 64a-67b

3 de plus
inférableMajeur
0
25
75
Justification

Le souverain bien est l'assimilation au divin par la contemplation du Bien et la justice de l'âme, un perfectionnisme moral où l'existence ordonnée selon la vertu vaut par elle-même. La dimension subsiste, car cette vie de l'âme juste est présentée comme la plus heureuse, le plaisir restant subordonné et trompeur.

République, IX, 580a-588a · Théétète, 176a-b

inférableMajeur
−0.7
Tempérance
Justification

Le dualisme âme-corps invite à se détacher des plaisirs du corps, qui « clouent » l'âme au sensible et l'empêchent de connaître : le philosophe les réduit autant que possible. La position reste mesurée, car le accorde une place aux plaisirs purs et vrais dans une vie mêlée bien ordonnée.

Phédon, 64c-67b, 82e-83d · Philèbe, 63e-64a

inférable
−0.4
Indifférence stoïcienne
Justification

Platon ne tient pas la souffrance pour un simple mal à fuir : le juste châtiment est un remède qui guérit l'âme de l'injustice, et il vaut mieux le subir que d'y échapper. Plus largement, l'accès au vrai exige un arrachement douloureux au sensible, l'ascension hors de la caverne éblouissant d'abord celui qu'on délivre : l'épreuve a une vertu purificatrice et formatrice.

Gorgias, 476-479 · République, VII (allégorie de la caverne)

Rapport aux autresCe que nous nous devons7/7 positionnés
Majeur
85
15
0
0
Justification

Dans le , Diotime définit l'éros comme désir né du manque : enfant de Pénia (la Pauvreté) et de Poros (l'Expédient), l'amour désire ce qu'il n'a pas et tend à le posséder. Cet élan ascensionnel s'élève des beaux corps jusqu'à la Beauté en soi, ce qui donne un poids résiduel au don.

Banquet, 199c-204c · Phèdre, 244a-257b

Majeur
−0.9
Justification

La construit la cité juste en pensée, modèle idéal réglé sur la Forme du Bien, avec ses trois classes, la communauté des biens et des femmes pour les gardiens, et l'éducation comme art de tourner l'âme. C'est un utopisme normatif assumé : la cité réelle doit se conformer au paradigme, non l'inverse.

République, II-V, 369a-473e · République, IX, 592a-b

Majeur
+0.9
Justification

L'argument procède par analogie avec les technai, les arts : on ne confie pas le gouvernail au nombre mais au pilote qui sait, et l'on jugerait fou un navire où l'équipage choisirait son capitaine à la voix. Gouverner est de même un savoir, celui du Bien et de la justice, qui ne s'acquiert qu'au terme d'une longue éducation. Platon en déduit, contre la athénienne qui a condamné , que l'autorité doit revenir à la compétence et non à l'opinion du plus grand nombre. La thèse est d'autant plus tranchante qu'elle s'attaque au régime dominant de sa cité.

République, V, 473c-e · République, VI, 488a-489d (métaphore du navire)

Majeur
0
0
100
0
Justification

L'éthique platonicienne est une éthique des vertus : le bien de l'homme tient à l'état de son âme, et la justice est définie comme l'harmonie de ses trois parties, chacune accomplissant sa fonction propre sous la conduite de la raison. La vie bonne n'est pas affaire de règles ni de calcul des conséquences, mais d'un caractère ordonné et vertueux.

République, IV, 441c-444e · Gorgias, 506c-508c

Majeur
100
0
0
Justification

Contre le relativisme de Protagoras, pour qui « l'homme est la mesure de toutes choses », Platon fonde les valeurs sur des Formes objectives, le Juste en soi et le Bien en soi, qui ne dépendent ni des conventions ni des opinions. Le bien et le juste sont universels et réels, connaissables par la raison.

Théétète, 152a, 170a-172b · République, VI, 504e-509b

Majeur
+0.8
Justification

La étudie la justice d'abord dans la cité, « écriture en gros caractères », pour la déchiffrer ensuite dans l'âme : le tout politique est premier et éclaire la partie individuelle. La cité est un organisme dont chaque classe est un membre, et le bien commun prime sur l'intérêt privé, jusqu'à l'abolition de la propriété et de la famille chez les gardiens.

République, II, 368c-369a · République, V, 462a-466d

1 de plus
inférable
−0.3
Suffisantarisme
Justification

La justice de la cité repose sur une répartition selon la fonction et l'aptitude naturelle de chacun : à chacun la tâche pour laquelle son âme est faite, et la communauté des biens chez les gardiens supprime la richesse privée comme source de discorde. Le principe « à chacun selon sa nature et sa fonction », étranger au mérite marchand, penche vers une distribution fixée par le tout plutôt que par le libre échange.

République, IV, 433a-434c · République, III, 416d-417b

Rapport au mondeCe qu'il y a13/14 positionnés
Majeur
−0.8
Hylémorphisme (Aristote)
Justification

Le sensible, en perpétuel devenir, ne peut être objet de science : on n'y rencontre rien de stable à connaître. Ce qui est réellement, ce sont les Formes intelligibles, immuables et éternelles, dont les choses changeantes ne sont que des participations. Platon accorde pourtant au devenir sa consistance propre : le monde sensible n'est pas rien, il est une image mobile de l'éternité.

Qu'est-ce qui est toujours, sans jamais devenir, et qu'est-ce qui devient toujours, sans être jamais ?Timée, 27d

Timée, 27d-28a · République, VI-VII · Cratyle, 439c-440

Majeur
0
70
30
Justification

L'argument part d'un constat hérité d'Héraclite : le sensible est en flux perpétuel, et de ce qui ne cesse de devenir on ne peut avoir de science. Si pourtant nous connaissons l'égal, le juste, le cercle, c'est qu'il existe des objets stables et intelligibles dont les choses sensibles ne sont que des reflets imparfaits : voilà le degré supérieur de réalité. L'allégorie de la caverne, où les prisonniers prennent les ombres pour le réel, dramatise ce . Subsiste pourtant un dualisme que Platon ne résorbe pas, deux ordres distincts maintenus côte à côte, dont le rapport de « participation » demeure problématique, comme il le reconnaît lui-même dans le Parménide.

De telles personnes ne tiendraient-elles pas pour la réalité rien d'autre que les ombres des objets fabriqués ?République, VII, 515c

République, VII, 514a-518b (allégorie de la caverne) · Timée, 27d-29d

Majeur
+0.9
Justification

L'analogie du soleil porte l'argument : de même que le soleil rend les choses visibles et les fait croître, le Bien donne aux Idées d'être connues et d'être tout court. Comme cause à la fois de l'intelligibilité et de l'existence, le Bien ne peut être lui-même une essence parmi d'autres : il les surpasse, situé « par delà l'essence ». Platon pousse ainsi la à son point extrême, à l'opposé d'une qui logerait le principe dans le monde, et fait de toute la dialectique une ascension, hors de la caverne, vers ce principe séparé que l'âme ne contemple qu'au prix d'une conversion du regard.

Le Bien n'est pas l'être, mais il est encore au-dessus et au-delà de l'être, le surpassant en dignité et en puissance.République, VI, 509b

République, VI, 508e-509b · Banquet, 210a-212a

Majeur
−0.7
Agnosticisme (Huxley)
Justification

Le présente un Démiurge, dieu artisan et bon, qui ordonne le monde en regardant les Idées comme des modèles ; les affirment l'existence des dieux et la providence contre l'athéisme. Ce théisme rationnel et impersonnel, sans création ex nihilo ni dieu unique au sens monothéiste, retient d'un score extrême.

Timée, 28a-30c · Lois, X, 885b-907d

Majeur
−1.0
Universalité subjective (Kant)
Justification

La beauté n'est ni une affaire de goût ni un attribut des choses : il existe une Forme du Beau, éternelle, absolue, qui ne naît ni ne périt, et à laquelle les belles choses participent. C'est l'objectivisme esthétique à son point le plus pur, terme de l'ascension amoureuse du .

Banquet, 210e-211b · Hippias majeur, 287c-289d

Majeur
−0.8
Éduquer ses émotions
Justification

L' et c'est la raison qui doit gouverner : l'image du char ailé du montre le cocher (l'intellect) maîtrisant le cheval docile (l'ardeur) et le cheval rétif (l'appétit). Les passions ne sont pas des guides mais des forces à discipliner et à ordonner sous le commandement du logos.

Phèdre, 246a-254e · République, IV, 439d-441c

−0.9
Justification

L'art est mimèsis, imitation : le peintre et le poète copient les choses sensibles, qui sont elles-mêmes des copies des Idées, produisant ainsi une image au troisième degré, éloignée du vrai. Cette définition de l'art comme reproduction, et non création, fonde la critique des poètes et leur bannissement de la cité.

République, X, 595a-602c · Sophiste, 235d-236c

+0.6
Justification

La beauté joue un rôle anagogique unique : elle est la seule Forme qui resplendit dans le sensible et qui, par l'éros, met l'âme en marche vers l'intelligible. Mais elle reste subordonnée au Bien et à la justice : la poésie séduisante est bannie de la cité si elle corrompt l'âme, et le beau ne vaut qu'en tant qu'il conduit au vrai et au bien.

Phèdre, 250d-251b · République, III, 401b-403c

0
50
50
Justification

L'art n'est jamais jugé sur le plaisir qu'il procure mais sur sa vérité et son effet moral : la poésie mimétique est condamnée parce qu'elle flatte la partie inférieure de l'âme et s'éloigne du vrai. Inversement, la admet une musique et des récits réglés qui forment le caractère et accordent l'âme à l'harmonie, faisant de l'art un instrument de formation.

République, X, 605a-608b · République, III, 398c-401d

−0.8
Justification

Il existe une hiérarchie objective des plaisirs et des objets de l'âme : dans la , seul le philosophe, qui a goûté aux trois sortes de plaisirs, peut juger lesquels sont les plus vrais, et son verdict fait des plaisirs de la connaissance les plus hauts. Les plaisirs ne se valent pas, et la compétence à les hiérarchiser n'appartient qu'à l'âme bien réglée.

République, IX, 580d-583a · Philèbe, 51a-53c

4 de plus
inférable
0
100
0
0
Justification

Le divin n'est pas l'objet d'une foi opposée à la raison mais se saisit par l'intellect : le Bien et les Idées tiennent lieu de principe divin, et les entendent démontrer rationnellement l'existence des dieux. Les mythes (caverne, Er, attelage) ne contredisent pas le logos mais le prolongent là où la démonstration s'arrête, dans une continuité du religieux et du rationnel.

Lois, X, 893b-899d · République, VII, 517b-c

inférable
+0.4
Plasticité morale
Justification

L'homme ordinaire est prisonnier de la caverne, enchaîné à l'ombre et à l'opinion, et la plupart des âmes sont dominées par les appétits : l'élévation vers le vrai est rare, difficile et réservée à un petit nombre. Sans être un pessimisme noir, cette vision insiste sur l'aveuglement spontané de l'âme, que seule une longue éducation peut redresser.

République, VII, 514a-517a · Phèdre, 248a-249d

inférable
20
0
80
Justification

La cité naît de ce que nul n'est autosuffisant : la division du travail répond à la nécessité de pourvoir aux besoins, chacun produisant le mieux ce pour quoi sa nature le destine. Le travail artisanal vaut comme fonction au service du tout plus que comme accomplissement de soi, l'épanouissement le plus haut restant réservé à la vie contemplative du philosophe.

République, II, 369b-371e · République, IV, 421e-423d

hors champ

Question anachronique : rien dans les dialogues ne permet de positionner Platon sur la pensée des machines sans extrapolation hasardeuse.

Pratiquesvivre la croyance, que faire
S'exercer à mourir : prendre soin de son âmeExerciceAttestée · Platon

Dans le Phédon, définit le philosophe comme celui qui « s'exerce à mourir » : non par goût morbide, mais parce qu'il prend soin de ce qui, en lui, ne périt pas avec le corps. Si vous espérez que quelque chose de vous demeure, cet exercice fait de la vie présente une préparation : desserrer l'emprise de ce qui passe, et nourrir ce que vous tenez pour durable. Aujourd'hui, c'est une manière de remettre à leur place l'avoir et l'urgence, et de soigner ce qui compte le plus à vos yeux.

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