Rapport à soi· Bonheur et désir
Eudémonisme
Axe: Souverain bien — Qu'est-ce qui rend une vie véritablement bonne : le plaisir, l'épanouissement ou la vertu ?
Le souverain bien est l'épanouissement de l'être humain dans toutes ses dimensions : exercer ses capacités, accomplir sa fonction propre, mener une vie pleinement réalisée. Le plaisir accompagne cette vie réussie, mais il n'en est pas le but.
Courants 8
Scepticismeexplicite
Ce qui tourmente l'homme, soutient le sceptique, n'est pas l'événement mais l'opinion qu'il porte sur lui, le jugeant bon ou mauvais par nature : qui poursuit ce qu'il croit un bien et fuit ce qu'il croit un mal ne connaît plus le repos. Dès lors, suspendre cette opinion, c'est désamorcer le trouble à sa source. L' n'est donc pas un but que le sceptique vise directement, ce qui le rendrait à nouveau dépendant : elle survient par surcroît, comme le fruit inattendu de l'. C'est là le paradoxe de l'école : on atteint la sérénité en renonçant à la chercher dans un savoir du bien.
Sextus Empiricus, Esquisses pyrrhoniennes, I, 25-30 · Diogène Laërce, Vies, IX, 107-108
Aristotélismeexplicite
L'argument procède de la fonction propre : comme le bien du flûtiste tient à bien remplir sa fonction, le bien de l'homme tient à l'activité qui lui est spécifique, l'exercice de la raison, que ne partagent ni la plante ni l'animal. Le souverain bien ne peut donc être le plaisir, que poursuit toute bête, contre l' ; ni un bien extérieur comme l'honneur, qui dépend d'autrui. C'est l', activité de l'âme conforme à la vertu : un accomplissement actif, et non un état possédé, qui se déploie sur toute une vie et requiert aussi des biens du corps et de la fortune.
Aristote, Éthique à Nicomaque, I, 7 · Thomas d'Aquin, Somme théologique, I-II, q. 1-5
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Marxismeinférable
Le marxisme situe le bien dans l'épanouissement humain : non le plaisir ni la vertu privée, mais le libre développement des facultés et des besoins de chacun, rendu possible par l'abolition de l'aliénation et de l'exploitation. La société visée est celle où le libre épanouissement de chacun est la condition du libre épanouissement de tous.
Marx, Manuscrits de 1844 · Marx et Engels, Manifeste du parti communiste
Pragmatismeinférable
Pour le pragmatisme, le bien n'est pas une fin fixe à contempler mais la croissance elle-même : l'enrichissement continu de l'expérience, le développement des capacités, la résolution intelligente des problèmes qui rend la vie plus pleine. Dewey récuse l'idée d'un souverain bien immuable au profit d'un épanouissement ouvert et révisable.
Dewey, Reconstruction en philosophie · Dewey, Démocratie et éducation
Taoïsmeinférable
Le bien taoïste est l'épanouissement par l'accord avec le Tao : suivre sa nature spontanée (ziran), agir sans forcer (wu-wei), goûter la simplicité et le contentement. Ce n'est ni la vertu confucéenne ni la poursuite des plaisirs, mais une vie aisée et accordée, où la santé, la longévité et la paix intérieure naissent de l'harmonie avec le cours des choses.
Laozi, Dao De Jing · Zhuangzi
Empirismeinférable
L'empirisme moral, de Hume aux utilitaristes, mesure la vie bonne à l'expérience : un mélange équilibré de plaisirs, d'activité utile et de relations agréables. La vertu y vaut par ses effets, son utilité et son agrément, non pour elle-même ; l'ascétisme qui sacrifie le bonheur sensible est récusé comme contraire à la nature.
Hume, Enquête sur les principes de la morale · Mill, L'Utilitarisme
Existentialismeinférable
L'existentialisme ne reçoit pas le bien d'une nature ou d'un ciel des valeurs : la vie réussie est l'existence authentique qui assume sa liberté et se réalise dans des projets choisis. Cette auto-réalisation porte une exigence quasi morale, l'authenticité et la responsabilité contre la mauvaise foi, sans se confondre avec un plaisir ni une vertu codifiée.
Sartre, L'existentialisme est un humanisme · Beauvoir, Pour une morale de l'ambiguïté
Rationalismeinférable
Les rationalistes convergent vers un souverain bien intellectuel : la perfection et la joie de l'âme qui connaît. Le contentement ferme de Descartes, la béatitude de Spinoza comme amour intellectuel de Dieu, la perfection croissante chez Leibniz placent la vie bonne dans l'exercice accompli de la raison, où s'unissent épanouissement et vertu, plus que dans le plaisir.
Spinoza, Éthique, V · Descartes, Les passions de l'âme · Leibniz, Monadologie
Philosophes 13
Sextus Empiricusexplicite
La fin que vise le sceptique est , l'absence de trouble dans les opinions, accompagnée de la , la modération des affections inévitables. Mais le trait remarquable est qu'elle n'est pas poursuivie comme un bien par nature, ce qui serait déjà une thèse dogmatique : Sextus rapporte que la tranquillité survient à qui suspend son jugement, comme l'ombre suit le corps, par une chance que le sceptique constate après coup. Ce n'est ni l'hédonisme du plaisir ni le perfectionnisme de la vertu, mais une forme de vie heureuse obtenue par soustraction, en cessant de tenir les choses pour bonnes ou mauvaises en elles-mêmes.
Esquisses pyrrhoniennes, I, 25-30 (le but du scepticisme)
Aristoteexplicite
Si toute action vise une fin, et que les fins s'enchaînent comme moyens, il faut, sous peine de régression à l'infini, une fin dernière voulue pour elle-même et jamais en vue d'autre chose : ce bien suffisant, c'est . Reste à savoir en quoi elle consiste, et c'est l'argument de la fonction propre (ergon) qui tranche : comme le flûtiste a son excellence, l'homme a la sienne, l'activité de la part rationnelle de l'âme accomplie selon la vertu. Le bonheur n'est donc ni le plaisir, ni l'honneur, ni la richesse, mais une activité excellente déployée sur une vie entière, dont la forme la plus haute est la contemplation.
Éthique à Nicomaque, I, 7 (1097b) · Éthique à Nicomaque, X, 7
Pyrrhonexplicite
La troisième question du témoignage donne la fin visée : à qui tient les choses pour indéterminées et renonce à se prononcer, il advient d'abord (ne rien dire), puis , l'absence de trouble. Le bien suprême n'est donc ni le plaisir ni la vertu, mais une paix obtenue par soustraction : c'est en cessant de croire les choses bonnes ou mauvaises par nature qu'on cesse de les poursuivre ou de les fuir, et que le trouble tombe. aurait comparé cette imperturbabilité à la quiétude du sage que rien n'atteint. La part eudémoniste demeure, car la tranquillité est bien l'épanouissement recherché, mais sans la fonction propre ni l'excellence de la vie réussie aristotélicienne.
Aristoclès (d'après Timon), cité par Eusèbe, Préparation évangélique, XIV, 18 · Diogène Laërce, Vies des philosophes, IX, 107-108
Nietzscheexplicite
Nietzsche raille aussi bien le bonheur-plaisir des utilitaristes que la morale du devoir : le bien n'est ni la jouissance ni la vertu désintéressée. Il est l'élévation de la vie, l'épanouissement de la puissance et le dépassement de soi, la grande santé de qui ose se créer et dire oui à l'existence. Un eudémonisme transvalué, où la réussite se mesure à la force et à la grandeur, non au confort.
Crépuscule des idoles, Maximes et traits · Le Gai Savoir, IV-V · Ainsi parlait Zarathoustra
Śaṅkaraexplicite
Le bien suprême est la (mokṣa), comprise comme reconnaissance de l'identité du soi et de l'absolu : non un plaisir, non même une vertu pour elle-même, mais l'accomplissement de ce que l'on est déjà. Cette délivrance est décrite comme félicité (ānanda), béatitude qui est la nature même du : on est tout près d'un eudémonisme, le souverain bien étant la plénitude réalisée de l'être. La part de perfectionnement subsiste, car la voie exige discipline, renoncement et purification du mental, mais ces moyens ne créent pas la délivrance : ils écartent ce qui la voilait.
Commentaire sur la Taittirīya Upaniṣad (sur l'ānanda) · Upadeśasāhasrī
Spinozaexplicite
Le sommet de la connaissance, le troisième genre, saisit les choses en Dieu ; cette engendre nécessairement une joie rapportée à sa cause, l'. D'où le renversement propre à Spinoza : la béatitude n'est pas le prix de la vertu, mais la vertu même, car connaître adéquatement, c'est déjà être puissant et libre.
Éthique, V, prop. 32-36 (amour intellectuel de Dieu, béatitude) · Éthique, V, prop. 42 (la béatitude n'est pas le prix de la vertu mais la vertu même)
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Marxinférable
Pour Marx, la vie bonne n'est ni la quête du plaisir ni l'observance d'une vertu, mais le plein épanouissement de l'homme : le libre déploiement de ses puissances et de ses besoins, l'activité créatrice non aliénée. La richesse véritable est celle d'individus développés de façon universelle, ce que seule une société débarrassée de l'exploitation rend possible.
Manuscrits de 1844 · Grundrisse
Descartesinférable
Descartes ne développe pas d'éthique systématique, mais la morale par provision et l'analyse de la dans font tenir le souverain bien dans le bon usage du et la fermeté du jugement, source d'une satisfaction intérieure stable proche d'un de la maîtrise de soi.
Discours de la méthode, III · Les passions de l'âme, art. 153-156 et 212
Beauvoirinférable
Le bien, pour Beauvoir, n'est ni le plaisir ni une nature à accomplir, mais l'existence authentique qui assume sa liberté et se réalise dans des projets ouverts. Cette réalisation de soi est inséparable d'une exigence morale : vouloir sa propre liberté, c'est vouloir aussi celle d'autrui. Auto-réalisation et valeur de la liberté s'y nouent, contre la démission du sérieux.
Pour une morale de l'ambiguïté
Humeinférable
Hume dessine une vie bonne sociable et tempérée : un mélange de plaisirs délicats, d'activité, d'amitié et de bienveillance. La vertu elle-même n'a de prix que par ce qu'elle a d'utile et d'agréable, à soi et aux autres ; les vertus monacales, jeûne et mortification, sont rejetées comme inutiles et donc vicieuses. Ni rigorisme ni pur hédonisme, mais un épanouissement humain naturel.
Enquête sur les principes de la morale, IX · Traité de la nature humaine, III
Leibnizinférable
Le bonheur consiste dans un progrès continuel vers de nouveaux plaisirs et de nouvelles perfections : la félicité n'est pas un état mais un chemin () où l'esprit s'accroît en connaissance et en puissance (perfectionnisme). Le plaisir y est intégré, mais comme sentiment d'une perfection, non comme fin sensible, d'où un poids hédoniste mineur.
Principes de la nature et de la grâce, §18 (le bonheur, progrès perpétuel vers de nouveaux plaisirs) · Nouveaux essais, II, 21 (la félicité, route plutôt que demeure)
Sartreinférable
Faute de valeurs données, le bien ne se reçoit pas, il se fait : c'est l'existence authentique qui assume sa liberté et son projet sans se réfugier dans la mauvaise foi ni dans une essence rassurante. La vie réussie est celle qui se réalise lucidement dans l'action et l'engagement, plus qu'une vertu codifiée ou un plaisir poursuivi.
L'existentialisme est un humanisme · L'Être et le Néant, IV
Zhuangziinférable
Le souverain bien de Zhuangzi est la (xiaoyao you) : une vie déprise des honneurs, des charges et des classements, qui se réjouit de ce qui vient et joue avec les métamorphoses du monde. Refusant la cour qui lui offre un ministère pour rester « tortue qui traîne sa queue dans la boue », il ne vise ni le plaisir accumulé ni l'accomplissement d'une fonction, mais une joie sans objet, l'aisance de qui ne s'agrippe à rien. Cette félicité n'est pas l' grec d'une vie réussie selon une nature à parfaire, mais elle en partage l'idée d'un épanouissement, teinté d'un goût très vif pour la jubilation de l'instant.
Zhuangzi, ch. 1 (Libre errance) · Zhuangzi, ch. 17 (la tortue dans la boue)
Personnages 1
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Ulysseinférable
Pour Ulysse, le bien d'une vie n'est ni le plaisir ni l'oubli bienheureux qu'offre Calypso, mais l'accomplissement de sa propre vie : redevenir pleinement qui il est, roi, époux et père, dans sa maison retrouvée. Il quitte la volupté immortelle pour cette tâche d'une existence menée à son terme et à sa forme, plus proche d'un concret, l'épanouissement d'une vie entière, que d'une simple recherche du plaisir.
Odyssée, V, 203-224 (le refus de Calypso) · Odyssée, XIII-XXIII (la reconquête de son foyer)
Argument
- Pour un flûtiste, un sculpteur, un artisan, le bien et le « bien faire » tiennent à leur fonction propre, à l'œuvre qu'ils sont seuls à pouvoir accomplir. Demandons de même : l'homme, en tant qu'homme, a-t-il une œuvre propre ?
- Ni la simple vie, qu'il partage avec les plantes, ni la sensation, qu'il partage avec les animaux, ne lui sont propres : ce qui l'est, c'est l'activité de l'âme selon la raison, la vie d'un être capable de délibérer et de donner forme à sa conduite.
- Or le bien d'une chose est d'accomplir excellemment sa fonction propre. Le bien de l'homme est donc l'exercice de cette activité rationnelle selon l'excellence qui lui convient, la vertu, et cela non un jour, mais tout au long d'une vie.
Donc Donc le souverain bien n'est ni le plaisir ni la vertu prise à part, mais l' : l'activité entière d'une vie humaine menée excellemment, le plaisir la couronnant sans en être le but.
Voir la pageObjectionAttaque la position
- La voie de l'accomplissement fait du bien le plein déploiement de soi : développer ses talents, mener ses projets, devenir tout ce qu'on peut être.
- Mais dans le sport comme ailleurs, cet accomplissement se mesure vite à la réussite : au chrono, au rang, à la médaille. Or le rang est sans repos, le record battu devient le nouveau plancher, et il y aura toujours plus fort. On ne se réalise plus, on se compare.
- Se comparer, c'est suspendre sa valeur au regard et à la défaite des autres. nommait cette passion de valoir plus que le voisin, qu'il opposait à l'amour de soi, simple souci de vivre. Elle ne connaît pas de satiété, car son objet n'est pas un bien à atteindre, mais un écart à maintenir.
- L'accomplissement se retourne alors en : non plus déployer ce qu'on est, mais prouver sans cesse qu'on vaut, sous le regard d'un juge, soi ou autrui, que rien ne contente.
Donc Donc faire de la réussite l'accomplissement de soi, c'est troquer une fin qu'on atteint contre une comparaison qui recule toujours : on ne se réalise pas, on s'épuise à ne pas décrocher.
Voir la pageObjectionAttaque le raisonnement
- L'argument tire le bien de l'homme de sa « fonction propre », comme on tire le bien du couteau de l'usage pour lequel il est fait.
- Mais un outil a une fonction parce qu'un artisan l'a conçu dans un but ; un organe, parce qu'il sert la vie de l'organisme. L'homme en tant que tel a-t-il, de la même manière, une tâche qui lui serait assignée d'avance ?
- Si l'homme n'a pas de nature fixée avant d'exister, s'il commence par n'être rien et se fait lui-même, alors il n'y a pas d'« œuvre de l'homme » d'où déduire son bien : à chacun d'inventer ce qui, pour lui, fait une vie accomplie.
Donc Donc l'argument suppose ce qu'il devrait prouver, que l'homme a une fonction propre : ôtez cette prémisse, et l'épanouissement cesse d'être une mesure donnée pour devenir une œuvre à inventer.
Voir la pageObjectionAttaque la position Expérience de pensée
- L'épanouissement, l'eudémoniste le reconnaît, réclame aussi certains biens extérieurs : la santé, des amis, de quoi vivre, un peu de bonne fortune.
- Mais alors le souverain bien dépend de ce que nul ne maîtrise : la maladie, l'exil, la mort des proches peuvent le briser, comme le vieux roi Priam qui perd tout à la fin de sa vie.
- Une fin dernière qu'un coup du sort peut arracher n'est pas pleinement nôtre : on aurait bâti sa vie sur ce que la fortune prête et reprend.
Donc Donc ou bien le souverain bien reste otage de la fortune, ou bien il faut le chercher du côté de ce qui, seul, dépend entièrement de nous.
Voir la pageSe mesurer à soi seulHabitudeInspirée de Sénèque
Ne te compare qu'à celui que tu étais hier.
S'accomplir, c'est déployer ce qu'on peut, non l'emporter sur autrui. conseillait de mesurer ses progrès à soi-même, en se comparant à ce qu'on était plutôt qu'aux autres. Transposé au sport, c'est se donner pour seul juge son propre chemin : le geste appris, l'endurance gagnée, la peur surmontée, sans jamais rafraîchir le classement.
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Une vie de plaisir parfait mais entièrement simulée serait-elle le souverain bien, ou la vie la plus haute exige-t-elle le contact avec le réel, et non le seul sentiment du bonheur ?
une vie - PrescriptifVitaleDésirer ou ressentir
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une vie - PrescriptifVitaleCe qu'on veut ou ce qui est bon
Le bien-être dépend-il entièrement de ce que chacun désire ou ressent, ou certaines choses, comme la santé, l'amitié ou la connaissance, sont-elles bonnes pour nous que nous les voulions ou non ?
le bien-être - PrescriptifMorale Expérience de penséeLa vertu face au malheur
Sa vie fut-elle, malgré tout, une vie bonne ? Autrement dit : le bonheur est-il à l'abri de l'infortune, ou peut-il nous être arraché ?
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Entre la vie de plaisir, la vie active tournée vers la cité et la vie contemplative, laquelle mérite le nom de vie la plus haute ?
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l'activité de l'âme, la satisfaction des désirs - PrescriptifExistentielleVocation ou invention de soi
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L'épanouissement se suffit-il à lui-même, ou réclame-t-il des amis et une cité, au point qu'on ne saurait être pleinement heureux à l'écart des autres ?
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