Voir l'axe · L'énigme de la conscience

Argument

L'argument de l'indivisibilité de l'esprit

Le corps est fait de parties, la pensée n'en a pas : ce qui pense ne peut donc être identique à ce qui est étendu.

Soutient

Descartes · · 1641

  1. Tout ce qui est matériel est divisible : un corps, un organe, un cerveau se partagent en parties, et chaque part est encore quelque chose d'étendu. C'est ce que veut dire, pour une chose, occuper de l'espace.
  2. Ce qui pense ne se partage pas ainsi : quand je délibère, je ne trouve pas une moitié de moi qui doute et une autre qui veut, mais un seul sujet qui doute, veut et sent. Retirer une part d'une pensée ne laisse pas une pensée plus petite, cela ne laisse rien.
  3. Or deux choses qui n'ont pas les mêmes propriétés ne sauraient être une seule et même chose : si l'une se divise et l'autre non, c'est qu'il y en a deux.

Donc Donc ce qui pense en moi n'est pas ce qui est étendu : l'esprit est une réalité d'un autre genre, et sa dépendance au corps ne prouve pas qu'il en soit une partie : c'est la thèse du des substances.

À quel point ce raisonnement vous convainc-t-il ?

Pas du tout
Tout à fait
Approfondissements
Une conscience à demi ?
  1. On peut perdre la vue, la mémoire, la parole : l'expérience qui reste est appauvrie en contenu, jamais coupée en deux. Un aveugle n'a pas la moitié d'une conscience, il a une conscience sans images.
  2. Ce qui se divise, ce sont donc les facultés et leurs objets, jamais celui à qui tout cela arrive : je ne peux pas même me représenter ce que serait la moitié d'un sujet, alors que je me représente sans peine la moitié d'un cerveau.

Donc L'indivisibilité ne porte pas sur le contenu de l'esprit, qui varie et s'amoindrit, mais sur le sujet qui l'éprouve.

À quel point ce raisonnement vous convainc-t-il ?

Pas du tout
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L'argument de la conception claire
  1. L'argument n'est pas le sophisme qu'on lui prête (« je doute de mon corps, je ne doute pas de ma pensée, donc ils diffèrent ») : ce que je doute ne dit rien de ce qui est, comme le prouve celui qui doute que l'homme masqué soit son frère alors qu'il l'est.
  2. Ce qu'avance est plus fort : j'ai de la pensée une idée complète, où n'entre rien de l'étendue, et de l'étendue une idée complète, où n'entre rien de la pensée. Ce ne sont pas deux aspects d'une chose, mais deux natures qui se conçoivent chacune tout entière sans l'autre.
  3. Or ce qui se conçoit ainsi séparément peut exister séparément, du moins pour une puissance qui n'aurait qu'à le vouloir : rien dans la nature de la pensée n'exige un corps.

Donc Donc l'âme et le corps sont réellement distincts : l'un pourrait subsister sans l'autre, quoi qu'il en soit de leur union présente.

À quel point ce raisonnement vous convainc-t-il ?

Pas du tout
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