Rapport aux autres· Morale
Déontologisme
Axe: Critère du juste — Qu'est-ce qui rend une action moralement bonne ?
Une action est bonne si elle est conforme au devoir, c'est-à-dire à des principes valables pour tous, indépendamment de ses conséquences. Certains actes, comme mentir ou traiter autrui comme un simple moyen, restent interdits même quand ils seraient utiles.
Courants 1
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Vedānta (Advaita)inférable
L'éthique du védânta s'enracine dans le dharma, le devoir propre à chacun selon son ordre et sa place, à accomplir pour lui-même. La Bhagavad-Gita en donne la formule, l'action désintéressée (nishkama karma) : agir sans attachement aux fruits, par devoir et non par calcul. À quoi s'ajoute la culture du détachement et de la connaissance de soi, vertu qui mène à la libération.
Bhagavad-Gita, II-III · Shankara
Philosophes 2
Kantexplicite
Rien n'est bon sans restriction qu'une volonté bonne : ni les talents ni le bonheur, qui peuvent servir le mal. Si la valeur morale ne tient ni à l'objet voulu ni aux conséquences, elle ne peut tenir qu'à la forme de la maxime, sa capacité à valoir comme loi pour tous. De là se déduit le : agir seulement d'après une maxime que je puisse vouloir universelle. C'est un déontologisme qui refuse, contre l', de mesurer le devoir au résultat ; la réintroduit les vertus, mais dérivées du devoir, d'où un faible poids résiduel sur ce pôle.
Fondements de la métaphysique des mœurs, sections I et II · Métaphysique des mœurs, Doctrine de la vertu
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Lockeinférable
Locke pense une loi naturelle, accessible à la raison et fondée sur la volonté de Dieu, qui prescrit des devoirs (ne pas nuire à autrui dans sa vie, sa liberté, ses biens) : une morale d'obligation, proche du . Il y mêle toutefois la considération des récompenses et peines, et donc des conséquences, qui motivent l'obéissance, d'où un poids conséquentialiste secondaire.
Essais sur la loi de nature (1664) ; Traités du gouvernement civil, II, ch. 2 (la loi de nature)
Argument
- Il y a une différence entre les choses, qui ont un prix et se remplacent, et les personnes, qui ont une : elles valent comme fins en soi, et non par le service qu'on en tire.
- Se servir de quelqu'un comme d'un simple moyen, le sacrifier, le tromper, l'instrumentaliser « pour le bien », c'est nier cette dignité, le ravaler au rang de chose utile. Le gain obtenu ne rachète pas ce déni.
- Certains actes portent donc en eux-mêmes cette atteinte, indépendamment de leurs suites heureuses : ce qui les rend injustes n'est pas leur bilan, mais ce qu'ils font à la personne.
Donc Donc est juste l'action conforme au devoir, à des principes valables pour tous et respectueux de chacun comme fin ; et certains interdits, comme traiter autrui en pur moyen, tiennent quoi qu'il en coûte.
Voir la pageObjectionAttaque la position Expérience de pensée
- Votre conjoint et un inconnu se noient, vous ne pouvez en sauver qu'un. La morale du devoir vous fait d'abord vérifier qu'il est permis de sauver le vôtre.
- Mais cette vérification est « une pensée de trop » : celui qui, devant l'être aimé, se demande d'abord si la règle l'autorise a déjà manqué à ce que le lien réclame.
- Une morale qui exige de passer par la règle impartiale, jusque dans nos attachements les plus intimes, s'aliène ce qui fait le prix d'une vie morale : les liens eux-mêmes.
Donc Donc l'impartialité du devoir manque le cœur concret de la morale : ce n'est pas la règle qui commande de sauver l'être aimé, c'est le lien, et une morale qui l'oublie demande une pensée de trop.
Voir la page- PrescriptifMorale Expérience de penséeLes conséquences ou l'interdit
Faut-il juger un acte à ses seules conséquences, quitte à en sacrifier un pour en sauver cinq, ou certains actes restent-ils interdits quoi qu'il en coûte ?
un acte - PrescriptifMorale Expérience de penséeSauver un proche plutôt qu'un inconnu
On sauve l'être aimé sans hésiter ; mais ce qui rend ce geste bon est-il un calcul, une règle qui l'autorise, un bon caractère, ou le lien lui-même, dont aucune morale ne devrait exiger qu'on le justifie ?
un geste pour un proche - PrescriptifMoraleY a-t-il des actes absolument interdits ?
Certains actes, comme mentir ou faire périr un innocent, restent-ils défendus même lorsqu'ils éviteraient un désastre, ou tout cède-t-il devant l'ampleur des conséquences ?
l'acte - PrescriptifMoraleLa part de la chance
On juge plus durement le chauffard qui a renversé un enfant que celui, tout aussi imprudent, qui a eu la chance de n'en croiser aucun : la valeur morale d'un acte dépend-elle de résultats que l'on ne maîtrise pas ?
l'acte - PrescriptifMoraleRivales ou complémentaires
Conséquences, devoir, vertu, sollicitude : sont-ce des théories rivales dont une seule peut être vraie, ou les facettes d'une même morale que rien n'oblige à unifier ?
le critère moral - PrescriptifMoraleLe point de vue moral est-il impartial ?
Juger moralement, est-ce s'élever à des principes qui valent pour tous sans considération de personne, ou l'attention concrète portée à ceux qui nous sont proches est-elle le cœur même de la morale ?
le point de vue moral - PrescriptifMoraleLa règle ou la situation
Bien agir, est-ce appliquer des principes valables d'avance, ou juger chaque situation dans sa singularité, au risque que la règle et le cas ne coïncident jamais tout à fait ?
le jugement moral