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ArgumentL'argument de l'efficacité mentale
Nos pensées font bouger nos corps ; or dans le monde physique, seul le physique produit des effets : la conscience est donc déjà là, dans le cerveau au travail.
Soutient
Kim · Physicalism, or Something Near Enough · 2005
- Toute variation connue de la vie mentale suit une variation du cerveau : anesthésie, lésion, alcool, fatigue, développement de l'enfant. On ne connaît pas un cas d'expérience vécue sans support cérébral, ni de modification cérébrale d'ampleur sans écho dans le vécu.
- Nos états mentaux ont des effets physiques : ma douleur me fait crier, ma décision lève mon bras. Le nier, c'est faire de la vie mentale un , un spectacle sans la moindre prise sur nos actes.
- Or le monde physique est , autrement dit tout effet physique a déjà une cause physique suffisante : le cri s'explique intégralement par une chaîne de nerfs et de muscles, sans reste ni trou où viendrait s'insérer autre chose.
- Si le cri a déjà une cause physique suffisante et que ma douleur le cause aussi, il n'y a que deux issues : ou bien il est causé deux fois, par une surdétermination systématique et inexplicable, ou bien ma douleur n'est pas autre chose que cet état cérébral, et c'est ce que soutient la théorie de l'identité.
Donc Donc la conscience n'est pas un ingrédient posé à côté du cerveau : elle est le cerveau au travail. Reste à comprendre comment, ce qui est une difficulté de recherche et non un mystère de principe.
À quel point ce raisonnement vous convainc-t-il ?
Pas du tout
Tout à fait
Approfondissements
Ce que veut dire « causalement clos »
- Dire que le physique est clos, ce n'est pas dire que rien d'autre n'existe, mais que si l'on suit une chaîne d'effets physiques à rebours, on ne trouve jamais que des causes physiques : chaque contraction musculaire a son influx nerveux, chaque influx sa cascade chimique.
- Cette clôture n'a rien d'une décision de principe : elle est le résultat de deux siècles de physiologie, qui cherchaient au contraire le point d'insertion de l'âme et ne l'ont jamais trouvé, ainsi que des lois de conservation, qu'une force venue d'ailleurs viendrait rompre.
- Il reste possible de la refuser, mais à un prix précis : il faut alors admettre que la physique est fausse quelque part dans le crâne, et dire où.
Donc Refuser la clôture n'est pas une position métaphysique inoffensive : c'est une prédiction empirique, jusqu'ici démentie.
À quel point ce raisonnement vous convainc-t-il ?
Pas du tout
Tout à fait
L'eau et H₂O
- L'éclair et la décharge électrique, la chaleur et l'agitation des molécules, l'eau et H₂O : dans chaque cas, on tenait deux choses pour distinctes parce qu'on les atteignait par deux voies différentes, l'une familière, l'autre théorique.
- Chaque fois, l'identité a d'abord paru inconcevable : rien dans l'expérience de la chaleur ne ressemble à un mouvement de particules. L'étrangeté de l'identification n'a jamais été un argument contre elle.
- Rien n'interdit donc que la sensation et le processus cérébral soient de même deux abords d'une seule chose, ce que la tient pour l'issue naturelle de l'enquête : l'un du dedans, par le vécu, l'autre du dehors, par la mesure.
Donc L'identité de l'état mental et de l'état cérébral serait une découverte comme les autres, non une négation du vécu.
À quel point ce raisonnement vous convainc-t-il ?
Pas du tout
Tout à fait
Mise à l'épreuve
Objection