Philosophes

Thomas Nagel

Il cherche quelle place garder au point de vue dans un monde que la science décrit sans lui : l'objectivité s'obtient en s'éloignant du sujet, et c'est justement le sujet qu'il s'agissait d'expliquer.

Américain

Philosophe analytique américain, connu pour ses analyses de la subjectivité (« Quel effet cela fait-il d'être une chauve-souris ? »), de la chance morale, et du conflit entre point de vue personnel et point de vue impersonnel, sur la mort comme sur le sens et la justice.

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Rapport au mondeDualisme des propriétésÉmergentisme2SUR 80 AXES3% couvert
rayon ∝ engagement○ bord = non couvert
Rapport au vraiCe que l'on peut connaître0/0 positionnés
aucune position enregistrée
Rapport à soiQui je suis, comment vivre0/0 positionnés
aucune position enregistrée
Rapport aux autresCe que nous nous devons0/0 positionnés
aucune position enregistrée
Rapport au mondeCe qu'il y a2/2 positionnés
Majeur
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Justification

Nagel conteste que l'analyse en constituants physiques puisse tout épuiser. Comment la matière produit-elle des êtres conscients ? Une explication réussie du vivant et du mental devrait rendre intelligible que la matière produise des êtres conscients ; or décrire les parties et leurs interactions laisse précisément cela inexpliqué. Son anti- appelle donc des principes d'un autre ordre, sans qu'il prétende les avoir trouvés. L'hypothèse d'une téléologie naturelle qu'il avance alors, en la donnant pour spéculative, a été largement rejetée, y compris par des lecteurs qui partagent son refus du réductionnisme.

Le Point de vue de nulle part (1986) · Mind and Cosmos (2012)

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Justification

Nagel tient qu'un organisme est conscient s'il y a un effet que cela fait d'être cet organisme, et que ce caractère subjectif est lié à un point de vue : c'est ce que met en scène son , en 1974. Toute réduction procède en s'éloignant du point de vue pour gagner en objectivité ; appliquée à l'expérience, la démarche supprime justement ce qu'il fallait expliquer. Il en tire un refus du , mais non un : il soutient que nous n'avons pas les concepts nécessaires, et qu'il ne voit pas comment le physicalisme pourrait être vrai, sans le déclarer faux pour autant. Son essai de 1979 examine, sans y souscrire fermement, l'hypothèse d'une nature intrinsèque commune au mental et au physique, plus proche d'un monisme neutre que d'un dualisme des propriétés assumé ; son livre de 2012 avance une autre conjecture, celle d'une tendance orientée inscrite dans la nature, qu'il donne lui-même pour spéculative.

Je veux savoir ce que cela fait, pour une chauve-souris, d'être une chauve-souris.« Quel effet cela fait-il d'être une chauve-souris ? », The Philosophical Review, vol. 83, n° 4 (1974), p. 439

« Quel effet cela fait-il d'être une chauve-souris ? » (1974) · « Panpsychism » (1979) · Mind and Cosmos (2012)