Rapport au monde· Philosophie de la religiondifficulté
Où réside le sacré
Le sacré réside-t-il dans ce monde même ou dans un au-delà qui le dépasse ?
Si le sacré est ici, dans ce monde, la quête spirituelle se tourne vers la vie, la nature, le présent ; s'il habite un au-delà, ce monde devient un passage vers plus haut que lui. Se positionner, c'est dire où chercher l'absolu, et ce que vaut cette vie selon qu'il est ici ou ailleurs.
Immanence
20Il n'y a pas d'arrière-monde : ce qui mérite d'être appelé sacré ou divin réside dans ce monde-ci, dans la nature, la vie et ses puissances. Chercher le sens ailleurs, c'est déprécier la seule réalité qui soit.
Explorer cette position →Camusexplicite
Privé d'arrière-monde, l'homme n'a que ce monde-ci, et c'est assez : Camus refuse de déprécier le sensible au profit d'un ailleurs qui n'existe pas. Contre une longue tradition qui fait de la terre un exil et reporte la vraie vie au-delà, il oppose une fidélité païenne au présent tangible : la chaleur du soleil, le sel de la mer, la pierre des ruines de Tipasa sont la seule vérité offerte, et le seul sacré est celui-là. Cet ancrage dans méditerranéenne n'est pas une simple thèse métaphysique sur l'absence de Dieu, mais une orientation de la valeur : toute mesure du bien se prend ici-bas, dans le bonheur d'exister, non dans une .
Noces (1939) · L'Été (1954)
Spinozaexplicite
Spinoza déduit l'immanence de sa définition de la substance : étant cause de soi et infinie, il ne peut y en avoir qu'une, hors de laquelle rien ne se conçoit. Dieu ne saurait donc être un créateur transcendant séparé du monde, comme chez ou la théologie : il en est la , et le réel tout entier n'est que la déduction de sa nature.
Éthique, I, prop. 18 (Dieu, cause immanente) · Éthique, IV, préface (Deus sive Natura)
Nāgārjunaexplicite
L'argument tire la conséquence de la vacuité universelle : si saṃsāra (le cycle des renaissances conditionnées) et avaient chacun une , un abîme les séparerait et l'on ne pourrait jamais passer de l'un à l'autre. Mais l'un et l'autre sont également , donc privés de la frontière essentielle qui les opposerait. Le saut métaphysique vers un au-delà s'effondre : le nirvāṇa n'est pas un autre lieu à rejoindre, c'est le saṃsāra correctement vu, dépouillé de la saisie qui le faisait souffrir. D'où une immanence radicale, sans arrière-monde, qui démarque le Madhyamaka des conceptions du salut comme évasion hors du monde.
Mūlamadhyamakakārikā (Stances du milieu par excellence), ch. XXV (l'examen du nirvāṇa)
Nietzscheexplicite
Zarathoustra exhorte à rester fidèle à la terre et à ne pas croire ceux qui parlent d'espérances supraterrestres. Toute la critique des « arrière-mondes » fait de Nietzsche le penseur de l' radicale : la vie ne doit être justifiée par rien d'extérieur à elle, et toute est démasquée comme une fuite hors du réel.
Ainsi parlait Zarathoustra, Prologue, §3 · Ainsi parlait Zarathoustra, « Des hallucinés de l'arrière-monde »
Voir plus (16)
Sartreinférable
Sans Dieu ni ordre suprasensible, il n'existe aucun arrière-monde où des valeurs ou un sens seraient déposés d'avance : tout se joue dans l'immanence du monde où l'homme est jeté et qu'il a à façonner. Le sens et les valeurs ne descendent pas d'un au-delà, ils naissent du projet de la conscience finie, ici-bas. La position est donc nettement immanentiste.
L'existentialisme est un humanisme (pas de valeurs a priori, délaissement) · L'Être et le Néant (la transcendance comme structure du pour-soi vers le monde, non vers un au-delà)
Épicurismeexplicite
L'épicurisme est un pur : il n'y a ni arrière-monde, ni providence, ni finalité . Tout, y compris les dieux, appartient à la nature matérielle ; le bonheur se trouve entièrement dans cette vie et ce monde.
Lucrèce, De la nature des choses, livre I · Épicure, Lettre à Hérodote
Épicureinférable
Il n'existe aucun ordre transcendant, aucun monde des Idées ni providence surplombant la nature : tout, y compris l'âme et les dieux, appartient au seul univers des atomes et du vide. Le sens et le bonheur se trouvent ici-bas, dans la sensation et l', sans recours à un au-delà. C'est une intégrale.
Lettre à Hérodote, 63-67 (l'âme corporelle, dissoute à la mort) · Lucrèce, De la nature des choses, III (mortalité de l'âme)
Lucrèceinférable
Rien n'excède la nature : il n'y a ni monde des Idées, ni providence surplombante, ni au-delà où survivre. Tout, des dieux à l'âme, appartient au seul univers des atomes et du vide. Le poème ne pousse pas le regard vers un ordre supérieur mais vers la profondeur infinie de ce monde-ci, où la pensée, ayant franchi les remparts enflammés du monde, parcourt l'immensité sans rencontrer de borne ni de dehors. C'est une intégrale.
De la nature des choses, I, 62-79 (l'esprit franchit les remparts enflammés du monde) · De la nature des choses, II, 1048-1089 (l'infinité des mondes)
Marxinférable
Toute la critique marxienne ramène les figures de l'au-delà, Dieu, l'État hégélien, les idées éternelles, à des projections de conditions terrestres : il n'y a pas d'arrière-monde à réaliser mais ce monde-ci à transformer. Le salut n'est pas attendu d'un ordre transcendant mais d'une action immanente à l'histoire, d'où une nette .
Thèses sur Feuerbach, IV (renvoyer le monde religieux à sa base terrestre) · Contribution à la critique de la philosophie du droit de Hegel, introduction
Marxismeinférable
Cohérent avec son matérialisme, le marxisme refuse tout arrière-monde : il n'y a pas d'au-delà ni de fondement transcendant des valeurs, seulement l'histoire des hommes produisant leurs conditions d'existence. L'émancipation est attendue de l'action terrestre des hommes, non d'un salut venu d'ailleurs.
Marx et Engels, L'Idéologie allemande (1845-1846) · Marx, Thèses sur Feuerbach (1845)
Stoïcismeinférable
Le divin stoïcien n'est pas au-delà du monde : la raison divine est , mêlée à la matière comme un souffle (le pneuma) qui traverse et structure le réel. Il n'y a pas de , pas d'arrière-monde, seulement ce cosmos unique, rationnel et divin.
Cicéron, De la nature des dieux, livre II · Diogène Laërce, Vies, VII, 138-139
Taoïsmeinférable
Une source qui engendre tout ne peut se tenir hors de ce qu'elle engendre : si le est l'origine des dix mille êtres, il les habite tous au lieu de régner sur eux depuis un arrière-monde. Loin du dieu personnel et transcendant qui crée par décret et commande de l'extérieur, le dao est et impersonnel : il fait croître sans posséder, agit sans s'attribuer le mérite. D'où la provocation de Zhuangzi, interrogé sur le lieu du dao : il est jusque dans la fourmi, le brin d'herbe, la tuile, et même l'ordure, car ce qui est partout ne saurait manquer dans le plus vil.
Zhuangzi, ch. 22 (La connaissance voyageait vers le nord) · Laozi, Dao De Jing, ch. 34
Beauvoirinférable
Sans Dieu ni arrière-monde, le sens et les valeurs se jouent entièrement dans ce monde-ci, dans l'immanence des projets humains et de l'histoire. Beauvoir donne pourtant au mot transcendance un sens existentiel particulier : non un au-delà, mais le dépassement par lequel la liberté s'arrache vers l'avenir, l'oppression consistant à enfermer autrui dans l'immanence d'une condition figée.
Le Deuxième Sexe (1949), Introduction (transcendance et immanence)
Marc Aurèleinférable
Le divin n'est pas un au-delà : la traverse et anime le cosmos, et l'âme humaine en est une parcelle détachée. Conception nettement du sacré, sans arrière-monde.
Pensées pour moi-même, XII, 26 · Pensées pour moi-même, VIII, 54
Sénèqueexplicite
Le divin n'est pas un au-delà mais une présence intérieure. La raison divine () pénètre toute la nature et l'âme humaine en est une parcelle, conception nettement immanente du sacré.
Lettres à Lucilius, XLI (un esprit sacré réside en nous)
Zhuangziinférable
Le n'est pas un dieu ni un arrière-monde : il est partout, dans les choses les plus humbles, jusque, dit Zhuangzi pour provoquer, « dans la pisse et le crottin ». Le sacré ne réside pas au-dessus du monde mais coïncide avec le cours immanent de toutes les transformations, accessible à qui s'y accorde plutôt qu'à qui l'adore. Cette immanence radicale ne laisse qu'un mince reste d'inaccessible, l'obscurité du Dao d'avant les distinctions, qui retient d'un score tout à fait extrême.
Zhuangzi, ch. 22 (le Dao dans la pisse et le crottin) · Zhuangzi, ch. 6 (Le grand maître)
Laoziinférable
Le n'est pas un dieu séparé qui ordonnerait le monde d'en haut : il est la matrice immanente d'où tout surgit et où tout retourne, qui « engendre les dix mille êtres » sans les commander, qui les nourrit sans les posséder. Le sacré, ici, n'a pas d'arrière-monde : il coïncide avec le cours même de la nature. Cette immanence retient pourtant un reste d'inaccessible, car le Dao demeure obscur et antérieur à toute distinction, ce qui empêche un score extrême.
Dao De Jing, ch. 25 et 51 · Dao De Jing, ch. 4 et 42
Hegelinférable
Le divin n'est pas un au-delà séparé posé hors du monde : l'Absolu est l' qui vient à soi dans la nature, l'histoire et la conscience humaine. Il n'y a pas d'arrière-monde intact, mais un procès où l'infini se réalise dans le fini et s'y reconnaît. Reste que cet Absolu excède tout moment fini, ce qui interdit d'en faire un pur naturalisme immanent : d'où une position d'immanence, mais nuancée.
Encyclopédie des sciences philosophiques, §553-577 (l'esprit absolu) · Leçons sur la philosophie de la religion (Leçons)
Ulysseinférable
lui offre l'immortalité et l'éternelle jeunesse s'il reste ; il refuse, pour retrouver , mortelle, et sa vie d'homme périssable. Ce n'est pas qu'il méprise la vie, qu'il défend au contraire farouchement contre tous les périls, mais qu'aucune survie hors de chez lui ne vaut à ses yeux le retour. Ce choix place ainsi toute la valeur du côté de l'existence finie et terrestre, non d'un au-delà ou d'un état supérieur : sans nier les dieux, omniprésents dans son monde, Ulysse fait de la vie mortelle, avec son terme, le bien qu'il préfère, la finitude assumée contre ce qui la transcenderait.
Odyssée, V, 203-224 (le refus de Calypso : Pénélope mortelle préférée à la déesse)
Le romantismeinférable
Le sacré n'est pas dans un arrière-monde séparé mais répandu dans la nature et au fond de l'âme : tout est vivant, tout est divin, et c'est l'infini qui transparaît dans le fini. Cette re-divinisation panthéiste, héritée de , voisine pourtant avec une de l'au-delà, une nostalgie d'un absolu jamais rejoint, qui tire le romantisme vers la transcendance autant qu'elle l'en éloigne.
Novalis, Hymnes à la nuit · Schleiermacher, Discours sur la religion
Transcendance
11Le sacré dépasse ce monde : la vérité, le bien ou Dieu résident dans un ordre supérieur que la réalité sensible ne fait que refléter. L'existence humaine prend sens dans son rapport à cet au-delà.
Explorer cette position →Platonismeexplicite
L'argument procède par analogie solaire : de même que le soleil donne aux choses d'être vues et de croître sans être lui-même la vue ni les choses, le Bien donne aux Idées d'être connues et d'être, sans être lui-même une Idée parmi elles. Un principe qui rend l'être possible ne saurait donc figurer au rang des êtres qu'il fonde : il faut le poser . radicalise ce pas en faisant de l'Un l'origine d'où tout procède par émanation, ineffable parce qu'antérieur à toute détermination. Cette du fondement sépare le platonisme du divin des stoïciens, mêlé à la matière du monde.
Platon, République, 509b, le Bien au-delà de l'essence · Plotin, Ennéades, VI, 9, sur l'Un
Platonexplicite
L'analogie du soleil porte l'argument : de même que le soleil rend les choses visibles et les fait croître, le Bien donne aux Idées d'être connues et d'être tout court. Comme cause à la fois de l'intelligibilité et de l'existence, le Bien ne peut être lui-même une essence parmi d'autres : il les surpasse, situé « par delà l'essence ». Platon pousse ainsi la à son point extrême, à l'opposé d'une qui logerait le principe dans le monde, et fait de toute la dialectique une ascension, hors de la caverne, vers ce principe séparé que l'âme ne contemple qu'au prix d'une conversion du regard.
République, VI, 508e-509b · Banquet, 210a-212a
Thomas d'Aquinexplicite
Dieu est pour Thomas radicalement , distinct du monde qu'il crée de rien, et son essence dépasse tout ce que nous pouvons concevoir : nous ne savons de lui par la raison que ce qu'il n'est pas (théologie négative). Pourtant la transcendance n'est pas pure séparation, car Dieu est aussi intimement présent à toute chose comme la cause qui lui donne l'être à chaque instant. Cette articulation se dit par l' : les perfections des créatures (bonté, sagesse) se trouvent en Dieu, mais à un degré éminent et selon un mode qui nous échappe, ni purement identique (univocité) ni purement étranger (équivocité).
Somme théologique, Ia, q. 3 (la simplicité divine) ; q. 13 (les noms divins)
Plotinexplicite
Le principe premier ne peut être ni un être ni une pensée, car tout être est déjà multiple, distinct de ce qu'il pense : pour fonder la multiplicité sans en relever, il faut un absolument simple, « par delà l'être » et par delà l', dont rien ne se dit en propre. Plotin radicalise ainsi le Bien au-dessus de l'essence de en une transcendance pure. Mais l' tempère l'éloignement : l'Un déborde sans se diviser ni s'appauvrir, et reste présent à tout ce qui procède de lui, plus intime à l'âme qu'elle-même. D'où une transcendance forte mais non sans une immanence graduée, qui retient d'un score extrême.
Ennéades, VI, 9 (Du Bien ou de l'Un) · Ennéades, V, 3 et V, 5
Antigoneexplicite
Sommée par de s'expliquer, elle ne plaide pas l'erreur ni l'ignorance : elle oppose à son décret une instance qui le déborde. Ce ne sont pas les dieux qui lui ont défendu d'agir, répond-elle, et un mortel ne saurait avoir la force d'abroger les lois non écrites et inébranlables du ciel, qui ne datent ni d'hier ni d'aujourd'hui. Son geste, accomplir les rites au mépris de l'édit, fait passer cette conviction dans l'acte avant qu'elle ne la formule : l'ordre humain n'est légitime qu'à ne pas heurter ce qui le précède et le surplombe.
Deuxième épisode, face à Créon (v. 450-457), tirade des lois non écrites · Premier épisode, récit du garde : les rites accomplis malgré l'interdit
Wittgensteinexplicite
Tous les faits du monde sont sur un même plan, contingents : la valeur ne s'y trouve donc pas. Le sens du monde doit être hors du monde ; l'éthique est transcendantale, elle ne se laisse pas mettre en mots. Ce qui compte le plus, l'éthique et le mystique, ne peut qu'être montré, non dit. Ce silence est révérenciel, non nihiliste : Wittgenstein tient l'essentiel du Tractatus pour ce qu'il n'y a pas écrit. C'est la position du Tractatus ; le Wittgenstein tardif abandonnera la machinerie du dire et du montrer.
Tractatus logico-philosophicus, 6.41, 6.421, 6.522, 6.44, 7 · Conférence sur l'éthique (1929)
Voir plus (5)
Leibnizexplicite
Contre l' de , qui identifie Dieu et la Nature, Leibniz maintient un Dieu créateur distinct de sa création, ordonnateur transcendant qui a choisi ce monde parmi les possibles et règne sur la Cité de Dieu. Le monde dépend de lui sans se confondre avec lui.
Monadologie, §85-90 (la Cité de Dieu, monarque parfait) · Essais de théodicée (réfutation du nécessitarisme spinoziste)
George Berkeleyinférable
Le réel ne se tient pas par lui-même : son existence comme son ordre reposent à chaque instant sur un esprit qui le dépasse et le soutient. Dieu n'est pas une force immanente diffuse dans la nature, à la manière de , mais un esprit personnel, distinct du monde, dont les corps ne sont que le discours sensible. Le sacré, pour Berkeley, est ainsi du côté de ce qui transcende la nature perçue, même si Dieu s'y rend partout présent en nous parlant sans cesse à travers elle.
Trois dialogues entre Hylas et Philonous, II · Principes de la connaissance humaine, §§146-149
Śaṅkarainférable
Le est à la fois le plus intime, présent au cœur de chacun comme son propre soi, et l'absolu qui excède radicalement le monde sensible : ce dernier n'a qu'une réalité empirique tenue pour (māyā) au regard de l'ultime. La balance penche vers la transcendance, non au sens d'un arrière-monde séparé, mais parce que la vérité ne se trouve pas dans le donné : elle exige de traverser l'apparence du multiple pour rejoindre l'unique réel. L'immanence est réelle, mais c'est l'immanence d'un absolu qui, en lui-même, ne dépend de rien de mondain.
Commentaire sur les Brahma Sūtra, II, 1 · Upadeśasāhasrī
Vedānta (Advaita)inférable
Le statut du est délicat à situer : il est à la fois le fondement immanent de tout ce qui apparaît et l'absolu qui transcende toute détermination, au-delà des noms et des formes (nirguṇa). Le monde n'a pas d'être propre séparé de lui, ce qui interdit un arrière-monde au sens dualiste, mais le réel ultime excède radicalement l'ordre des apparences. La position penche vers la , tempérée par une non-dualité où l'absolu n'est pas non plus simplement au monde.
Māṇḍūkya Upaniṣad ; Gauḍapāda, Māṇḍūkya-Kārikā · Śaṅkara, Commentaire des Brahma-Sūtra (Brahma-Sūtra-Bhāṣya)
Confuciusinférable
Confucius reconnaît le Ciel (tian) comme une instance qui ordonne le cours des choses et fonde sa mission, et il respecte le culte des ancêtres et des esprits, à honorer tout en s'en tenant à distance. Mais sa visée reste résolument tournée vers l'ici-bas : ne sachant pas encore servir les hommes, comment servir les esprits ?. La transcendance est affirmée, mais subordonnée à l'éthique du monde humain.
Entretiens, XI, 11 (ne sachant pas servir les hommes, comment servir les esprits ?) · Entretiens, VI, 20 (honorer les esprits tout en s'en tenant à distance)
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Problèmes liés élargir vers d'autres axes
- DescriptifUn Dieu au-delà des mots
Si Dieu excède tout concept, peut-on seulement affirmer ou nier son existence, ou la question suppose-t-elle à tort qu'il est un objet parmi d'autres ?
DieuExistence de Dieu - PrescriptifSacréeUn bien hors de ce monde ?
Le bien suprême est-il accessible ici-bas, ou réside-t-il ailleurs : l'union à Dieu, le salut, une béatitude que ni le plaisir ni la vertu terrestres ne donnent ?
une vieSouverain bien
Ce dont on ne peut parler, il faut le taire.Wittgenstein · Tractatus logico-philosophicus, 7 (la dernière proposition)
Il n'est aucun lieu où le dao ne soit.Zhuangzi · ch. 22
Il n'est aucune des choses dont il est le principe ; il est tel pourtant que, sans qu'on en puisse rien affirmer, ni le nom, ni la raison, nous pouvons cependant dire quelque chose à son sujet.Plotin · Ennéades, V, 3, 13-14
Il n'y a aucune différence entre le saṃsāra et le nirvāṇa ; il n'y a aucune différence entre le nirvāṇa et le saṃsāra.Nāgārjuna · Mūlamadhyamakakārikā, XXV, 19
Le Bien n'est pas l'être, mais il est encore au-dessus et au-delà de l'être, le surpassant en dignité et en puissance.Platon · République, VI, 509b
Un esprit sacré réside en nous, observateur et gardien de nos biens et de nos maux.Sénèque · Lettres à Lucilius, XLI