Voir l'axe · Souverain bien

Argument

L'argument de la fonction (ergon)

Comme le bon flûtiste est celui qui joue bien, l'homme bon est celui qui accomplit bien ce qui fait l'homme : c'est là son bien.

Soutient

Aristote ·

  1. Pour un flûtiste, un sculpteur, un artisan, le bien et le « bien faire » tiennent à leur fonction propre, à l'œuvre qu'ils sont seuls à pouvoir accomplir. Demandons de même : l'homme, en tant qu'homme, a-t-il une œuvre propre ?
  2. Ni la simple vie, qu'il partage avec les plantes, ni la sensation, qu'il partage avec les animaux, ne lui sont propres : ce qui l'est, c'est l'activité de l'âme selon la raison, la vie d'un être capable de délibérer et de donner forme à sa conduite.
  3. Or le bien d'une chose est d'accomplir excellemment sa fonction propre. Le bien de l'homme est donc l'exercice de cette activité rationnelle selon l'excellence qui lui convient, la vertu, et cela non un jour, mais tout au long d'une vie.

Donc Donc le souverain bien n'est ni le plaisir ni la vertu prise à part, mais l' : l'activité entière d'une vie humaine menée excellemment, le plaisir la couronnant sans en être le but.

À quel point ce raisonnement vous convainc-t-il ?

Pas du tout
Tout à fait
Approfondissements
Pourquoi la raison, et non la vie ou la sensation
  1. écarte la vie nutritive et la sensation non par mépris, mais par méthode : ce qui définit le bien propre d'un être, c'est ce qu'il ne partage avec nul autre. Croître, se nourrir : les plantes le font ; sentir, se mouvoir : les bêtes aussi.
  2. Reste en propre à l'homme la part de l'âme qui possède la raison et celle qui peut lui obéir. C'est donc dans une vie guidée par la raison, non dans ce que nous avons de commun avec le reste du vivant, que se joue notre accomplissement.

À quel point ce raisonnement vous convainc-t-il ?

Pas du tout
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