Philosophes

Socrate

Le philosophe qui n'écrivit rien : interroger sans relâche, tenir la vertu pour un savoir, et n'être sage que de se savoir ignorant.

Grec (Athénien) · 470 av. J.-C. – 399 av. J.-C.

Figure inaugurale de la philosophie occidentale, Athénien du Ve siècle avant notre ère qui n'écrivit rien : on ne le connaît qu'à travers ses disciples, surtout et Xénophon, la caricature qu'en donna le comique Aristophane et le témoignage d', d'où le problème socratique, la difficulté de distinguer l'homme de ses portraits. Fils d'un tailleur de pierre et d'une accoucheuse, il délaissa l'étude de la nature pour interroger ses concitoyens sur la vertu, le juste et le beau, déambulant sur l'agora et pratiquant un questionnement serré, l', qui démasquait les fausses certitudes. Accusé d'impiété et de corrompre la jeunesse, il fut condamné à mort par un tribunal athénien et but la ciguë ; sa défense, rapportée par Platon dans l', en a fait le modèle du philosophe qui meurt pour sa mission. Il inspira directement les petites écoles socratiques, dont les , et, par Platon, toute la tradition ultérieure.

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Rapport au vraiRapport à soiRapport aux autresRapport au mondeScepticisme — Rapport à la certitude (Position structurante)Réalisme des universaux — Les universaux (Position structurante)Rationalisme — Source de la connaissancePrimauté de la vérité — Valeur de la véritéFécondité-rédemption — Sens de la souffranceEssentialisme — Essence et existenceVie examinée — Intériorité (Position structurante)Vertu / perfectionnisme moral — Souverain bien (Position structurante)Téléologie-providence — Le sens de la vieCe qui dépend de nous — Périmètre d'actionSe libérer de la crainte — La mortTri raisonné — Rapport au désirTempérance — Plaisirs corporelsUniversalisme — Statut des normes (métaéthique)Éthique des vertus — Critère du justeAutorité — Rapport à l'autoritéÉpistocratie — Qui doit déciderRéhabilitation — Sens de la peinePrimauté de la raison — Statut des émotions (Position structurante)Théisme — Existence de DieuOptimisme anthropologique — Vision de l'hommePrimat de l'éthique — Le beau dans la vieFinalisme — Explication de la natureRéalisme des universauxPrimauté de la véritéVie examinéeVertu / perfectionnisme moralUniversalismeÉthique des vertusPrimauté de la raisonThéisme23SUR 80 AXES29% couvert
rayon ∝ engagement◎ position structurante○ bord = non couvert
L'essentielles positions au cœur de ce système de pensée
  1. Une vie sans examen ne vaut pas la peine d'être vécue : se connaître et interroger sans relâche ses opinions est la tâche propre de l'homme.

    Vie examinée98%Intérioritévoir la position →
  2. Nul n'est méchant volontairement : toute faute est une ignorance, car qui connaît vraiment le bien ne peut pas ne pas le faire.

    Primauté de la raison95%Statut des émotionsvoir la position →
  3. Le seul savoir qui me distingue, c'est de savoir que je ne sais rien : reconnaître son ignorance est le commencement de la sagesse.

    Scepticisme75%Rapport à la certitudevoir la position →
  4. Prends soin de ton âme avant tes richesses et ta réputation : rien ne vaut pour l'homme l'excellence de l'âme, et la vertu est le souverain bien.

    Vertu / perfectionnisme moral70%Souverain bienvoir la position →
  5. Savoir ce qu'est le courage ou la justice, c'est en trouver la définition unique, la même pour tous les cas : non des exemples, mais l'essence cherchée par la raison.

    Réalisme des universaux80%Les universauxvoir la position →
Rapport au vraiCe que l'on peut connaître4/4 positionnés
Majeur
+0.5
Faillibilisme
Justification

L'oracle de Delphes ayant déclaré que nul n'était plus sage que lui, Socrate, persuadé de ne rien savoir, enquête pour réfuter le dieu, et découvre que les hommes réputés savants ne savent pas davantage mais croient savoir. Sa supériorité tient tout entière à ce qu'il ne se figure pas connaître ce qu'il ignore : cette n'est pas un qui renonce au vrai, mais le ressort de l', qui dissout les fausses certitudes pour rouvrir la recherche.

Ce que je ne sais pas, je ne pense pas non plus le savoir.Platon, Apologie, 21d

Platon, Apologie, 20e-23b (l'oracle et l'enquête)

Majeur
−0.9
La vérité qui donne prise
Justification

Devant ses juges, Socrate préfère la mort à l'abandon de l'examen : philosopher est pour lui un poste assigné qu'on ne déserte pas, et la pire misère n'est pas de souffrir mais de vivre dans l'ignorance satisfaite de ce qu'on croit savoir. Le soin de l'âme passe par la mise à l'épreuve de toute opinion, la sienne d'abord.

Une vie sans examen ne vaut pas la peine d'être vécue.Platon, Apologie de Socrate, 38a

Apologie de Socrate (Platon)

2 de plus
inférableMajeur
−0.6
Conceptualisme
Justification

Quand Socrate demande qu'est-ce que le courage ? ou qu'est-ce que la piété ?, il écarte l'énumération d'exemples et réclame l'unique définition commune à tous les cas. Aristote lui attribue en propre deux choses, les raisonnements inductifs et la définition universelle, tout en notant qu'il ne séparait pas ces universaux des choses, à la différence des Idées subsistantes que Platon ajoutera. Chercher l'essence une derrière le divers, c'est déjà tenir l'universel pour réel.

Aristote, Métaphysique, M (XIII), 4, 1078b (les définitions universelles) · Platon, Euthyphron, 5d-6e ; Lachès, 190d-192b (la demande de définition)

inférable
+0.5
Criticisme
Justification

Socrate ne cherche pas le vrai dans l'observation de la nature, dont il s'est détourné, mais dans l'examen réglé des : on part des opinions de l'interlocuteur et l'on suit l'argument là où il mène, jusqu'à la contradiction ou l'accord. C'est la raison en dialogue, non l'expérience sensible, qui conduit à la définition ; mais rien chez lui de la doctrine des ou de la réminiscence, que Platon ajoutera.

Platon, Phédon, 96a-99d (le détournement de la physique) · Cicéron, Tusculanes, V, 4, 10 (Socrate fit descendre la philosophie du ciel)

Rapport à soiQui je suis, comment vivre9/9 positionnés
Majeur
−0.9
Justification

Lors de son procès, Socrate refuse d'abandonner la philosophie même pour sauver sa vie : l'enjeu n'est pas de vivre, mais de bien vivre, et l'on ne peut bien vivre sans s'interroger sur soi. L'examen, conduit par l', arrache l'interlocuteur à ses opinions héritées et fait de la connaissance de soi, l'injonction inscrite au fronton du temple de Delphes, la condition d'une vie libre ; une existence non examinée se vit dans l'emprunt et l'illusion.

Une vie sans examen ne vaut pas la peine d'être vécue.Platon, Apologie de Socrate, 38a

Platon, Apologie, 38a (une vie sans examen ne vaut pas d'être vécue) · Platon, Apologie, 29d-30a (le philosophe ne cessera pas d'interroger)

Majeur
5
25
70
Justification

Socrate exhorte les Athéniens à ne pas se soucier de leur corps, de leurs biens ni de leur réputation autant que de la perfection de leur âme. Le seul bien véritable est l'excellence de l'âme, la vertu : tout le reste n'a de prix que par elle, la richesse même procédant de la vertu et non l'inverse. Le souverain bien n'est donc ni le plaisir ni la simple réussite d'une vie, mais l'état d'une âme rendue bonne.

Ce n'est pas des richesses que naît la vertu, mais c'est de la vertu que viennent aux hommes les richesses et tous les autres biens.Platon, Apologie, 30b

Platon, Apologie, 29d-30b (le soin de l'âme)

7 de plus
inférable
−0.3
Indifférence stoïcienne
Justification

Pour Socrate, le vrai malheur n'est pas de souffrir mais de mal agir : il vaut mieux subir l'injustice que la commettre. Rien d'extérieur ne peut atteindre l'homme de bien dans ce qui fait son bien, son âme ; aussi accueille-t-il l'épreuve, et sa propre condamnation, avec une fermeté qui en désamorce le caractère de mal.

Gorgias, 469 · Apologie de Socrate ; Criton

inférable
−0.7
Justification

La démarche socratique tient tout entière dans la question qu'est-ce que… ? : qu'est-ce que le courage, la piété, la justice ? Demander la définition, c'est supposer une essence unique et stable derrière la diversité des cas particuliers, que l'examen doit dégager. Connaître cette nature commune importe plus que d'énumérer des exemples.

Platon, Euthyphron · Platon, Lachès et Ménon

inférable
80
20
0
0
Justification

Socrate tient sa vocation d'examiner les hommes pour une mission que le dieu lui a confiée et qu'il ne saurait déserter : il est posté à Athènes comme à un poste de combat qu'on ne quitte pas. Le sens de sa vie lui est donc donné par un ordre divin, et les dieux ne négligent pas l'homme de bien : loin d'un sens construit ou d'un univers absurde, c'est une qui veille.

Platon, Apologie, 28d-29a (le poste assigné par le dieu) · Platon, Apologie, 41c-d (le soin des dieux pour l'homme de bien)

inférable
−0.6
Faire la part des choses
Justification

Devant ses juges, Socrate se déclare serein : on peut le tuer ou le bannir, on ne peut pas lui nuire, car le seul mal réel est de rendre son âme mauvaise, et nul ne le peut à sa place. Les biens extérieurs, le corps, la réputation, la vie même, ne sont pas en notre pouvoir et ne sont pas le vrai bien ; la vertu de l'âme, elle, dépend de nous. Les stoïciens bâtiront sur cette intuition leur .

On peut me tuer, me bannir, me priver de mes droits : Anytos et Mélétos le peuvent, mais me nuire, non.Platon, Apologie, 30c-d

Platon, Apologie, 30c-d (ils peuvent me tuer, non me nuire) · Platon, Apologie, 41c-d

inférable
50
0
50
0
Justification

Craindre la mort, dit Socrate, c'est se croire savant sans l'être, car nul ne sait si elle est un mal. De deux choses l'une : ou bien elle est un sommeil sans rêve, et c'est un gain, ou bien elle est un voyage de l'âme vers les morts, et c'est un bonheur ; dans les deux cas l'homme de bien n'a rien à redouter. La démonstration de l'immortalité viendra de Platon ; chez Socrate, la position reste suspendue entre ces deux espérances.

Craindre la mort n'est rien d'autre que se croire savant sans l'être, c'est croire savoir ce qu'on ne sait pas.Platon, Apologie, 29a

Platon, Apologie, 40c-41c (les deux hypothèses sur la mort)

inférable
10
50
40
Justification

Maître de ses appétits, capable de supporter le froid, la faim et le vin sans y céder, Socrate incarne l'enkrateia, la maîtrise de soi par la raison. Il ne supprime pas le désir comme le feront les ascètes, et ne le célèbre pas : il le soumet au tri de la raison, ne tenant pour bon que ce qui sert l'âme. Le besoin réduit est pour lui une force, non une privation.

Xénophon, Mémorables, I, 2-3 ; I, 5 (la maîtrise de soi) · Platon, Banquet, 219b-220a (Socrate insensible au froid et au vin)

inférable
−0.1
Tempérance
Justification

Indifférent au luxe, allant pieds nus et vêtu du même manteau en toute saison, Socrate ne condamne pas pour autant le plaisir : il festoie au et peut boire toute la nuit sans ivresse. Sa sobriété n'est pas l'ascétisme qui tient le corps pour un ennemi, mais une tempérance qui use de tout sans en être l'esclave.

Platon, Banquet, 220a et 223c-d · Xénophon, Mémorables, I, 3, 5-15

Rapport aux autresCe que nous nous devons5/5 positionnés
−0.3
Constitutionnalisme
Justification

Dans le , condamné injustement, Socrate refuse pourtant de s'évader : ayant vécu toute sa vie sous les lois d'Athènes et accepté leurs bienfaits, il leur doit obéissance, et leur désobéir pour se sauver serait commettre à son tour une injustice et ruiner la cité. Mais cette déférence a une limite ferme : il obéira au dieu plutôt qu'aux juges s'ils lui ordonnent de cesser de philosopher, et il a déjà refusé un ordre inique, celui d'arrêter Léon de Salamine.

Platon, Criton, 50a-54d (le discours des Lois) · Platon, Apologie, 29d, 32c-d (obéir au dieu ; le refus d'arrêter Léon)

4 de plus
inférableMajeur
75
15
10
Justification

La demande d'une définition unique du juste ou du courage présuppose que la vertu a une nature, la même pour tous, et non une simple convention variable. Socrate s'oppose ainsi aux sophistes et à leur relativisme, résumé par le mot de Protagoras, l'homme est la mesure de toute chose : si chacun mesure le vrai et le bien à sa guise, l'examen perdrait son objet. Le juste se découvre par la raison, il ne se décrète pas.

Platon, Théétète, 152a et 161c-e (la formule de Protagoras, critiquée) · Platon, Gorgias, 482e-484c (nature et convention)

inférableMajeur
0
10
90
0
Justification

Le critère de l'agir n'est, pour Socrate, ni le calcul des conséquences ni l'obéissance à une loi, mais l'état de l'âme dont l'acte procède : agir bien, c'est agir depuis une âme excellente. En faisant de la vertu le tout de la moralité et l'objet du soin de soi, il ouvre la tradition de l'éthique des vertus que prolongeront Aristote puis les stoïciens.

Platon, Apologie, 30a-b ; Criton, 47e-48a (l'âme bonne, seul vrai bien)

inférableMajeur
+0.6
Justification

On ne tire pas au sort le pilote d'un navire ni le médecin d'un malade : gouverner est de même un savoir, un art qui réclame la connaissance du bien, non l'affaire de tous indifféremment. De là la critique socratique du choix des magistrats par le sort à Athènes et de la compétence supposée du grand nombre. Platon en tirera le gouvernement des philosophes ; chez Socrate, c'est d'abord l'exigence que décide celui qui sait.

Xénophon, Mémorables, I, 2, 9 ; III, 9 (l'art de gouverner, le tirage au sort) · Platon, Gorgias, 455b-456a ; Criton, 47a-48a (l'analogie de l'expert)

inférable
0
0
85
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Justification

Si la faute est ignorance, le coupable est moins un méchant qu'un malade de l'âme, et le châtiment doit le guérir, non lui rendre le mal pour le mal. Subir une juste peine est même un bien, puisqu'elle délivre l'âme de l'injustice qui la gâte ; punir pour se venger ne corrige rien. La sanction vaut comme soin et redressement, ce qui range Socrate du côté d'une justice réhabilitatrice.

Platon, Gorgias, 476a-481b (le châtiment qui guérit l'âme)

Rapport au mondeCe qu'il y a5/5 positionnés
Majeur
−0.9
Éduquer ses émotions
Justification

Si la vertu est un savoir, la mauvaise action ne peut venir que d'un défaut de savoir : nul ne se porte volontairement vers ce qu'il tient pour un mal. Socrate nie ainsi la possibilité de l', la faiblesse de la volonté : ce qu'on prend pour une passion l'emportant sur la raison n'est qu'une erreur de mesure entre les biens. Contre l'idée que le désir ou la colère nous gouvernent, il fait de la connaissance la cause suffisante de l'action droite.

Platon, Protagoras, 352b-358d (la négation de l'acrasie) · Platon, Ménon, 77b-78b (nul ne désire le mal en le sachant tel)

Majeur
−0.6
Agnosticisme (Huxley)
Justification

Accusé d'impiété, Socrate répond qu'il croit aux dieux plus que ses accusateurs, et invoque le , ce signe divin qui le détourne d'agir mal. Mais sa piété réforme la religion civique : un dieu, étant bon, ne peut être l'auteur d'aucun mal, ce qui condamne les récits homériques de dieux querelleurs et trompeurs. Théisme donc, mais moralisé et rationnel, assez éloigné du culte ordinaire pour qu'on l'ait pris pour de l'incroyance.

Platon, Apologie, 26b-28a, 35d (la croyance aux dieux) · Platon, Euthyphron, 6a-c (critique des mythes immoraux)

3 de plus
inférable
−0.3
Plasticité morale
Justification

L'intellectualisme moral entraîne une vision plutôt optimiste de l'homme : si l'on ne fait le mal que par ignorance, personne n'est méchant par nature, et tout homme peut être amélioré par le savoir. Le vice n'est pas une perversité indéracinable mais un défaut de connaissance, ce qui rend l'homme éducable et fait de l'examen une thérapeutique de l'âme.

Platon, Protagoras, 345d-e ; Ménon, 87b-89a (la vertu, savoir qui s'acquiert)

inférable
+0.5
Justification

Ce qui décide de la valeur d'une vie est, pour Socrate, la bonté de l'âme et non l'éclat des apparences : laid comme un silène mais beau au-dedans, il juge un homme sur sa vertu, non sur son allure. Le beau n'est pas pour autant méprisé : dans le , l'amour des beaux corps est le premier degré d'une montée qui, de beauté en beauté, s'élève jusqu'au Beau puis au Bien. Mais cette dialectique de l'élévation, où l' sensible n'est qu'un échelon vers l'intelligible, est déjà l'œuvre de Platon ; le primat de l'éthique demeure, le beau ne valant que comme chemin vers le bon.

Platon, Apologie, 29d-30b (la vertu avant la réputation) · Platon, Banquet, 210a-212a (l'ascension d'éros, des beaux corps au Beau) · Platon, Banquet, 215a-216a (Socrate-silène, la beauté du dedans)

inférable
20
70
10
Justification

Déçu par les physiciens qui expliquent tout par des causes matérielles, Socrate raconte avoir espéré d' que l'Intelligence ordonnât le monde selon le meilleur, puis l'avoir trouvé n'invoquant que des mécanismes. Ce qu'il réclame, c'est l'explication par le bien, la fin en vue de laquelle il vaut mieux que les choses soient ainsi : un finalisme qui détourne la philosophie de la nature vers la valeur.

Platon, Phédon, 97b-99d (la déception devant Anaxagore)

Pratiquesvivre la croyance, que faire
L'examen de cohérence : l'elenchos retourné vers soiExerciceIntériorité

Dans ses entretiens, partait des opinions de son interlocuteur et les poussait jusqu'à la contradiction, l'. Faute d'avoir Socrate sous la main, on peut tourner ce questionnement contre soi : prendre une de ses convictions tranchées et chercher, parmi ses propres croyances, celle qui la dément. C'est la forme solitaire de la vie examinée, non pour se conforter, mais pour débusquer ses incohérences et penser plus juste.

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L'exercice de la définition : « qu'est-ce que… ? »ExerciceLes universaux · Statut des normes (métaéthique)

n'amassait pas les exemples mais cherchait la définition unique : qu'est-ce que le courage, la justice, l'amitié, par-delà les cas particuliers ? L'exercice reprend ce geste : éprouver une définition contre des contre-exemples jusqu'à la resserrer. On atteint rarement la formule parfaite, mais on découvre qu'un mot qu'on croyait évident est plus difficile et plus riche qu'on ne pensait, et l'on juge ensuite avec plus de finesse.

  1. Choisissez un mot de valeur que vous employez souvent sans le définir : le courage, la justice, le respect, la réussite, l'amitié.
  2. Écrivez votre définition en une phrase : « X, c'est… ».
  3. Cherchez un cas que votre définition inclut à tort (elle est trop large), puis un cas qu'elle exclut à tort (elle est trop étroite).
  4. Corrigez la définition pour absorber ces deux cas, puis refaites l'épreuve sur la nouvelle version.
  5. Arrêtez-vous quand vous ne trouvez plus de contre-exemple facile, ou quand vous butez : notez ce que l'obstacle vous a appris sur le mot.

au gré des occasions, seul ou à deux, 10 à 15 minutes · Attestée · Socrate

Le but n'est pas de gagner une définition parfaite, ni de piéger l'autre si vous le faites à deux, mais d'y voir plus clair. L'aporie, ce moment où l'on reconnaît qu'on ne savait pas vraiment définir ce mot, est un résultat, non un échec.

L'inventaire de l'ignoranceExerciceRapport à la certitude

Le seul savoir que se reconnaissait était de savoir qu'il ne savait pas : sa . L'exercice en fait une routine : sur un sujet où l'on a des avis tranchés, séparer ce qu'on sait vraiment justifier de ce qu'on répète sans l'avoir examiné. On y gagne l'humilité qui rouvre la curiosité, et la liberté de ne plus défendre des positions qu'on n'a jamais vraiment choisies.

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