Rapport au monde· Philosophie de la religion
Théisme
Axe: Existence de Dieu — Dieu existe-t-il ?
Il existe un Dieu, créateur ou fondement du monde, personnel ou non, dont la réalité donne sens à l'existence. Cette conviction peut s'appuyer sur la foi, sur l'expérience ou sur des arguments rationnels.
Courants 7
Rationalismeexplicite
Dieu n'est pas reçu de la foi mais exigé par la raison : sans lui, la déduction ne tiendrait pas. en a besoin pour franchir le cogito et garantir que nos idées claires ne sont pas l'œuvre d'un trompeur, et il en donne des preuves dans la troisième et la cinquième . l'identifie à la substance unique et nécessaire dont tout découle (), le déduit du comme ce qui rend raison de l'existence du monde et fonde l'harmonie préétablie. La doctrine n'est pas uniforme : le Dieu personnel créateur de Descartes, le Dieu immanent de Spinoza et le Dieu parfaitement rationnel de Leibniz diffèrent profondément. Ce qu'ils partagent tient d'un air de famille : un principe divin que la raison établit et qui garantit l'intelligibilité du monde, plutôt qu'un Dieu d'abord personnel et révélé.
Descartes, Méditations métaphysiques, V · Spinoza, Éthique, I, propositions 11 et 14 · Leibniz, Monadologie, §§ 36-45
Stoïcismeexplicite
Le stoïcisme est théiste, mais d'un théisme panthéiste : dieu n'est pas une personne transcendante, il s'identifie au , raison séminale et qui imprègne et anime le cosmos tout entier. Zénon et Cléanthe, dans l'Hymne à Zeus, célèbrent cette divinité immanente qui ordonne toute chose.
Cléanthe, Hymne à Zeus · Cicéron, De la nature des dieux, livre II
Aristotélismeexplicite
L'aristotélisme affirme un principe divin, le , cause finale du mouvement de l'univers qu'il meut comme l'aimé meut l'amant. Mais ce dieu d'Aristote est impersonnel : pure pensée se pensant elle-même, il n'est ni créateur ni providence et ne se soucie pas du monde. D'où une position théiste nettement non extrême, qui marque cette impersonnalité, avant que la scolastique ne l'identifie, non sans tension, au Dieu personnel et providentiel.
Aristote, Métaphysique, Λ (livre XII), 7 et 9
Épicurismeexplicite
Le raisonnement part de la notion commune que tous les hommes se font du divin, la prénotion (prolēpsis) d'un être bienheureux et incorruptible. Or qui est parfaitement heureux n'a ni besoins ni soucis : un tel être ne saurait connaître ni colère ni faveur, car colère et bienveillance sont des marques de faiblesse. Gouverner le monde, écouter les prières, punir les fautes seraient autant de troubles indignes de la béatitude : les dieux existent donc, faits d'atomes et logés dans les intermondes, mais entièrement détachés de nous. Épicure retourne ainsi la piété ordinaire, qui craint les dieux et les flatte, et coupe court à la stoïcienne : il maintient le théisme tout en le vidant de toute intervention, ce qui ôte la première des peurs.
Épicure, Lettre à Ménécée, 123-124 · Épicure, Maximes capitales, I
Afficher les positions inférées (3)
Platonismeinférable
Le platonisme pose un principe divin ordonnateur : le Démiurge (l'artisan divin du Timée qui ordonne le monde sur le modèle des Idées) du Timée façonne le monde sur le modèle des Idées, et l'Un de Plotin est la source d'où tout procède. Cette orientation théiste, sans être celle d'un dieu personnel chez Platon, prépare la théologie chrétienne d'Augustin.
Platon, Timée, 28a-30c, le Démiurge · Plotin, Ennéades, V, 1-2 ; Augustin, Confessions, VII
Le romantismeinférable
Le romantisme ne nie pas le divin, il le déplace : contre le Dieu lointain et le mécanisme des Lumières, il le retrouve immanent dans la nature vivante, l'infini et le sentiment. De la renaissance de Spinoza à la Naturphilosophie de Schelling et à la nature divinisée de Wordsworth, le sacré imprègne le monde plus qu'il ne le surplombe : un panthéisme diffus plus qu'un théisme orthodoxe ou un athéisme.
Schelling, Idées pour une philosophie de la nature · Wordsworth, Le Prélude
Vedānta (Advaita)inférable
Un absolu qui est conscience-être-félicité sans seconde ne peut, à la rigueur, recevoir aucune détermination : le qualifier (« créateur », « bon », « personnel »), c'est l'opposer à autre chose, donc le limiter. L'Advaita en tire la distinction décisive de deux registres : sur le plan ultime (pāramārthika), l'absolu est sans attributs (nirguṇa ), au-delà de toute qualification ; sur le plan conventionnel (vyāvahārika), ce même absolu, vu à travers la , se présente comme un Dieu personnel et créateur (saguṇa brahman, Īśvara), objet légitime de dévotion. Ce n'est donc ni l'athéisme, qui nierait l'absolu, ni le théisme personnel classique, qui en ferait le terme dernier : contre Rāmānuja et les écoles dévotionnelles, l'Advaita subordonne le Dieu personnel à un absolu impersonnel dont il n'est que la figure conventionnelle.
Śaṅkara, Commentaire des Brahma-Sūtra (Brahma-Sūtra-Bhāṣya), I, 1 · Māṇḍūkya Upaniṣad
Philosophes 22
Thomas d'Aquinexplicite
Thomas refuse à la fois le fidéisme, qui tiendrait l'existence de Dieu pour une simple affaire de foi, et l'argument ontologique d', qui prétendait la déduire du seul concept : pour un esprit fini, l'existence de Dieu n'est pas évidente par soi, elle se démontre à partir des effets. De là les , qui partent toutes d'un fait d'expérience (le mouvement, la causalité, le contingent, les degrés de perfection, l'ordre des fins) et remontent, pour éviter une régression à l'infini, jusqu'à un premier terme : moteur immobile, cause incausée, être nécessaire. Le théisme est donc tenu pour rationnellement établi, et non pas seulement cru.
Somme théologique, Ia, q. 2, a. 3 (les cinq voies) · Somme contre les Gentils, I, 13
George Berkeleyexplicite
L'immatérialisme rend Dieu indispensable, et Berkeley en fait une preuve nouvelle de son existence. Mes idées sensibles ne dépendent pas de ma volonté : je n'ouvre pas les yeux sans voir ce qui s'impose à moi, dans un ordre constant que je n'ai pas fait. Si exister, pour les choses, c'est être perçues, et si elles persistent quand nul homme ne les perçoit, il faut un esprit infini qui les perçoit toutes et les maintient : Dieu. Le monde devient le langage que Dieu nous parle, ses idées imprimées en nous selon des lois régulières. Théisme donc très appuyé, et d'un genre rare, où Dieu n'est pas seulement créateur mais percevant continuel, garant de l'existence et de l'ordre du réel.
Principes de la connaissance humaine, §§25-33 et §§146-149 · Trois dialogues entre Hylas et Philonous, II
Leibnizexplicite
Dieu est la substance suprême, nécessaire et personnelle, cause de l'harmonie préétablie et auteur du choix du meilleur monde. Leibniz le prouve par plusieurs voies : la raison suffisante de l'univers contingent doit être hors de lui ; les vérités éternelles supposent un entendement divin ; il reprend et corrige l'argument ontologique. C'est un théisme au sens plein, providentiel et créateur, et non le Dieu impersonnel de , qu'il combat.
Monadologie, §38-45 (Dieu, raison suffisante, source des vérités éternelles) · Essais de théodicée, §7-8 (Dieu, cause du meilleur monde)
Descartesexplicite
Le cogito n'assure d'abord que ma propre existence : tant qu'un malin génie pourrait me tromper jusque dans mes évidences, le doute n'est pas vaincu. Prouver Dieu devient donc la pièce maîtresse du système. Descartes en donne deux preuves : l'idée d'infini présente en moi, qui ne peut venir d'un être fini, exige une cause infinie (Méditation III) ; et l'existence appartient à l'essence de l'être parfait comme l'égalité des angles à celle du triangle, preuve ontologique (Méditation V). Or un Dieu parfait ne saurait être trompeur, la tromperie marquant un défaut : sa véracité garantit donc que ce que je conçois clairement et distinctement est vrai. Loin du simple théisme reçu, la position est la clé de voûte qui lève le doute et fonde toute la science.
Méditations métaphysiques, III et V · Discours de la méthode, IV
Épictèteexplicite
Épictète affirme constamment l'existence d'un dieu providentiel, raison immanente du monde, qu'il célèbre dans un véritable hymne de gratitude. Ce théisme est panthéiste et cosmique plutôt que personnel, ce qui retient d'un score extrême.
Entretiens, I, 16 · Entretiens, I, 6
Lockeexplicite
Locke tient l'existence de Dieu pour l'une des rares vérités démontrables : à partir de notre propre existence, il infère, par la causalité, un être éternel, tout-puissant et intelligent. Ce théisme chrétien sous-tend sa morale (la loi naturelle est volonté divine) et sa politique (les droits naturels nous viennent du Créateur).
Essai sur l'entendement humain, IV, ch. 10 (la démonstration de l'existence de Dieu)
Baconexplicite
Bacon professe une foi chrétienne sincère et tient l'existence de Dieu pour assurée : c'est, soutient-il, la philosophie superficielle qui incline à l'athéisme, tandis qu'une connaissance plus profonde de la nature ramène l'esprit à la religion, car l'ordre du monde renvoie à son auteur. Le théisme n'est jamais mis en question, même si Bacon le laisse hors du champ de l'enquête scientifique.
Essais, « De l'athéisme »
Marc Aurèleexplicite
Marc Aurèle affirme des dieux providentiels identifiés à la immanente du cosmos, théisme panthéiste plutôt que personnel. L'hypothèse « ou bien des atomes », qu'il garde toujours ouverte, ne renverse pas cette conviction mais lui ôte toute prétention dogmatique : il croit la sans pouvoir la prouver.
Pensées pour moi-même, II, 11 · Pensées pour moi-même, XII, 28 · Pensées pour moi-même, VI, 44
Platonexplicite
Le présente un Démiurge, dieu artisan et bon, qui ordonne le monde en regardant les Idées comme des modèles ; les affirment l'existence des dieux et la providence contre l'athéisme. Ce théisme rationnel et impersonnel, sans création ex nihilo ni dieu unique au sens monothéiste, retient d'un score extrême.
Timée, 28a-30c · Lois, X, 885b-907d
Plotinexplicite
Toute la métaphysique de Plotin culmine dans un principe unique et absolu, l', source de tout ce qui est et terme du retour de l'âme : il y a bien un divin premier, et l'athéisme est sans objet. Mais ce principe n'est pas le Dieu personnel et créateur du monothéisme : il est impersonnel, « par delà l'être », ne connaît pas, ne veut pas, ne crée pas par décision mais déborde par nécessité de sa surabondance. Ce théisme métaphysique sans providence personnelle ni création ex nihilo retient d'un score extrême, tout en restant nettement du côté de l'affirmation d'un absolu divin.
Ennéades, VI, 9 · Ennéades, V, 1 (Des trois hypostases principielles)
Sénèqueexplicite
Dieu n'est pas un être personnel séparé du monde mais la raison immanente qui ordonne le tout, identifiable au destin, à la et à la nature. C'est un théisme panthéiste stoïcien, qui affirme une divinité providentielle tout en la confondant avec l'ordre du monde.
Questions naturelles, II, 45 (les noms de Dieu : destin, providence, nature) · Lettres à Lucilius, XLI (Dieu est près de toi, en toi)
Śaṅkaraexplicite
Śaṅkara distingue deux niveaux de l'absolu : un Dieu personnel, créateur et objet de dévotion (saguṇa brahman, Īśvara), réel au plan empirique, et, au plan ultime, un sans attributs (), au-delà de toute personne et de toute relation. Au regard de notre axe, ce n'est pas un athéisme : l'absolu est bien le fondement de tout. Mais ce n'est pas non plus le théisme d'un créateur souverain distinct du monde, car le Dieu personnel est lui-même une figure conventionnelle que la connaissance ultime traverse. La tension entre dévotion et savoir libérateur est ainsi désamorcée par la hiérarchie des deux vérités : Dieu pour qui chemine, l'impersonnel pour qui sait, d'où une position théiste mais retenue.
Commentaire sur les Brahma Sūtra, I, 1 · Commentaire sur la Bhagavad Gītā
Socrateexplicite
Accusé d'impiété, Socrate répond qu'il croit aux dieux plus que ses accusateurs, et invoque le , ce signe divin qui le détourne d'agir mal. Mais sa piété réforme la religion civique : un dieu, étant bon, ne peut être l'auteur d'aucun mal, ce qui condamne les récits homériques de dieux querelleurs et trompeurs. Théisme donc, mais moralisé et rationnel, assez éloigné du culte ordinaire pour qu'on l'ait pris pour de l'incroyance.
Platon, Apologie, 26b-28a, 35d (la croyance aux dieux) · Platon, Euthyphron, 6a-c (critique des mythes immoraux)
Aristoteexplicite
Aristote démontre l'existence d'un , acte pur et cause finale qui meut le monde comme l'aimé meut l'amant, sans être mû. C'est une forme de théisme, mais d'un dieu impersonnel qui ne crée pas, ne gouverne pas la providence et ne connaît pas les particuliers, d'où une valeur retenue loin de l'extrême.
Métaphysique, Λ (XII), 7 et 9 · Physique, VIII, 6
Rousseauexplicite
La Profession de foi du vicaire savoyard affirme un Dieu, auteur d'un ordre du monde que le cœur reconnaît, et l'immortalité de l'âme. Mais ce théisme est celui d'une religion naturelle, ou : Rousseau récuse les preuves de la théologie comme les dogmes révélés, et se sépare nettement de l'athéisme matérialiste d'un .
Rousseau, Émile, Profession de foi du vicaire savoyard
Spinozaexplicite
Dieu existe nécessairement, mais ce n'est pas le Dieu personnel et transcendant du théisme classique : c'est la substance unique, infinie, identique à la Nature (panthéisme). Sans providence ni volonté anthropomorphe, ce Dieu est si éloigné du théisme courant que Spinoza fut accusé d'athéisme ; d'où une valeur intermédiaire du côté du théisme, qui marque l'affirmation d'un Dieu tout en signalant sa nature impersonnelle.
Éthique, I, prop. 11 (Dieu existe nécessairement) · Éthique, I, prop. 15 et 14 (substance unique)
Kantexplicite
Puisque toute connaissance est bornée aux phénomènes, Dieu, qui n'en est pas un, échappe à la preuve : Kant démonte une à une les preuves de l'existence de Dieu (ontologique, cosmologique, physico-théologique), la première ratant le passage du concept à l'existence. Mais ce qui est interdit au savoir est requis par la morale : sans Dieu ni immortalité, l'accord de la vertu et du bonheur (le souverain bien) resterait impensable. Dieu revient donc comme postulat de la raison pratique, objet d'une foi rationnelle et non d'un savoir, ce qui justifie un théisme modéré plutôt qu'affirmé.
Critique de la raison pure, « Idéal transcendantal » · Critique de la raison pratique, Dialectique
Lucrèceexplicite
Lucrèce ne nie pas l'existence des dieux : faits d'atomes subtils, ils mènent une vie immortelle et parfaitement paisible dans les , sans nul souci du nôtre. Mais il en tire une conséquence radicale : un être bienheureux n'a ni colère ni faveur, donc nulle ne gouverne le monde, nul dieu ne le fit ni ne récompense ou châtie. La preuve en est le spectacle même de la nature, trop pleine de défauts pour être l'ouvrage d'une puissance divine. Cette position n'est donc pas un athéisme, dont on l'accusa, mais une théologie sans : les dieux ne créent ni ne gouvernent rien, et la pointe en est polémique : tant la religion put conseiller de crimes, c'est elle, non l'impiété, qui est le véritable mal à combattre.
De la nature des choses, I, 62-101 (la religion source de crimes, le sacrifice d'Iphigénie) · De la nature des choses, V, 146-234 (les dieux des intermondes ; le monde trop défectueux pour être divin)
Épicureexplicite
Épicure part de la prénotion commune des dieux comme êtres bienheureux et incorruptibles, et la prend au sérieux jusqu'au bout : un être parfaitement heureux ne connaît ni colère ni faveur, car le souci et l'effort de gouverner un monde trahiraient un besoin, donc une imperfection. Il s'ensuit que les dieux, relégués dans les intermondes, n'exercent aucune et ne distribuent ni récompense ni châtiment : la piété populaire, qui les imagine jaloux et vengeurs, est la véritable impiété. Cette théologie n'est donc pas un athéisme honteux, dont on l'accusa, mais une stratégie thérapeutique, le premier remède du qui retire à la peur des dieux son fondement.
Lettre à Ménécée, 123-124 (les dieux bienheureux, sans souci des hommes) · Maximes capitales, I (l'être bienheureux et incorruptible ne connaît ni trouble ni colère)
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Hegelinférable
Hegel affirme Dieu, mais comme qui se sait, non comme le créateur transcendant et personnel du théisme classique : la religion et la philosophie en ont le même contenu, que la première se représente et que la seconde pense. Ce Dieu ainsi repensé fut lu aussi bien comme le Dieu chrétien (hégéliens de droite) que comme l'humanité divinisée (hégéliens de gauche, dont et ) : le débat sur son théisme reste ouvert.
Encyclopédie des sciences philosophiques, §1 et §573 · Leçons sur la philosophie de la religion (Leçons)
Michel de Montaigneinférable
Catholique sincère et soumis à l'Église, Montaigne ne met jamais en doute l'existence de Dieu et meurt dans la foi de ses pères. Mais ce théisme déclaré s'accompagne d'un aveu d'impuissance de la raison : nous ne pouvons rien savoir de Dieu, ni le prouver, ni le concevoir, et ce que nous en disons relève de l'usage et de la révélation, non de la connaissance. D'où un théisme tenu par la foi et la plus que par la preuve, ce qui retient d'un score extrême du côté de l'affirmation.
Essais, II, 12, « Apologie de Raimond Sebond »
Charles Sanders Peirceinférable
Dans Un argument négligé en faveur de la réalité de Dieu, Peirce soutient que la libre rêverie de l'esprit, le musement, conduit naturellement à l'hypothèse de Dieu comme à la plus belle des , hypothèse féconde plutôt que dogme démontré. Le Dieu de Peirce est moins le Dieu personnel des religions qu'une réalité ordonnatrice corrélée à son cosmos en croissance, d'où un théisme réel mais retenu, sans extrême.
Un argument négligé en faveur de la réalité de Dieu (1908)
Argument
- Tout ce qui compose le monde pourrait ne pas être : chaque chose tient son existence d'une autre, les vivants de leurs parents, les corps de leurs causes, et aucune ne porte en elle la raison de son existence.
- Or additionner ce qui ne se suffit pas ne produit rien qui se suffise : même une chaîne infinie de causes contingentes laisse entière la question de savoir pourquoi il y a quelque chose plutôt que rien. Si tout doit avoir une raison, le , il faut chercher cette raison hors de la série.
- Cette raison ne peut être à son tour contingente, sous peine de relancer indéfiniment la question : elle doit être un être nécessaire, qui porte en lui la raison de son existence et n'aurait pas pu ne pas être.
Donc Donc il existe un être nécessaire, fondement de tout le contingent : ce que les traditions appellent Dieu.
Voir la pageObjectionAttaque la position
- Le théisme affirme un Dieu tout-puissant, qui peut empêcher tout mal, et parfaitement bon, qui veut l'empêcher.
- Or le mal existe, et pas seulement celui que notre liberté explique : la maladie qui emporte un enfant, la catastrophe qui rase une ville, la souffrance qu'aucun bien visible n'exige.
- S'il pouvait l'empêcher et le voulait, il n'y en aurait pas ; il y en a. Il faut donc abandonner l'un des termes : la puissance, la bonté, ou l'existence même de ce Dieu, à moins de montrer pourquoi un Dieu bon permettrait ce mal-là.
Donc Donc, tant que le mal de l'innocent reste sans justification, il pèse comme la plus forte raison de douter du Dieu tout-puissant et bon.
Voir la pageArgument Expérience de pensée
- Devant une montre trouvée sur la lande, nul ne croit qu'elle s'est assemblée seule : des rouages ajustés à une fin trahissent une intelligence qui les a conçus.
- Or la nature présente des ajustements plus subtils encore : l'œil ajusté à la lumière, l'aile à l'air, et jusqu'aux constantes de l'univers, réglées si finement que la moindre variation eût rendu toute vie impossible.
- À effets semblables, causes semblables : si l'ajustement de la montre prouve un horloger, l'ajustement incomparablement plus fin du monde rend au moins probable un auteur intelligent.
Donc Donc l'ordre du monde a vraisemblablement un auteur : l'apparence de dessein est un indice sérieux en faveur de l'existence de Dieu.
Voir la page- DescriptifProuver Dieu par l'idée seule
Peut-on, à partir de la seule idée d'un être parfait, conclure qu'il existe nécessairement, ou l'existence ne se déduit-elle jamais d'un concept ?
Dieu - DescriptifL'expérience du divin
Croire en Dieu, est-ce le conclure d'arguments, ou s'en remettre à une expérience intérieure tenue pour une rencontre directe, qui se passerait de preuve ?
Dieu - Descriptif QuestionPourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ?
Le monde existe sans avoir à exister : faut-il, pour rendre raison de cette contingence, un être nécessaire qui ne dépende de rien, ou le monde est-il simplement là, fait brut sans explication ?
le monde - DescriptifUne première cause, ou une régression sans fin ?
La série des causes doit-elle avoir un premier terme qui ne dépend de rien, et pourquoi ce terme échapperait-il à la question qu'on pose à tout le reste ?
la série des causes - DescriptifLe Dieu des philosophes
« Dieu d'Abraham, Dieu d'Isaac, Dieu de Jacob, non des philosophes et des savants » : le Dieu dont la raison démontre l'existence, premier moteur, fondement ou substance, est-il encore celui que l'on prie, ou la preuve n'atteint-elle jamais qu'un principe impersonnel ?
Dieu - DescriptifCroire un miracle
Un témoignage peut-il rendre croyable un événement qui contredit le cours régulier de la nature, ou est-il toujours plus probable que le témoin se trompe ?
un miracle - Descriptif Expérience de penséeL'ordre du monde a-t-il un auteur ?
L'ordre, la complexité et le réglage si précis du monde réclament-ils un auteur, ou peuvent-ils naître de processus aveugles comme la sélection naturelle ?
l'ordre du monde - DescriptifLe mal contre Dieu
Un Dieu à la fois tout-puissant et bon laisserait-il souffrir l'innocent, ou le mal du monde est-il compatible avec son existence ?
le mal dans le monde - DescriptifLe silence de Dieu
Si Dieu existait et nous aimait, se laisserait-il chercher en vain par ceux qui le cherchent sincèrement, ou son silence est-il un signe de plus contre son existence ?
Dieu et ceux qui le cherchent - PrescriptifÉpistémiqueFaut-il des preuves pour croire ?
N'a-t-on le droit de croire que sur preuves, ou la foi est-elle un pari légitime qui n'a pas à se justifier devant le tribunal des preuves ?
croire