David Chalmers
Il a nommé le problème difficile : quand la science aura tout dit des mécanismes du cerveau, il restera à expliquer pourquoi ils s'accompagnent d'un vécu, et cette question-là, aucune description fonctionnelle ne l'atteint.
Australien
Philosophe australien de l'esprit, qui a nommé le « problème difficile » de la conscience : expliquer les mécanismes du cerveau laisse entière la question de savoir pourquoi ils s'accompagnent d'un vécu. Il en tire, par l'argument des zombies, un dualisme des propriétés.
Justification
Chalmers sépare les problèmes faciles de la conscience, qui relèvent des mécanismes et que la science résoudra, du problème difficile : pourquoi ces mécanismes s'accompagnent-ils d'un vécu ? Aucune explication fonctionnelle n'y répond, car décrire ce que fait un système laisse entier l'effet que cela fait de l'être. Il en conclut que les ne sont pas réductibles aux processus physiques mais leur sont liés par des lois de la nature, et qualifie sa position de dualisme naturaliste : la conscience est une donnée fondamentale du monde, comme la masse ou la charge, non une substance séparée. Il explore par ailleurs, sans s'y ranger, une autre voie pour la même intuition : loger l'expérience dans la nature intrinsèque du physique, dont la physique ne décrit que la structure. Cette option, voisine du monisme russellien et du panpsychisme, reste chez lui une piste sérieuse, non la thèse qu'il défend.
« Facing Up to the Problem of Consciousness » (1995) · The Conscious Mind (1996)
Justification
Chalmers soutient que ce qui porte l'expérience est l'invariance organisationnelle : c'est l'organisation fonctionnelle qui compte, non la matière qui la réalise. Sa position ici ne découle d'aucun physicalisme : c'est parce que la conscience est pour lui une donnée fondamentale, reliée à l'organisation par une loi de la nature, qu'elle suit cette organisation quel que soit le support.
« Absent Qualia, Fading Qualia, Dancing Qualia » (1995) · The Conscious Mind (1996)
Justification
Chalmers distingue deux émergences. L'émergence faible est celle des phénomènes qu'on n'aurait pas devinés à partir des parties, mais qui s'en déduisent une fois qu'on sait où regarder, comme les motifs d'un automate cellulaire. L'émergence forte est celle d'une propriété qui ne se déduit d'aucune connaissance des parties, si complète soit-elle, et il tient la conscience pour son seul cas incontestable dans la nature. D'où sa conclusion : il faut ajouter à l'inventaire du monde des lois psychophysiques, comme la physique a dû ajouter l'électromagnétisme à la mécanique.
« Strong and Weak Emergence » (2006)