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Rapport à soi· Exister

Vivre en vue de sa mort

Axe: La mortQuelle attitude adopter face à la mort ?

Ne pas fuir sa mortalité mais la tenir devant soi : savoir ses possibilités comptées est ce qui les rend miennes et donne son poids à chaque choix. Cette lucidité n'est pas morbide ; elle est le prix d'une existence authentique, arrachée à la dispersion et au « on meurt » anonyme qui ne concerne jamais personne.

Qui défend cette position

Courants 2

Phénoménologieexplicite

Avec Heidegger, la phénoménologie fait de la mort une structure de l'existence : le Dasein est être-pour-la-mort, et c'est en anticipant résolument sa fin la plus propre, indépassable et non partageable, qu'il s'arrache au bavardage du « on » et se ressaisit authentiquement. La mort n'est pas un événement lointain mais ce qui, dès maintenant, individualise et donne son poids à l'exister.

Heidegger, Être et Temps, §§ 46-53

Existentialismeexplicite

Dans la tradition existentielle, la finitude n'est pas un accident extérieur mais ce qui individualise l'existence : pour , le Dasein (l'être-là) est être-pour-la-mort, et l'anticipation résolue de sa mort propre arrache à l'inauthenticité, contraire de l'. nuance cette thèse, mais le courant refuse unanimement l'immortalité consolatrice.

Heidegger, Être et Temps

Philosophes 1

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Nietzscheinférable

Nietzsche congédie l'au-delà chrétien comme une calomnie de la vie, et refuse aussi de faire de la mort un mal absolu : il prêche une mort libre, choisie à la bonne heure, qui couronne l'existence au lieu de la subir. Mourir sa propre mort, au sommet, c'est faire de sa fin un acte et un accomplissement, dans l'amor fati qui dit oui jusqu'à l'éternel retour.

Ainsi parlait Zarathoustra, De la mort libre · Crépuscule des idoles

Arguments et objections
ArgumentL'argument de l'authenticitéSeule, indépassable, toujours mienne, la mort assumée arrache à la dispersion quotidienne et ouvre à une vie choisie.
  1. Dans l'affairement quotidien, je vis le plus souvent comme « on » vit : dispersé dans les tâches, les rumeurs et les opinions de tous, je remets à plus tard la question de ce que je veux vraiment.
  2. La mort, elle, ne se délègue pas : nul ne peut mourir à ma place, et nul ne sait quand. Elle est ma possibilité la plus propre, celle qui m'isole et que rien ne dépasse.
  3. L'assumer lucidement, au lieu de la fuir, ramène d'un coup à l'essentiel : ce temps fini est le mien, et c'est à moi d'en répondre, ici, maintenant.

Donc Donc regarder la mort en face n'est pas morbide : c'est la condition d'une existence , choisie plutôt que subie.

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ObjectionL'objection de la ruminationÀ force de regarder la mort, on cesse de vivre.
  1. Faire de la mort le foyer de l'existence risque de teinter chaque instant d'angoisse, au lieu de le libérer pour l'action et la joie.
  2. renverse l'idée par avance : « l'homme libre ne pense à rien moins qu'à la mort, et sa sagesse est une méditation non de la mort mais de la vie ».
  3. L'épicurien ajoute : puisque la mort, quand elle vient, n'est plus rien pour nous, lui vouer une attention de chaque instant, c'est se gâcher le présent pour un néant.

Donc Donc l'authenticité par la mort peut se retourner en son contraire : une fascination morbide qui appauvrit la vie qu'elle prétend intensifier.

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ObjectionL'objection du primat de la mortUn amour, une vocation, un visage nous arrachent à la dispersion autant que la pensée de la fin : faire de la mort le seul révélateur est arbitraire.
  1. Que la pensée de la fin puisse réveiller une existence assoupie, soit. Mais elle n'a pas ce pouvoir à elle seule : un amour, une vocation, la venue d'un enfant nous tirent tout autant de l'indifférence et nous mettent en demeure de répondre.
  2. va plus loin : ce qui m'appelle vraiment hors de moi, c'est le visage d'autrui, sa fragilité qui me rend responsable, et non ma mort, la plus solitaire et la plus muette des relations.
  3. À faire de la seule mort la source de l', on risque l'inverse du but recherché : un repli sur sa propre fin, là où c'est peut-être l'attention au monde qui ouvre une vie.

Donc Donc rien n'oblige à prendre la mort pour seul maître : la vie a d'autres voies, peut-être plus sûres, pour nous rendre à nous-mêmes.

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Fondements et implications
↑ Ce qui la fondeVivre en vue de sa mort — La mort!Vivre en vue de samortLa mort
Prescriptif
Existentialisme — Essence et existence=ExistentialismeEssence et existence
Descriptif
Athéisme — Existence de Dieu=AthéismeExistence de Dieu
Descriptif
Nominalisme — Les universaux=NominalismeLes universaux
Descriptif
Matérialisme — Nature du réel=MatérialismeNature du réel
Descriptif
Empirisme — Source de la connaissance=EmpirismeSource de la connaissance
Descriptif
Une feuille, une application qui ne fonde rien d'autre ici.

Ce qui la fonde

Essence et existence

Si l'homme n'a pas d'essence donnée et n'est que ce qu'il se fait, alors c'est en assumant sa propre finitude qu'il s'arrache à la dispersion et devient authentiquement lui-même. L'existentialisme fonde l'être-pour-la-mort : Heidegger fait de la mort assumée la possibilité la plus propre, celle qui révèle l'existence à elle-même.

Ce qu'elle implique

Une feuille, une application qui ne fonde rien d'autre ici.

Pratiques
Regarder sa mort en face pour se rendre à soi-mêmeExerciceInspirée de Heidegger

Pour , fuir la pensée de la mort, c'est se laisser vivre comme « on » vit, dilué dans les habitudes et les attentes des autres. Anticiper sa propre mort, la seule que nul ne peut assumer à votre place, vous singularise et vous rend à ce que vous voulez vraiment : c'est l'. Aujourd'hui, cet exercice est un antidote au pilotage automatique, une façon de reprendre la main sur une vie plutôt que subie.

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Problèmes
  • PrescriptifExistentielle Expérience de pensée
    La finitude, un bien ?

    Une vie sans terme finirait-elle par se vider de sa saveur, passions émoussées, tout déjà vécu ? Si oui, ce n'est pas malgré la mort mais grâce à elle que nos jours comptent.

    une vie entière
  • PrescriptifExistentielle
    Ma mort, ou la mort ?

    Ma mort est-elle ma possibilité la plus propre, celle qui m'individualise et me rend à moi-même, ou une limite absurde venue du dehors, qui met fin à mes possibles sans rien me révéler ?

    ma propre mort
  • PratiqueExistentielle Question
    Apprivoiser la peur

    Les sages ont proposé des exercices pour vivre sans en être hanté, y songer chaque jour ou n'y plus penser : la philosophie peut-elle vraiment nous guérir de cette peur, ou nous tient-elle trop fort pour céder ?

    la pensée de la mort