Galen Strawson
Parti de la seule chose dont il se dit absolument sûr, l'expérience, il en tire que la matière devait déjà en contenir : si rien ne naît de rien, un physicalisme conséquent conduit au panpsychisme.
Britannique
Philosophe britannique, connu pour son panpsychisme : tenant l'expérience pour la donnée la plus certaine et l'émergence brute pour inintelligible, il soutient qu'un physicalisme conséquent implique que la matière soit déjà, à son niveau fondamental, expérientielle. Il travaille aussi sur le moi et sur la responsabilité morale.
Justification
Strawson part d'une certitude qu'il juge plus solide qu'aucune théorie : l'expérience existe, elle est ce dont nous sommes le plus sûrs. Il refuse ensuite l'émergence brute : qu'une matière absolument dépourvue d'intériorité produise du vécu par simple complexification lui paraît non pas mystérieux, mais inintelligible. Si l'on tient par ailleurs que tout est physique, il ne reste qu'une issue : le physique comporte déjà, à son niveau fondamental, quelque chose d'expérientiel. Il présente donc son panpsychisme comme un physicalisme réel, non comme l'ajout d'un esprit à une matière par ailleurs inerte.
« Realistic Monism — Why Physicalism Entails Panpsychism » (2006)
Justification
Strawson ne refuse pas toute émergence : la liquidité de l'eau est parfaitement intelligible à partir du comportement des molécules, et c'est le modèle de ce qu'il accepte. Ce qu'il rejette est l'émergence brute, celle d'une propriété radicalement nouvelle qui surgirait de constituants n'en portant aucune trace : tout ce qui émerge doit être intelligible à partir de ce dont il émerge. Appliqué à l'expérience, ce refus ne le conduit pas au classique mais au panpsychisme : si le vécu ne peut naître de ce qui n'en contient rien, c'est qu'il était déjà là.
« Realistic Monism » (2006)