Rapport aux autres· Morale
Biocentrisme
Axe: Cercle moral — Envers qui avons-nous des devoirs moraux ?
Tout être vivant, sensible ou non, possède une valeur propre : plantes, insectes, micro-organismes compris. L'éthique repose sur le respect de la vie en tant que telle, chaque organisme poursuivant son propre bien à sa manière.
Philosophes 1
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Jonasinférable
juge « au moins pas dénué de sens » de demander si l'état de la nature extra-humaine a un droit moral sur nous, « non seulement pour notre bien, mais pour son propre bien ». Sa réponse ne passe pas par la souffrance, mais par la finalité : dans tout vivant qui poursuit sa fin, l'être dit oui à lui-même, et ce oui est un bien en soi. C'est un fondement biocentrique, non pathocentrique. L'homme garde une priorité, celle du seul sujet de responsabilité, mais elle ne lui réserve pas la valeur propre.
Le Principe responsabilité, ch. I · Le Principe responsabilité, ch. III-IV
Argument
- Tout organisme, plante, insecte ou microbe, est orienté vers son propre bien : il croît, se nourrit, se défend, se reproduit, comme si sa vie était pour lui une fin.
- Avoir un bien propre, ce n'est pas le ressentir : la plante ne sent rien, mais il y a des choses qui lui sont bonnes ou nuisibles, un accomplissement qui est le sien.
- Or ce qui a un bien propre a une valeur qui n'est pas seulement notre valeur d'usage : le réduire à un moyen, c'est mépriser la fin qu'il est pour lui-même.
Donc Donc le cercle moral s'étend à tout le vivant : non que toutes les vies se vaillent en toute circonstance, mais qu'aucune n'est un simple matériau, et que détruire une vie demande toujours une raison.
Voir la pageObjectionAttaque la position
- Le biocentrisme accorde une valeur propre à tout vivant, sensible ou non : la plante, l'insecte, la bactérie.
- Or chaque jour nous en détruisons par millions : pour soigner une infection, un antibiotique tue des milliards de bactéries ; en marchant, en cultivant, en bâtissant, nous écrasons, arrachons, déplaçons. Même un régime végétal se nourrit de vies. , médecin, savait qu'il lui fallait sacrifier des vies pour en sauver d'autres.
- Un principe qui condamne chacun de nos gestes ne distingue plus rien : ou bien il interdit de vivre, ou bien on l'enfreint sans cesse, et il devient une simple formule.
Donc Donc le respect de toute vie, pris au sérieux, est paralysant ou vide : il faut un critère plus étroit, comme la , pour que le respect guide vraiment nos choix.
Voir la pageObjectionAttaque la position
- Le biocentrisme accorde une valeur propre à tout ce qui poursuit son bien, sensible ou non.
- Mais « poursuivre un bien » se dit en deux sens : une horloge « veut » donner l'heure, un virus « veut » se répliquer, sans que rien n'importe à personne. Un intérêt véritable suppose un sujet à qui son sort peut faire quelque chose.
- Sans sensibilité, nul point de vue depuis lequel vivre ou mourir soit bon ou mauvais pour l'organisme : on peut le détruire, on ne le lèse pas ; le « respect » n'a plus de destinataire.
Donc Donc la valeur morale requiert un être capable de ressentir son bien : au-dessous de la sensibilité, il y a des mécanismes admirables, non des sujets envers qui l'on aurait des devoirs.
Voir la page- PrescriptifMoraleLa révérence pour la vie
Faut-il, pour compter, être capable de souffrir, ou suffit-il d'être vivant ? Un arbre, un insecte poursuivent leur propre bien : méritent-ils à ce titre notre respect, ou le vivant sans sensibilité ne nous oblige-t-il à rien ?
une plante, un insecte