Rapport aux autres· Morale
Éthique des vertus
Axe: Critère du juste — Qu'est-ce qui rend une action moralement bonne ?
La question morale fondamentale n'est pas « que dois-je faire ? » mais « qui dois-je être ? ». Bien agir, c'est agir comme le ferait une personne vertueuse : courageuse, juste, tempérante, prudente. La morale est affaire de caractère et d'éducation, pas seulement de règles ou de calculs.
Courants 10
Aristotélismeexplicite
On ne devient pas juste en connaissant la justice, contre l'intellectualisme socratique, ni en suivant une règle qui vaudrait identiquement pour tous : la vertu est une disposition stable du caractère, acquise par l'habitude comme un savoir-faire. D'où le : le courage n'est pas une quantité fixe mais le point ajusté entre lâcheté et témérité, relatif à nous et variable selon les circonstances. Aucune formule ne peut le fixer d'avance ; seule la , raison pratique de l'homme expérimenté, le discerne dans le cas concret. C'est pourquoi le bien agir relève du jugement situé, non du calcul ni de l'obéissance.
Aristote, Éthique à Nicomaque, II, 6 · Thomas d'Aquin, Somme théologique, I-II, q. 55-67
Cynismeexplicite
Pour le cynisme, la vertu est le seul bien et suffit au bonheur : elle ne s'enseigne pas en théorie mais s'acquiert par l'exercice (askesis), comme un art de vivre conforme à la nature. Toute l'éthique tient dans la formation d'un caractère libre et autosuffisant, indifférent aux conventions, sans règle ni calcul des conséquences.
Diogène Laërce, Vies, VI
Confucianismeexplicite
Aucune loi ni aucun calcul ne peut tenir lieu d'un caractère droit : ce qui fait le bien, c'est la disposition acquise d'où l'acte juste jaillit naturellement, et non une règle extérieure qu'on applique. De là le primat de la culture de soi (xiushen) sur la prescription : la vie morale est l'acquisition graduelle des vertus, le ren 仁 (l'humanité) au premier chef, dont la figure achevée est le junzi (l'homme de bien). C'est pourquoi le confucianisme se défie des solutions par décret, qu'il s'agisse de l'amour universel décrété par les Mohistes ou de l'ordre imposé par la loi pénale des Légistes : seule la transformation du cœur produit un agent fiable.
Confucius, Entretiens (Lunyu) · Mencius (Mengzi), II A 6
Platonismeexplicite
La morale platonicienne est une éthique des vertus (morale centrée sur le caractère et l'excellence de l'agent plutôt que sur la règle ou la conséquence) : bien agir, c'est réaliser en soi la justice, comprise comme l'harmonie de l', chaque partie accomplissant sa fonction propre sous le gouvernement de la raison. La vertu se ramène in fine à la connaissance du Bien.
Platon, République, livre IV, 441c-444e, la justice de l'âme · Platon, Ménon, 87c-89a, la vertu comme savoir
Stoïcismeexplicite
L'éthique stoïcienne est une éthique de la vertu par excellence : le bien moral réside dans l'excellence du caractère et la rectitude de l'intention, non dans les conséquences ni dans l'obéissance à une règle extérieure. La vertu, une et indivisible, est le seul bien et suffit au bonheur, et c'est elle qui qualifie l'agent comme sage.
Cicéron, Des fins des biens et des maux, livre III · Diogène Laërce, Vies, VII
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Taoïsmeinférable
Le taoïsme se défie des règles morales explicites, qu'il tient pour le signe d'une vertu déjà perdue : à la codification confucéenne il oppose la vertu (te) spontanée de qui s'accorde au Tao. La vie bonne n'obéit ni à des principes ni à un calcul, elle découle d'un caractère cultivé dans la simplicité et le naturel, d'où une éthique de la vertu d'un genre paradoxal, sans effort.
Laozi, Dao De Jing, ch. 38 · Zhuangzi
Rationalismeinférable
Les rationalistes convergent vers une éthique de la vertu intellectualisée : le bien tient à la perfection et à la puissance de l'âme raisonnable. La de Descartes, la béatitude active de Spinoza, la sagesse de Leibniz font de la vie morale l'épanouissement d'un caractère éclairé par la raison, plus que l'obéissance à une loi ou le calcul des effets.
Spinoza, Éthique, IV-V · Descartes, Les passions de l'âme
Le romantismeinférable
Le romantisme oppose à la règle kantienne et au calcul utilitaire une morale du cœur : la valeur naît du sentiment, de la sympathie et de la beauté de l'âme, non d'un principe abstrait. Être bon, c'est être vrai à soi-même et accordé aux autres par l'empathie, une éthique de la vertu sensible et du soin où l'authenticité du sentiment fait foi.
Rousseau, Émile (la conscience) · Schiller, Lettres sur l'éducation esthétique
Existentialismeinférable
L'existentialisme refuse toute morale donnée d'avance : sans valeurs inscrites dans les choses, la vie bonne tient à l'authenticité, assumer sa liberté et sa responsabilité sans mauvaise foi. Beauvoir en tire une exigence de care : vouloir sa propre liberté, c'est vouloir celle d'autrui. Éthique de la vertu (l'authenticité) et du soin (la liberté d'autrui), plus que de la règle ou du calcul.
Sartre, L'existentialisme est un humanisme · Beauvoir, Pour une morale de l'ambiguïté
Bouddhismeinférable
Le bouddhisme fonde la morale sur la culture de la vertu (sila) et sur la compassion (karuna) et la bienveillance envers tous les êtres sensibles, jusqu'aux animaux. Le mérite tient à la qualité de l'intention et à la transformation de l'esprit plus qu'à l'obéissance à une loi ; les conséquences comptent par les fruits karmiques qu'elles portent.
Dhammapada · Metta Sutta
Philosophes 21
Platonexplicite
L'éthique platonicienne est une éthique des vertus : le bien de l'homme tient à l'état de son âme, et la justice est définie comme l'harmonie de ses trois parties, chacune accomplissant sa fonction propre sous la conduite de la raison. La vie bonne n'est pas affaire de règles ni de calcul des conséquences, mais d'un caractère ordonné et vertueux.
République, IV, 441c-444e · Gorgias, 506c-508c
Diogène de Sinopeexplicite
La valeur morale tient tout entière dans l'état du caractère, libre et autosuffisant : c'est une éthique de la vertu au sens strict, où nulle règle extérieure ni nul calcul des conséquences ne fonde le bien. La vertu ne s'enseigne pas en paroles mais s'acquiert par l'exercice (), comme un art. Diogène va plus loin que l'éthique de la vertu ordinaire : il en fait une discipline corporelle, un entraînement à la dureté et au manque, plus proche de la gymnastique de l'athlète que de la délibération du sage.
Diogène Laërce, Vies, VI, 70-71
Aristoteexplicite
Contre l'intellectualisme socratique, pour qui nul ne fait le mal volontairement et la vertu se réduit à un savoir, Aristote observe que connaître le bien ne suffit pas à l'accomplir : la vertu n'est pas une science mais une disposition (hexis) du caractère, acquise par la répétition d'actes justes comme on devient citharède en jouant de la cithare. La bonne action ne se déduit donc d'aucune règle générale : elle consiste à viser, en chaque situation, le relatif à nous entre l'excès et le défaut, déterminé par la de l'homme avisé. D'où une morale réglée ni sur les conséquences ni sur une loi, mais sur le type d'homme que l'on devient.
Éthique à Nicomaque, II, 1 et 6
Épictèteexplicite
Pour Épictète, le seul bien est la vertu, comprise comme le bon usage des : la valeur morale tient tout entière dans l'état du caractère et de la , non dans les conséquences ni dans une règle extérieure. C'est une éthique de la vertu au sens strict, avec une mince part déontologique dans l'idée d'accomplir fidèlement les devoirs liés à ses rôles.
Entretiens, I, 29 · Manuel, §30
Marc Aurèleexplicite
La valeur morale tient tout entière dans l'excellence du caractère et la droiture de l'intention, non dans les conséquences ni dans une règle extérieure : une , avec une mince part déontologique dans l'idée d'accomplir fidèlement la fonction attachée à ses rôles.
Pensées pour moi-même, V, 1 · Pensées pour moi-même, III, 6 · Pensées pour moi-même, XI, 1
Sénèqueexplicite
La morale de Sénèque se règle sur la vertu et le caractère du , non sur un calcul des conséquences ni sur une règle impérative. Vivre selon la nature et la raison, cultiver le courage, la tempérance et la justice : c'est une , où le bien est l'excellence de l'âme.
Lettres à Lucilius, LXXVI et CXX (la vertu, seul bien et fin de la vie) · De la vie heureuse, VIII-IX (la vertu suffit au bonheur)
Confuciusexplicite
Parce que la moralité ne se laisse ni codifier en règles ni réduire au calcul des effets, ce qu'il faut former, c'est une personne, son caractère et son discernement situé. De là le déplacement de l'évaluation de l'acte vers l'agent : la mesure du bien est le junzi 君子 (l'homme de noble caractère) habité par le ren 仁 (l'humanité), et cette vertu ne se décrète pas, elle s'acquiert par une longue culture de soi et l'imitation des modèles. La vertu n'est pas l'obéissance à une loi mais une disposition intérieure rendue stable par l'habitude, ce qui ancre la fondation du côté de l'éthique des vertus. Subsiste une part déontologique dans la fidélité aux li 禮 (les rites) et une part de dans le primat de l'affection familiale.
Entretiens (Lunyu), XII, 1-2 (le ren et la maîtrise de soi par les rites) · Entretiens, IV, 5 et VI, 30 (le junzi ne s'écarte jamais de l'humanité)
Thomas d'Aquinexplicite
Le critère du juste se loge pour Thomas dans la vertu, disposition stable qui parfait l'agent : il reprend les quatre vertus cardinales d' (prudence, justice, courage, tempérance) et les ordonne à la fin dernière. Mais l'éthique des vertus s'articule à la loi naturelle, qui fournit la règle objective que la applique au cas singulier, d'où une part déontologique : l'agent vertueux est celui dont les dispositions s'accordent à l'ordre rationnel des fins. Au sommet, les vertus acquises par l'habitude sont couronnées par les vertus théologales, foi, espérance et charité, infuses par grâce, qui orientent l'homme vers une fin qui dépasse sa nature.
Somme théologique, Ia-IIae, q. 55-67 ; IIa-IIae
Beauvoirexplicite
Si Dieu est mort et qu'aucune valeur ne tombe d'un ciel, le fondement de la morale ne peut être que la liberté elle-même, seule chose qui se pose comme inconditionnellement désirable en se choisissant. Mais une liberté ne peut se vouloir cohérente sans vouloir aussi les autres libertés qui donnent un monde et un sens à son projet : telle est la réponse de Beauvoir au reproche de nihilisme adressé à l'existentialisme. Elle refuse pour autant toute règle universelle posée d'avance, car le bien se décide chaque fois dans l'épaisseur d'une situation singulière, d'où une éthique de l'engagement et de la responsabilité envers autrui, sans recette ni alibi.
Pour une morale de l'ambiguïté (1947), "La liberté et la libération"
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Laoziinférable
Laozi se défie des codes et des devoirs proclamés : « quand le grand Dao est perdu surgissent la bonté et la justice », signe d'une vertu déjà tombée dans l'artifice. La bonne action n'est pas l'obéissance à une règle ni le calcul d'un résultat, mais l'expression d'un état intérieur accordé au Dao, la (de) qui agit sans s'afficher comme vertueuse. C'est, par défaut de toute alternative, une éthique de la vertu, mais une vertu spontanée qui se nie comme code dès qu'on la nomme.
Dao De Jing, ch. 18, 19 et 38
Zhuangziinférable
Zhuangzi raille la « bienveillance » et la « justice » des comme des vertus affichées qui mutilent le naturel, à l'image du canard dont on allonge les pattes. La bonne conduite n'est ni l'obéissance à une règle ni un calcul de conséquences, mais l'expression d'un état intérieur accordé au , une excellence (de) spontanée qui ne se sait pas vertueuse. Faute de toute alternative, c'est une éthique de la vertu, mais d'une vertu qui se nie comme code et tient toute morale proclamée pour une déchéance.
Zhuangzi, ch. 8 et 9
Nietzscheinférable
Au-delà de sa critique de « la » morale, l'éthique positive de Nietzsche valorise des qualités de caractère, la force, la noblesse, la du fort, plus que des règles ou des conséquences. Sa se laisse lire comme une éthique des vertus de la puissance, inférée de son éloge des types accomplis.
Par-delà bien et mal, §260 · Généalogie de la morale, I, §10
Socrateinférable
Le critère de l'agir n'est, pour Socrate, ni le calcul des conséquences ni l'obéissance à une loi, mais l'état de l'âme dont l'acte procède : agir bien, c'est agir depuis une âme excellente. En faisant de la vertu le tout de la moralité et l'objet du soin de soi, il ouvre la tradition de l'éthique des vertus que prolongeront Aristote puis les stoïciens.
Platon, Apologie, 30a-b ; Criton, 47e-48a (l'âme bonne, seul vrai bien)
Spinozainférable
La vertu se confond avec la puissance, l'aptitude à agir sous la conduite de la raison et selon les lois de sa propre nature : agir par vertu, c'est persévérer dans son être en cherchant ce qui l'augmente. Cette naturaliste, centrée sur le et l'épanouissement de la puissance d'agir, ne se règle ni sur le devoir ni sur le seul calcul des conséquences.
Éthique, IV, déf. 8 et prop. 20 (la vertu, puissance d'agir selon sa nature) · Éthique, IV, prop. 24 (agir par vertu, c'est agir sous la conduite de la raison)
Hegelinférable
La morale du seul devoir, chez , est un formalisme vide : de la pure forme de la loi, l'universalisabilité sans contradiction, aucun devoir déterminé ne se déduit, et l'on peut y faire tenir « qu'il y ait de la propriété » comme le contraire. Le bien n'a de contenu que dans la concrète, les mœurs et institutions où l'individu se forme, non dans la conscience morale abstraite (Moralität).
Principes de la philosophie du droit, §135 remarque (le formalisme vide) · Principes de la philosophie du droit, §142 sq. (la Sittlichkeit)
Descartesinférable
La morale des tient dans une vertu maîtresse, la : connaître que rien ne nous appartient en propre que la libre disposition de nos volontés, et se sentir une ferme résolution d'en bien user. Le juste se décide moins sur la règle ou les conséquences que sur la qualité de celui qui agit : la générosité est comme la clef de toutes les autres vertus et le remède général contre les dérèglements des passions, ce qui ancre Descartes dans une éthique de la vertu, avec une part de devoir dans la fermeté du jugement.
Les passions de l'âme, art. 153-156 et 161 · Lettre à Élisabeth, 18 mai 1645
Sartreinférable
Sartre refuse toute morale de règles a priori : au jeune homme déchiré entre rester près de sa mère et rejoindre la Résistance, aucune doctrine, ni l'amour chrétien ni le devoir kantien, ne dicte la réponse : aucune morale générale ne peut indiquer ce qu'il y a à faire. Reste le primat de l'agent qui se fait par ses actes, proche d'une éthique de la vertu refondée sur la liberté et l'authenticité, sans table de valeurs ni calcul d'utilité.
L'existentialisme est un humanisme (l'exemple du jeune homme, l'invention morale)
Le Bouddhainférable
L'éthique bouddhique cultive la conduite juste (sila) et les états salutaires de l'esprit : générosité, bienveillance (metta) et compassion (karuna) envers tous les êtres. C'est une éthique de la vertu et du soin, où compte la transformation intérieure de l'agent, doublée d'une attention aux fruits karmiques des actes, l'intention faisant le poids moral de l'action.
Metta Sutta · Dhammapada
Leibnizinférable
L'éthique de Leibniz tient dans la caritas sapientis, la charité du sage : la justice est l'amour réglé par la sagesse, qui veut le bien d'autrui dans l'ordre de la perfection universelle. Ce souci d'autrui guidé par la connaissance unit une éthique de la vertu (la perfection de l'âme) à une part de care (la bienveillance) et de devoir (l'ordre rationnel du juste).
Méditation sur la notion commune de la justice · Codex iuris gentium, Préface
Rousseauinférable
Le fondement de la morale n'est ni le calcul des conséquences ni une règle abstraite, mais deux mouvements naturels du cœur : l'amour de soi bien ordonné et la , sentiment immédiat qui nous fait souffrir du mal d'autrui. La conscience, instinct du bien, précède la raison. On est proche d'une éthique de la vertu et du soin, où le sentiment fonde l'obligation plutôt que la loi.
Rousseau, Émile, Profession de foi du vicaire savoyard · Rousseau, Discours sur l'origine de l'inégalité
Camusinférable
L'éthique de Camus naît de la révolte : du refus de l'absurde surgit une valeur, la solidarité humaine, et une mesure. Je me révolte, donc nous sommes : en se dressant, le révolté affirme une dignité commune et des limites à ne pas franchir, y compris dans la révolte. Ni calcul des conséquences ni loi abstraite, mais une fidélité vertueuse à l'homme et un souci d'autrui.
L'Homme révolté
Argument
- Suivre une règle ne suffit pas à rendre une action bonne à coup sûr : on peut la connaître et l'appliquer de mauvaise grâce, par intérêt, ou au mauvais moment. Le juste occasionnel n'est pas encore l'homme juste.
- Ce qui fait qu'une personne agit bien avec constance, c'est une disposition durable du caractère : celui qui est devenu juste fait le juste régulièrement, volontiers, et pour lui-même, sans consulter une règle à chaque fois.
- Et cette disposition, à la différence d'une règle fixée d'avance, reste attentive à ce que chaque situation a de particulier : la personne douée de perçoit ce que réclame ce cas précis, là où une règle générale, ne pouvant tout prévoir, doit parfois le trahir.
Donc Donc le fondement de l'action juste est un bon caractère, non l'observance d'une règle ni le calcul des effets : bien agir, c'est être devenu celui qui voit et accomplit ce que le moment demande.
Voir la pageObjectionAttaque la position
- L'éthique des vertus donne pour règle : fais ce que ferait la personne vertueuse. Mais qui est cette personne ? Celle qui fait ce qu'il faut faire.
- Le critère tourne en rond : il définit la bonne action par l'agent vertueux, et l'agent vertueux par la bonne action, sans jamais dire, dans le cas concret, ce qu'il faut faire.
- Et lorsque des personnes également estimables jugent en sens contraire, faut-il mentir pour sauver un ami, se battre ou céder, l'appel au caractère reste muet, là où une règle ou un calcul, eux, donnent une réponse.
Donc Donc l'éthique des vertus décrit peut-être le bon agent, mais elle ne guide pas l'action : il lui manque le critère que fournissent le devoir ou les conséquences.
Voir la pageÉcouter la conscience : le sentiment avant le raisonnementRègleInspirée de Jean-Jacques Rousseau
Demande à ton cœur ce que ta raison s'apprête à excuser.
Pour , la conscience est un sentiment, « instinct divin », qui nous fait sentir le bien avant que la raison ne l'établisse, et que de beaux raisonnements servent souvent à étouffer. La pratique consiste, devant un choix moral, à consulter d'abord ce sentiment intérieur, ce que le cœur approuve ou répugne, avant de se laisser convaincre par les justifications habiles, les siennes comme celles des autres.
Débloquer les pratiques
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- PrescriptifMorale Expérience de penséeSauver un proche plutôt qu'un inconnu
On sauve l'être aimé sans hésiter ; mais ce qui rend ce geste bon est-il un calcul, une règle qui l'autorise, un bon caractère, ou le lien lui-même, dont aucune morale ne devrait exiger qu'on le justifie ?
un geste pour un proche - PrescriptifMoraleÊtre bon ou bien agir
La morale est-elle affaire d'actes à juger un par un selon des règles, ou d'abord du caractère d'une personne, de qui l'on est et de la façon dont on a appris à voir les situations ?
l'agent - PratiquePeut-on apprendre à être bon ?
La bonté s'enseigne-t-elle, comme un savoir, ou s'acquiert-elle par l'habitude ? Et comment se fait-il qu'on connaisse parfois le bien sans parvenir à le faire ?
l'agent - PrescriptifMoraleRivales ou complémentaires
Conséquences, devoir, vertu, sollicitude : sont-ce des théories rivales dont une seule peut être vraie, ou les facettes d'une même morale que rien n'oblige à unifier ?
le critère moral - PrescriptifMoraleLa règle ou la situation
Bien agir, est-ce appliquer des principes valables d'avance, ou juger chaque situation dans sa singularité, au risque que la règle et le cas ne coïncident jamais tout à fait ?
le jugement moral