Rapport à soi· Exister
Se libérer de la crainte
Axe: La mort — Quelle attitude adopter face à la mort ?
La peur de la mort est un mal plus sûr que la mort elle-même : elle empoisonne la vie entière. Il faut la guérir par la compréhension, en pensant la mort jusqu'au bout pour découvrir qu'elle n'est rien pour nous, ou qu'elle est le cours même de la nature ; l'esprit libéré de cette crainte peut enfin jouir de ce qui est.
Courants 7
Épicurismeexplicite
Tout bien et tout mal résident dans la sensation, et la mort est précisément privation de toute sensation : la physique le garantit, puisque l'âme, faite d'atomes subtils, se disperse quand le corps se défait. De là l'argument décisif : la mort n'est rien pour nous, car tant que nous sommes là, la mort n'y est pas, et quand la mort est là, nous n'y sommes plus ; le sujet qui pourrait pâtir et l'événement redouté ne coexistent jamais. La peur de la mort vise donc un néant et repose sur l'illusion d'assister encore à sa propre absence. Cela vise les terreurs de l'au-delà, châtiments et survie, que l'épicurisme tient pour des fictions sans objet : il n'y a pas de durée infinie à craindre, et une vie limitée mais sans angoisse vaut une éternité.
Épicure, Lettre à Ménécée, 124-125 · Lucrèce, De la nature des choses, livre III
Stoïcismeexplicite
La mort est un processus naturel, conforme à l'ordre du cosmos, et donc un qu'il ne faut pas craindre. La méditation de la mort (la prémeditation des maux et le memento mori) sert à libérer la vie présente de l'angoisse plutôt qu'à promettre une survie. Marc Aurèle y voit la simple dissolution des éléments dans le tout.
Sénèque, Lettres à Lucilius, 26 · Marc Aurèle, Pensées pour moi-même, II, 17
Taoïsmeexplicite
Les trois pôles de cet axe cernent mal la vision taoïste : la mort n'y est ni néant à apprivoiser ni promesse d'immortalité de l'âme, mais un simple moment de la transformation universelle, comparable au passage des saisons. À la mort de sa femme, Zhuangzi cesse de pleurer et chante en battant la mesure sur une jarre, comprenant qu'elle dort désormais dans la grande chambre du cosmos. La crainte de la mort s'y dissout dans le consentement au changement.
Zhuangzi, ch. 18 (La joie parfaite) · Zhuangzi, ch. 6 (Le grand maître vénérable)
Confucianismeexplicite
Le confucianisme détourne de la spéculation sur l'au-delà pour reporter le soin sur la vie et les devoirs présents, mais entoure la mort de rites et perpétue le culte des ancêtres. Les défunts demeurent ainsi présents dans la mémoire et la piété de la lignée : non un anéantissement à craindre, ni vraiment une survie de l'âme, mais une continuité par la piété filiale et la transmission.
Entretiens (Lunyu) ; Classique de la piété filiale
Afficher les positions inférées (3)
Cynismeinférable
Les cyniques affichent une indifférence provocante envers la mort : Diogène, dit-on, demande qu'on jette son cadavre par-dessus le mur pour les bêtes, raillant le soin des sépultures, puisqu'il ne sera plus là pour rien sentir. La mort n'est rien qui doive troubler le sage autosuffisant, et la crainte qu'on en a relève des conventions vaines qu'il s'agit justement de défaire.
Diogène Laërce, Vies, VI
Utilitarismeinférable
L'utilitarisme, naturaliste et séculier, ne s'appuie sur aucune doctrine ferme de l'au-delà : Bentham tient la mort pour la simple cessation de la sensibilité, Mill laisse l'immortalité indécidable. La mort est donc avant tout la fin de la capacité de plaisir et de peine, ce qui justifie qu'on cherche à la retarder et à en réduire les souffrances, plus qu'à l'investir de sens.
Bentham, Auto-Icon ; Mill, Trois essais sur la religion
Aristotélismeinférable
L'aristotélisme tient la mort pour la fin naturelle du composé d'âme et de corps : un mal réel, qui prive de tous les biens, mais à affronter avec courage plutôt qu'à fuir ou à nier. Sauf l'intellect, dont l'éternité reste impersonnelle, rien de la personne ne survit : une finitude lucide, qui reconnaît à la mort sa gravité sans en faire ni un rien ni un passage.
Aristote, Éthique à Nicomaque, III
Philosophes 17
Épicureexplicite
L'argument repose sur deux prémisses tirées de la physique : tout bien et tout mal résident dans la sensation, et la mort, dissolution des atomes de l'âme, est précisément privation totale de sensation. Il s'ensuit que la mort ne peut être un mal pour personne, car le sujet qui en pâtirait n'existe jamais en même temps qu'elle : tant que nous sommes, elle n'est pas là ; quand elle est là, nous ne sommes plus. La peur de mourir vise donc un néant, et craindre un état où l'on ne sera pas est aussi vain que de s'affliger du temps d'avant sa naissance. Ce raisonnement, deuxième volet du , retire son objet à l'angoisse qui, selon Épicure, empoisonne toute la vie.
Lettre à Ménécée, 124-125 · Maximes capitales, II
Lucrèceexplicite
Puisque l'âme est corporelle et naît, croît et vieillit avec le corps, elle se dissout avec lui : tout sentir cesse alors, et un sujet qui n'est plus ne peut éprouver aucun mal. La mort n'est donc rien pour nous, conclusion qu'Épicure tenait déjà ; mais Lucrèce y consacre tout le livre III et en fait une longue consolation, multipliant les preuves de la mortalité de l'âme et l'argument de la symétrie : nous ne nous affligeons pas du néant d'avant notre naissance, pourquoi craindre celui d'après notre mort, qui lui ressemble en tout ? Vouloir survivre est se contredire, car le mort n'aura plus de manque ni de regret. La consolation s'élargit à une réplique à la nature elle-même, qui reproche aux vivants leur ingratitude et leur soif de durer.
De la nature des choses, III, 417-829 (l'âme mortelle ; la mort n'est rien pour nous) · De la nature des choses, III, 830-1094 (l'argument de la symétrie ; la diatribe de la Nature)
Humeexplicite
Hume réfute l'immortalité de l'âme sur tous les plans, métaphysique, moral et physique : rien n'autorise à croire que la conscience survive à la dissolution du corps. Il affronte d'ailleurs sa propre fin avec une sérénité enjouée, sans crainte ni espérance d'au-delà. La mort est le terme naturel, et la redouter n'a pas plus de sens que de regretter de n'avoir pas existé avant de naître.
De l'immortalité de l'âme
Sénèqueexplicite
La mort n'étant que le terme naturel d'un emprunt rendu à la nature, le mal n'est pas en elle mais dans la crainte qu'on en a, crainte qui asservit toute la vie à son ombre. Sénèque renverse alors la peur en instrument de liberté : qui s'exerce chaque jour à mourir, et tient pour ouverte la porte de la sortie volontaire, ne peut plus être contraint par rien ni par personne. La méditation de la mort n'est donc pas morbide mais émancipatrice, et elle vaut moins pour l'au-delà, qu'il n'attend pas, que pour rendre au présent tout son prix.
Lettres à Lucilius, XXVI et LXX (s'exercer à la mort) · Lettres à Lucilius, IV (méditer la mort, c'est méditer la liberté)
Zhuangziexplicite
À la mort de sa femme, Zhuangzi chante en battant la mesure sur une jarre : pleurer serait ignorer le cours des choses. La mort n'est pas un néant à craindre ni le passage vers une âme immortelle, mais un moment de la incessante (hua) : les souffles se nouent en vie comme les saisons se succèdent, puis se dénouent et se reforment ailleurs. Qui sait si le mort ne se félicite pas, comme un exilé enfin rentré ? Cette sérénité par insertion dans le grand passage des formes croise l'apaisement épicurien, mais il s'y mêle l'idée que la matière vivante se recompose sans fin, ce qui n'est ni vraiment une extinction ni une immortalité personnelle.
Zhuangzi, ch. 18 (Parfaite joie) · Zhuangzi, ch. 6 (Le grand maître)
Michel de Montaigneexplicite
Le jeune Montaigne, suivant et , tient que « philosopher c'est apprendre à mourir » : préméditer sans cesse la mort pour la désarmer. Le Montaigne mûr renverse ce stoïcisme volontariste : à trop penser la mort, on s'empoisonne la vie. Mieux vaut s'en remettre à la nature, qui « vous apprendra suffisamment » à mourir le moment venu, comme les paysans le font sans philosophie. La mort cesse d'être une épreuve à préparer pour devenir un terme naturel à accueillir sans le craindre, dans une sérénité de coloration épicurienne plus que d'espérance d'au-delà.
Essais, I, 20, « Que philosopher c'est apprendre à mourir » et III, 12, « De la physionomie »
Sartreexplicite
Sartre récuse explicitement l'être-pour-la-mort de Heidegger : loin d'être ma possibilité la plus propre, qui donnerait sens à ma vie, la mort est un fait absurde et extérieur, la pure suppression de mes possibles. Elle ne s'attend ni ne s'assume comme mienne, elle me livre au regard d'autrui. Le sens vient de la liberté en cours, jamais de la mort, qu'il s'agit moins d'apprivoiser que de ne pas laisser commander la vie.
L'Être et le Néant, IV (Ma mort)
Épictèteexplicite
La mort « n'est rien de terrible », mais une opinion qui la rend telle : c'est un événement naturel, le retour des éléments au tout, qu'il faut tenir devant les yeux chaque jour sans le craindre. Le ton rejoint la sérénité épicurienne face à la mort, avec une coloration cosmique stoïcienne plutôt qu'une véritable immortalité personnelle.
Manuel, §5 et §21 · Entretiens, III, 24
Marc Aurèleexplicite
Si tout, dans le cosmos, naît du changement et y retourne, la mort n'est qu'une transformation parmi d'autres, la dissolution des éléments dans le tout d'où ils venaient : rien de ce qui est conforme à la ne saurait être un mal. Mais Marc Aurèle ne se contente pas d'en désamorcer la terreur ; il la tient chaque jour devant les yeux pour gouverner l'action présente, de sorte que la conscience aiguë de la mort, plus qu'une consolation, devient l'aiguillon d'une vie droite. Sa note propre est l'image du fruit mûr : quitter la vie comme l'olive tombe, en bénissant la terre qui l'a portée.
Pensées pour moi-même, II, 17 · Pensées pour moi-même, IV, 48 · Pensées pour moi-même, IX, 3
Confuciusexplicite
Interrogé sur la mort et les esprits, Confucius détourne vers la vie : tu ne sais pas encore servir les vivants, comment saurais-tu servir les morts ?. Il écarte la spéculation sur l'au-delà sans la nier, et reporte le soin sur la conduite présente. Mais le culte des ancêtres maintient une continuité : les morts demeurent présents par la mémoire et les rites, une forme de survie dans la lignée.
Entretiens (Lunyu), XI.12
Schopenhauerexplicite
Triple consolation contre la peur de la mort : l'argument de symétrie, l'état d'après notre mort n'est autre que celui d'avant notre naissance, donc indifférent ; la mort comme « muse de la philosophie », sans laquelle on ne philosopherait guère ; l'indestructibilité de notre être en soi, le vouloir, qui ne connaît ni temps ni fin, sans pour autant qu'aucune personne survive.
Le Monde comme volonté et comme représentation, t. II, chap. 41, « Sur la mort »
Afficher les positions inférées (6)
Benthaminférable
Matérialiste et ennemi des fictions, Bentham ne reconnaît aucun au-delà : la mort est la simple cessation de la sensibilité, donc ni à craindre ni à entourer de superstitions. Il pousse la conséquence jusqu'à léguer son corps à la science et le faire conserver en auto-icône, geste lucide contre la terreur religieuse de la mort.
Auto-Icon ; or, Farther Uses of the Dead to the Living
Diogène de Sinopeinférable
Diogène affiche une indifférence provocante envers la mort : il demande, dit-on, qu'on jette son cadavre par-dessus le mur pour les bêtes, et raille le soin des sépultures, puisqu'il ne sera plus là pour rien sentir. La crainte de mourir relève des conventions vaines qu'il s'agit précisément de défaire ; la mort n'est rien qui doive troubler le sage autosuffisant. La sérénité rejoint le ton épicurien, sans aucune promesse d'immortalité personnelle.
Diogène Laërce, Vies, VI, 79
Millinférable
Mill juge l'immortalité de l'âme ni prouvable ni réfutable par la raison : l'expérience plaide plutôt pour la fin de la conscience avec le corps, mais la question reste ouverte. Il concède que l'espérance d'une vie future, sans fondement assuré, peut avoir une valeur pour la conduite, sans qu'on puisse s'y appuyer comme sur un savoir.
Trois essais sur la religion (Théisme)
Spinozainférable
Pour l'homme libre, la crainte de mourir est une passion née d', à dissoudre par la connaissance : l'homme libre ne pense à rien moins qu'à la mort. L'éternité de l'esprit qu'il évoque n'est pas une survie personnelle dans la durée, d'où une part résiduelle d'immortalisme. Et si tout être s'efforce de persévérer dans l'être (conatus), ce refus métaphysique de sa propre destruction reste second devant la sérénité du sage.
Éthique, IV, prop. 67 · Éthique, V, prop. 38-39
Socrateinférable
Craindre la mort, dit Socrate, c'est se croire savant sans l'être, car nul ne sait si elle est un mal. De deux choses l'une : ou bien elle est un sommeil sans rêve, et c'est un gain, ou bien elle est un voyage de l'âme vers les morts, et c'est un bonheur ; dans les deux cas l'homme de bien n'a rien à redouter. La démonstration de l'immortalité viendra de Platon ; chez Socrate, la position reste suspendue entre ces deux espérances.
Platon, Apologie, 40c-41c (les deux hypothèses sur la mort)
Aristoteinférable
Aristote tient la mort pour la plus redoutable des choses, car elle est la fin et prive de tous les biens : c'est un mal réel, non un rien, devant lequel le courage trouve son sens en l'affrontant sans le fuir. L'âme, forme du corps, périt avec lui pour l'essentiel, seul l'intellect (nous) pouvant être tenu pour éternel, mais de façon impersonnelle. D'où une finitude assumée, teintée de la gravité d'une perte.
Éthique à Nicomaque, III, 6 et 9 · De l'âme, III, 5
Personnages 1
Meursaultexplicite
Partie II, chapitre 5
Argument
- Un mal n'est un mal que pour quelqu'un qui l'éprouve : la douleur, la perte, la peur supposent un sujet présent pour les ressentir.
- Or dans la mort, il n'y a plus personne : « tant que nous sommes, la mort n'est pas là ; quand la mort est là, nous ne sommes plus ». Il n'y a donc nul sujet à qui elle puisse nuire.
- ajoute une symétrie : l'éternité qui a précédé notre naissance ne nous afflige pas ; pourquoi celle qui suivra notre mort, qui lui ressemble en tout, nous effraierait-elle ?
Donc Donc craindre la mort est sans objet : s'en délivrer permet de jouir sereinement de la vie présente.
Voir la pageObjection
- L'argument épicurien traite la peur de la mort comme une erreur de raisonnement : qui comprend que « la mort n'est rien pour nous » devrait la voir s'évanouir d'elle-même.
- Mais cette peur n'est pas une simple opinion : c'est l'attachement du vivant à sa propre existence, plus ancien que tout raisonnement et plus obstiné que lui. On peut accorder la conclusion et trembler encore.
- L'expérience le confirme : nul ne contemple sa disparition comme une vérité de géométrie. Ce que l'on redoute n'est pas un état pénible, c'est de ne plus être du tout, et nulle démonstration n'a prise sur ce vertige.
Donc Donc la sérénité promise pourrait n'être qu'une victoire de mots : l' raisonnée laisse parfois intacte l'angoisse qu'elle prétend guérir.
Voir la pageObjection
- Tous les maux ne sont pas des douleurs ressenties : être trahi à son insu, ou voir ses œuvres ruinées après sa mort, nous lèse sans que nous l'éprouvions.
- Or la mort nous retranche tout ce que nous aurions vécu de bon : c'est une privation, et une privation peut être un mal même si nul ne reste pour la sentir.
- La symétrie avec le temps d'avant la naissance ne tient pas : ce qui me précédait ne pouvait rien m'ôter, tandis que la mort interrompt une vie déjà en cours, riche de projets qu'elle réduit à néant.
Donc Donc l'indifférence épicurienne va trop loin : il reste raisonnable de tenir la mort pour une perte véritable.
Voir la pageMemento mori : se souvenir de la mortHabitudeAttestée · Stoïcisme et épicurisme
Souviens-toi que tu mourras, pour rendre ce jour plus dense.
Stoïciens et épicuriens invitaient à garder la mort en vue, non pour s'en effrayer mais pour rendre le présent plus dense. Se rappeler que le temps est compté trie l'essentiel du futile et désarme la peur de manquer. Aujourd'hui, c'est un remède contre la procrastination et le report perpétuel de ce qui compte.
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Le tétrapharmakos : le quadruple remèdeRègleAttestée · Épicurisme
Rien à craindre des dieux, rien à redouter de la mort ; le bien est facile à atteindre, le mal facile à supporter.
Les épicuriens résumaient leur sagesse en un "quadruple remède" à mémoriser pour apaiser l'esprit. Quatre maximes contre les quatre grandes sources d'angoisse : les dieux, la mort, la douleur et le désir. Aujourd'hui, c'est un petit mantra rationnel à se réciter quand l'inquiétude monte.
Quand Dès qu'une inquiétude monte : sur les dieux, la mort, le manque ou la douleur.
- Ce qui me dépasse (le divin, le destin) n'a pas à me terrifier ; je n'ai pas à vivre dans la crainte d'une punition.
- La mort n'est rien pour moi, car là où je suis, elle n'est pas, et là où elle est, je ne suis plus.
- Le bien est facile à atteindre ; les plaisirs simples et naturels suffisent au bonheur.
- Le mal est facile à supporter ; les douleurs intenses sont brèves, et les douleurs durables sont supportables.
Ces maximes apaisent l'angoisse existentielle, mais ne remplacent pas un traitement médical pour une douleur réelle ni un soutien face à une détresse profonde. Le "facile à supporter" est un encouragement, pas un déni de la souffrance.
La symétrie du non-êtreExerciceAttestée · Lucrèce
Au livre III du , propose un argument simple contre la peur d'être mort : placez l'éternité qui suivra votre mort à côté de l'éternité infinie qui a précédé votre naissance. Ce néant d'avant ne vous a jamais tourmenté ; pourquoi redouter celui d'après, qui lui ressemble en tout ? Là où la mort est, vous n'êtes plus, et un sujet qui n'est plus ne peut subir aucun mal. L'exercice ne console pas du deuil ni n'efface le prix de vivre : il vise une peur précise, celle d'être mort, et la rend à l', la paix de l'âme.
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- PrescriptifExistentielleAvant la naissance, après la mort
Nous ne pleurons pas le néant qui précédait notre naissance : pourquoi redouter celui qui suivra notre mort ? Et comment la mort serait-elle un mal, s'il n'y a plus personne pour en pâtir ?
celui qui meurt - PrescriptifExistentielle Expérience de penséeLa finitude, un bien ?
Une vie sans terme finirait-elle par se vider de sa saveur, passions émoussées, tout déjà vécu ? Si oui, ce n'est pas malgré la mort mais grâce à elle que nos jours comptent.
une vie entière - PratiqueExistentielle QuestionApprivoiser la peur
Les sages ont proposé des exercices pour vivre sans en être hanté, y songer chaque jour ou n'y plus penser : la philosophie peut-elle vraiment nous guérir de cette peur, ou nous tient-elle trop fort pour céder ?
la pensée de la mort - PrescriptifMoraleChoisir sa mort
Devant une vie devenue insupportable, mettre fin à ses jours est-il l'ultime liberté, la « porte ouverte » des stoïciens, ou une faute envers soi et envers les autres ?
mettre fin à sa vie - DescriptifQuelque chose survit-il ?
L'âme, ou quelque chose de nous, échappe-t-il à la dissolution du corps, ou la conscience s'éteint-elle avec lui : et si une part survivait, serait-ce encore vraiment nous ?
l'âme - PrescriptifExistentielleSurvivre dans ses œuvres
À défaut d'une survie de l'âme, se prolonger dans ce qu'on laisse, des enfants, une œuvre, une trace dans les mémoires : vraie victoire sur la mort, ou consolation qui ne nous concerne plus une fois disparus ?
ce qui nous survit