Courants

Stoïcisme

Une discipline du jugement avant tout : porter l'effort sur , sans exiger du monde qu'il obéisse.

300 av. J.-C. – 180

Zénon de Citium

École fondée à Athènes par vers 300 avant notre ère, qui enseignait sous le « Portique peint » (stoa poikilè) dont elle tire son nom. Système complet de logique, de physique et d'éthique, le stoïcisme fut porté par puis, à Rome, par , et l'empereur . Sa morale de la sagesse et de la maîtrise de soi a profondément marqué le christianisme, , et jusqu'aux courants contemporains de développement personnel.

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Rapport au vraiRapport à soiRapport aux autresRapport au mondeSe transformer soi-même — Le but de la philosophieEmpirisme — Source de la connaissanceDogmatisme — Rapport à la certitudePrimauté de la vérité — Valeur de la véritéEssentialisme — Essence et existenceCe qui dépend de nous — Périmètre d'action (Position structurante)Vertu / perfectionnisme moral — Souverain bien (Position structurante)Extinction-détachement — Rapport au désirAmor fati — Rapport au passé (Position structurante)Téléologie-providence — Le sens de la vie (Position structurante)Compatibilisme — Liberté de la volontéRecueillement — Attention et divertissementFécondité-rédemption — Sens de la souffranceAscétisme — Plaisirs corporelsSe libérer de la crainte — La mortVivre au présent — Orientation temporelleLucidité sans espoir — EspoirCosmopolitisme — AppartenanceÉthique des vertus — Critère du justeUniversalisme — Statut des normes (métaéthique)Altruisme — Intérêt propre et autruiImpartialisme — PartialitéPrimauté de la raison — Statut des émotions (Position structurante)Théisme — Existence de DieuImmanence — Où réside le sacréMatérialisme — Nature du réelFinalisme — Explication de la natureLe mal a ses raisons — Le problème du malSe transformer soi-mêmeDogmatismeCe qui dépend de nousExtinction-détachementÉthique des vertusUniversalismePrimauté de la raisonLe mal a ses raisons28SUR 80 AXES35% couvert
rayon ∝ engagement◎ position structurante○ bord = non couvert
L'essentielles positions au cœur de ce système de pensée
  1. Certaines choses dépendent de nous, d'autres non : la sagesse consiste à n'agir que sur les premières et à accueillir les secondes.

    Ce qui dépend de nous95%Périmètre d'actionvoir la position →
  2. La vertu est le seul bien et : santé, richesse et plaisir ne sont que des .

    Vertu / perfectionnisme moral85%Souverain bienvoir la position →
  3. Les passions sont des jugements erronés : on s'en délivre en corrigeant le jugement, jusqu'à l'.

    Primauté de la raison93%Statut des émotionsvoir la position →
  4. Tout ce qui arrive était voulu par la raison du monde : il faut aimer son plutôt que le subir.

    Amor fati93%Rapport au passévoir la position →
  5. Le monde est un tout rationnel ordonné par le : bien vivre, c'est vivre en accord avec cette nature.

    Téléologie-providence90%Le sens de la vievoir la position →
Rapport au vraiCe que l'on peut connaître4/4 positionnés
Majeur
20
0
80
0
Justification

La philosophie stoïcienne est un exercice (askêsis) plus qu'un savoir : une discipline quotidienne du jugement, du désir et de l'action, dont la matière est la vie même de celui qui la pratique. La physique et la logique y gardent leur place, mais au service de l'art de vivre : connaître l'ordre du monde, c'est apprendre à y consentir.

La matière de l'art de vivre, c'est la vie de chacun.Entretiens, I, 15, 2

Épictète, Entretiens, I, 15 · Sénèque, Lettres à Lucilius, 16

Majeur
−0.7
Faillibilisme
Justification

Contre le de la Nouvelle Académie, les stoïciens sont : ils tiennent qu'un savoir certain est possible grâce à la , cette impression si claire et distincte qu'elle saisit son objet et ne peut venir que du réel. Elle est le critère de la vérité et le fondement de la science du .

Cicéron, Académiques · Diogène Laërce, Vies, VII, 46

−0.5
Criticisme
Justification

Pour les stoïciens, l'âme est à la naissance comme une feuille blanche : toute connaissance commence par les impressions (phantasiai) que les sens y inscrivent, et les notions communes se forment par accumulation d'expériences. Le critère du vrai est l'impression cataleptique, celle qui saisit son objet avec une évidence telle qu'elle emporte l'assentiment. Empirisme de la source, donc, mais gouverné par une raison qui assent ou suspend.

Diogène Laërce, Vies, VII · Cicéron, Académiques, II

−0.6
La vérité qui donne prise
Justification

Le trouble ne vient pas des choses mais des jugements : la discipline de l'assentiment exige de ne rien ajouter aux représentations, de dire de ce qui arrive exactement ce qu'il est. La sérénité stoïcienne n'est pas une consolation mais une exactitude : voir le réel tel qu'il est, c'est déjà cesser d'en souffrir indûment.

Épictète, Manuel · Marc Aurèle, Pensées pour moi-même

Rapport à soiQui je suis, comment vivre13/13 positionnés
Majeur
−0.9
Faire la part des choses
Justification

Le est l'acte fondateur : seuls nos jugements, nos désirs et nos impulsions dépendent vraiment de nous, non le corps, la réputation ni la fortune. L'argument est pratique : attacher son bien à ce qui ne dépend pas de nous voue au trouble, tandis que concentrer l'effort sur le seul domaine maîtrisable rend la sérénité invulnérable aux circonstances, jusque dans l'exil ou la prison.

Parmi les choses qui existent, les unes dépendent de nous, les autres ne dépendent pas de nous.Manuel, §1

Épictète, Manuel, §1 · Épictète, Entretiens

Majeur
0
15
85
Justification

Le bien, soutiennent les stoïciens, doit être ce qui profite toujours et ne nuit jamais ; or santé, richesse ou plaisir peuvent être mal employés : ce ne sont pas des biens mais des , tout au plus « préférables ». Seule la vertu, droit usage de la raison, satisfait le critère, d'où la thèse la plus disputée de l'école, contre : elle , et le sage demeure heureux jusque dans les tourments.

Sénèque, Lettres à Lucilius · Cicéron, Des fins des biens et des maux, livre III

Majeur
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10
90
Justification

La discipline du désir exige de ne désirer que ce qui et de consentir au reste : il faut suspendre, voire éteindre, les désirs portant sur les choses extérieures. Épictète recommande de ne pas demander que les choses arrivent comme l'on veut, mais de les vouloir comme elles arrivent.

Ne cherche pas à ce que les choses arrivent comme tu veux, mais veuille que les choses arrivent comme elles arrivent, et ta vie s'écoulera heureuse.Manuel, §8

Épictète, Manuel, §8

Majeur
−0.8
Justification

La physique commande l'éthique : tout événement est un maillon de la chaîne rationnelle du , ordonnée par la . Se révolter est donc à la fois vain et déraisonnable, puisqu'on combat la raison même dont on participe ; le accorde sa volonté au cours des choses, non par résignation passive mais parce qu'il y reconnaît l'œuvre du : les destins conduisent qui consent, ils traînent qui refuse.

Conduis-moi, Zeus, et toi aussi, Destinée, où que vous m'ayez assigné : je vous suivrai sans faillir. Et si je refuse, devenu mauvais, je n'en suivrai pas moins.Cléanthe, cité par Sénèque, Lettres à Lucilius, 107

Marc Aurèle, Pensées pour moi-même · Sénèque, Lettres à Lucilius, 107

Majeur
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Justification

Le cosmos est un vivant unique traversé par le , la raison divine ; l'homme en est une partie douée d'une parcelle de cette raison. « Vivre selon la nature » signifie dès lors vivre selon la raison, la sienne et celle du tout, ce qui se confond avec la vertu. Le sens de l'existence n'est pas à inventer : il tient à la juste place qu'on occupe dans l'ordre rationnel, contre un monde épicurien d'atomes indifférents.

Marc Aurèle, Pensées pour moi-même · Cicéron, De la nature des dieux, livre II

−0.6
Justification

Le stoïcisme assigne à l'homme une nature déterminée, la raison, fragment du logos qui ordonne le cosmos ; le telos même se formule comme vivre conformément à la nature. La vie bonne n'est pas auto-invention mais accomplissement de cette essence rationnelle, commune à tous les hommes.

Diogène Laërce, Vies, VII · Cicéron, Des fins, III

−0.8
Justification

La prosochè, attention vigilante portée à chaque instant sur les jugements et les impulsions du principe directeur (l'), est l'attitude fondamentale du stoïcien en exercice. Marc Aurèle se rappelle sans cesse de surveiller ses : il s'agit de se recueillir sur soi plutôt que de se laisser disperser.

Marc Aurèle, Pensées pour moi-même, III, 4 · Épictète, Entretiens, IV, 12

−0.7
Indifférence stoïcienne
Justification

Pour les stoïciens, l'épreuve n'est pas un mal mais l'occasion d'exercer la vertu : l'adversité révèle et fortifie le comme l'entraînement révèle l'athlète. Sénèque écrit que la divinité éprouve les hommes de bien comme un père sévère, et que nul talent ne se manifeste sans difficulté à surmonter.

Sénèque, De la providence · Épictète, Entretiens, I, 24

65
30
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0
Justification

La mort est un processus naturel, conforme à l'ordre du cosmos, et donc un qu'il ne faut pas craindre. La méditation de la mort (la prémeditation des maux et le memento mori) sert à libérer la vie présente de l'angoisse plutôt qu'à promettre une survie. Marc Aurèle y voit la simple dissolution des éléments dans le tout.

Sénèque, Lettres à Lucilius, 26 · Marc Aurèle, Pensées pour moi-même, II, 17

70
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Justification

Le stoïcisme appelle à habiter le présent, seul temps dont nous disposons : le passé n'est plus, l'avenir n'est pas encore, et l'on ne peut perdre que l'instant que l'on vit. Marc Aurèle rappelle que chacun ne vit que ce moment fugitif, et qu'y consentir pleinement suffit à la vie bonne.

Marc Aurèle, Pensées pour moi-même, III, 10 · Sénèque, De la brièveté de la vie

3 de plus
inférable
+0.1
Compatibilisme
Justification

Le stoïcisme affirme un causal intégral (le destin) tout en maintenant que notre est en notre pouvoir : c'est la position classique, illustrée par le cylindre de Chrysippe qui roule par une impulsion externe mais selon sa propre forme. La position penche légèrement du côté déterministe puisque le destin enchaîne toutes les causes.

Cicéron, Du destin · Aulu-Gelle, Nuits attiques, VII, 2

inférable
−0.5
Tempérance
Justification

Le plaisir corporel n'est qu'un : ni bien ni mal, il ne mérite ni recherche ni culte. Sans condamner le corps, les stoïciens prônent une sobriété maîtrisée et l'entraînement à se passer du superflu, afin que rien d'extérieur ne tienne l'âme en son pouvoir. La tendance est ascétique, mais modérée.

Sénèque, Lettres à Lucilius, 18 · Épictète, Manuel, §33

inférable
+0.5
Justification

Espérer et craindre, pour les stoïciens, c'est se projeter dans un avenir qui ne dépend pas de nous et se livrer au trouble : ces mouvements de l'âme sont à corriger. La sagesse consiste à voir lucidement ce qui est, à consentir au destin et à ne rien attendre de l'extérieur. La position n'est pas le désespoir, mais une lucidité sans espérance.

Sénèque, Lettres à Lucilius, 5 · Épictète, Manuel, §8

Rapport aux autresCe que nous nous devons5/5 positionnés
Majeur
0
10
90
0
Justification

L'éthique stoïcienne est une éthique de la vertu par excellence : le bien moral réside dans l'excellence du caractère et la rectitude de l'intention, non dans les conséquences ni dans l'obéissance à une règle extérieure. La vertu, une et indivisible, est le seul bien et suffit au bonheur, et c'est elle qui qualifie l'agent comme sage.

Cicéron, Des fins des biens et des maux, livre III · Diogène Laërce, Vies, VII

+0.8
Justification

Les stoïciens ont élaboré le cosmopolitisme antique : tout homme, en tant qu'être rationnel, est citoyen du monde avant d'être citoyen d'une cité particulière. Marc Aurèle se dit citoyen de Rome en tant qu'Antonin, mais citoyen du monde en tant qu'homme.

Marc Aurèle, Pensées pour moi-même, VI, 44 · Épictète, Entretiens, I, 9

90
5
5
Justification

La morale stoïcienne est universaliste : il existe une loi naturelle, expression du unique, qui vaut pour tous les êtres rationnels en tout lieu. Le bien et le mal ne dépendent ni des conventions ni des cités : vivre selon la nature, c'est vivre selon cette raison commune à l'humanité entière.

Cicéron, De la République, livre III · Marc Aurèle, Pensées pour moi-même, IV, 4

+0.6
Justification

La doctrine de l' décrit l'extension naturelle de l'appropriation : partie du souci de soi, elle s'élargit en cercles concentriques jusqu'à embrasser la famille, la cité, puis l'humanité entière. Le stoïcien tend ainsi à traiter le bien d'autrui comme le sien propre, par-delà l'intérêt étroit.

Cicéron, Des fins des biens et des maux, livre III · Hiéroclès, Éléments d'éthique

1 de plus
inférable
−0.6
Cercles concentriques
Justification

Le cosmopolitisme stoïcien implique une sollicitude égale pour tout être rationnel : puisque tous les hommes participent du même et forment une seule cité du monde, le leur doit en principe une considération impartiale. Hiéroclès invite même à resserrer les cercles de l' pour traiter les plus éloignés comme des proches.

Hiéroclès, Éléments d'éthique · Marc Aurèle, Pensées pour moi-même, VII, 13

Rapport au mondeCe qu'il y a6/6 positionnés
Majeur
−0.8
Éduquer ses émotions
Justification

Une passion n'est pas un trouble subi mais un donné à une fausse de ce qui est bien ou mal, suivi d'une impulsion excessive. Comme l'assentiment dépend de nous, la passion est une erreur corrigible : viser l', ce n'est donc pas étouffer un sentiment mais rectifier le jugement, position bien plus tranchée que la simple modération d'.

Sénèque, De la colère · Cicéron, Tusculanes, livres III-IV

Majeur
90
0
0
10
Justification

Le monde est régi par une raison divine providentielle : ce qui paraît un mal a sa place dans l'ordre rationnel du tout, ou sert d'épreuve à la vertu. Rien n'arrive qui ne soit conforme à la nature universelle.

Sénèque, De la providence ; Épictète, Entretiens ; Marc Aurèle, Pensées

−0.7
Agnosticisme (Huxley)
Justification

Le stoïcisme est théiste, mais d'un théisme panthéiste : dieu n'est pas une personne transcendante, il s'identifie au , raison séminale et qui imprègne et anime le cosmos tout entier. Zénon et Cléanthe, dans l'Hymne à Zeus, célèbrent cette divinité immanente qui ordonne toute chose.

Cléanthe, Hymne à Zeus · Cicéron, De la nature des dieux, livre II

85
5
10
Justification

La physique stoïcienne est corporaliste : seul ce qui agit ou pâtit existe, et seuls les corps le peuvent. Même l'âme et le divin sont corporels, faits d'un souffle subtil, le pneuma. C'est un matérialisme, quoique animé d'une raison interne, qui distingue le stoïcisme de l'idéalisme platonicien.

Diogène Laërce, Vies, VII, 134-135 · Sénèque, Lettres à Lucilius, 65

25
75
0
Justification

Le cosmos stoïcien est ordonné par une : le destin est l'enchaînement rationnel de toutes les causes, orienté vers le bien du tout. La causalité y est donc fondamentalement finaliste, téléologique, même si elle se déploie comme une chaîne implacable de causes que rien n'interrompt.

Cicéron, Du destin · Cicéron, De la nature des dieux, livre II

1 de plus
inférable
−0.8
Justification

Le divin stoïcien n'est pas au-delà du monde : la raison divine est , mêlée à la matière comme un souffle (le pneuma) qui traverse et structure le réel. Il n'y a pas de , pas d'arrière-monde, seulement ce cosmos unique, rationnel et divin.

Cicéron, De la nature des dieux, livre II · Diogène Laërce, Vies, VII, 138-139

Pratiquesvivre la croyance, que faire
Resserrer les cerclesHabitudePartialité

Traiter peu à peu les plus lointains comme s'ils étaient plus proches.

Le stoïcien Hiéroclès imaginait chacun au centre d'une série de cercles : soi, la famille, les proches, les concitoyens, l'humanité entière. La sagesse, disait-il, consiste à resserrer ces cercles, à traiter peu à peu les plus lointains comme s'ils étaient plus proches. Cette habitude met en pratique cette graduée : tous comptent au fondement, mais le soin se déploie par cercles, avec la tâche de les rapprocher. Elle aide aujourd'hui à tenir ensemble l'égale valeur de chacun et la priorité concrète due aux siens.

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L'examen du soirExerciceSouverain bien

Sénèque rapportait qu'il passait chaque soir sa journée en revue devant son propre tribunal intérieur, sans complaisance ni dureté inutile. Cette transforme l'expérience en apprentissage et affermit le caractère jour après jour. Aujourd'hui, c'est une alternative apaisante au défilement nocturne des écrans et des regrets.

  1. Le soir, au calme, repassez votre journée du réveil jusqu'à maintenant.
  2. Demandez-vous : quel mal ai-je corrigé aujourd'hui ? À quel défaut ai-je résisté ? En quoi suis-je meilleur ?
  3. Repérez un moment où vous avez mal agi ou réagi, et examinez-le en juge équitable, sans vous flageller.
  4. Décidez d'une seule chose à faire autrement demain.
  5. Terminez en reconnaissant ce qui a bien marché, puis laissez la journée derrière vous.

tous les soirs, 10 minutes · Attestée · Stoïcisme, Sénèque

L'examen vise le progrès, non la culpabilité. S'il tourne à l'autocritique anxieuse, recentrez-le sur une seule leçon concrète et terminez toujours par ce qui a été bien.

Memento mori : se souvenir de la mortHabitudeOrientation temporelle · La mort

Souviens-toi que tu mourras, pour rendre ce jour plus dense.

Stoïciens et épicuriens invitaient à garder la mort en vue, non pour s'en effrayer mais pour rendre le présent plus dense. Se rappeler que le temps est compté trie l'essentiel du futile et désarme la peur de manquer. Aujourd'hui, c'est un remède contre la procrastination et le report perpétuel de ce qui compte.

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Premeditatio malorum : la prévision des mauxExercicePérimètre d'action · Rapport au désir

Pratiqué par , cet exercice consiste à se représenter calmement, à l'avance, les revers possibles d'une journée ou d'un projet. Loin d'être du pessimisme, il désamorce l'angoisse et entraîne à distinguer ce qui dépend de vous de ce qui n'en dépend pas. Aujourd'hui, il aide à aborder un entretien, un voyage ou une décision difficile sans être paralysé par l'imprévu.

  1. Choisissez une situation à venir qui vous préoccupe (un rendez-vous, une échéance, une conversation).
  2. Énumérez par écrit les contretemps plausibles : retard, refus, panne, critique, silence de l'autre.
  3. Pour chacun, demandez-vous : est-ce que cela dépend de moi ? Notez la part qui relève de vos choix et la part qui ne dépend pas de vous.
  4. Préparez une réponse concrète pour la part qui dépend de vous, et formulez une phrase d'acceptation pour le reste.
  5. Refermez l'exercice : vous avez répété l'épreuve, vous pouvez maintenant agir l'esprit plus léger.

au besoin, la veille d'un événement important, 10 minutes · Attestée · Stoïcisme

Le but est de se préparer, pas de ruminer. Si l'exercice nourrit l'anxiété au lieu de l'apaiser, écourtez-le et concentrez-vous uniquement sur les réponses que vous pouvez préparer.

La vue d'en hautExercicePérimètre d'action

Marc Aurèle s'exerçait à contempler sa vie et ses tracas comme s'il les voyait du haut du ciel, à l'échelle de la nature entière. Cet élargissement du regard rend leur juste taille aux soucis et tempère l'orgueil comme le désespoir. Aujourd'hui, il offre une pause de recul face à un conflit ou une contrariété qui semble tout occuper.

  1. Asseyez-vous au calme et fermez les yeux. Respirez lentement quelques fois.
  2. Imaginez que vous vous élevez au-dessus de la pièce, puis de la ville, puis de la Terre vue depuis l'espace.
  3. De cette hauteur, observez la multitude des vies humaines, les générations passées et à venir, l'immensité du temps.
  4. Resituez votre souci du moment dans ce tableau : quelle place y occupe-t-il réellement ?
  5. Redescendez doucement et reprenez votre tâche en gardant cette mesure retrouvée.

quand un souci envahit tout, 5 minutes · Attestée · Stoïcisme, Marc Aurèle

Relativiser n'est pas nier. Cet exercice apaise les contrariétés disproportionnées, mais ne doit pas servir à minimiser une souffrance réelle ou une injustice qui appelle une action.

L'inconfort volontaireHabitudePlaisirs corporels · Rapport au désir

S'imposer parfois le manque, pour n'en plus dépendre.

, à la suite de Sénèque, s'imposaient par moments le froid, la faim ou la simplicité pour s'entraîner à ne rien craindre du manque. L'idée n'est pas de souffrir, mais de constater que l'on survit très bien à ce que l'on redoutait. Aujourd'hui, c'est un antidote à la dépendance au confort et un puissant générateur de gratitude.

  1. Choisissez une petite privation volontaire et sans danger (une douche froide, sauter un repas, marcher au lieu de prendre la voiture), en vous disant clairement que c'est choisi et limité dans le temps.
  2. Pendant l'épreuve, observez vos pensées : la gêne réelle est-elle aussi forte que la peur que vous en aviez ?
  3. Au retour du confort, savourez-le pleinement : la privation choisie ravive la gratitude pour l'ordinaire.

une fois par semaine, ou ponctuellement · Attestée · Stoïcisme

Restez dans l'inconfort, jamais le danger. Cette habitude ne convient pas en cas de problème de santé, de trouble alimentaire ou de précarité subie : elle perd tout sens si elle n'est pas librement choisie.