Voir l'axe · L'énigme de la conscience

ObjectionAttaque le raisonnement

L'objection de l'écart explicatif

Que le vécu dépende du cerveau et agisse par lui, personne ne le conteste ; mais de la dépendance à l'identité, le pas n'est pas franchi.

Objecte à

Levine · « Matérialisme et qualia : l'écart explicatif » · 1983

  1. L'argument établit au mieux que les états mentaux et cérébraux sont corrélés et occupent la même place dans la chaîne des causes. Or une corrélation, même parfaite, n'est pas encore une identité : deux choses inséparables peuvent rester deux, et l'on peut tenir la du mental sur le cérébral sans conclure qu'ils ne font qu'un.
  2. Dans les identifications réussies de la science, l'identité s'accompagne d'une explication : une fois comprise l'agitation des molécules, on voit pourquoi cela fait chaud, et l'on ne peut plus concevoir la chaleur sans elle.
  3. Rien de tel ici : en connaissant tout du circuit de la douleur, la question « mais pourquoi cela fait-il mal ? » reste ouverte et parfaitement intelligible. Il subsiste un écart explicatif qu'aucune autre identification scientifique n'a laissé derrière elle.
  4. L'argument des causes ne permet pas de trancher entre les deux lectures possibles de cet écart, provisoire ou définitif : il traite le vécu comme un maillon causal, alors que c'est justement sa face qualitative, les , qui fait problème.

Donc L'argument prouve que le vécu est arrimé au cerveau, non qu'il s'y réduit : le physicalisme reste ici une promesse, celle qu'un jour l'écart se refermera.

Résolutions possibles de l'objection

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