Rapport aux autres· Morale
Écocentrisme
Axe: Cercle moral — Envers qui avons-nous des devoirs moraux ?
La valeur morale s'attache aux ensembles écologiques eux-mêmes : espèces, écosystèmes, communauté biotique dans son ensemble. Une action est juste quand elle préserve l'intégrité, la stabilité et la beauté de ces touts, dont les individus, humains compris, ne sont que des membres.
Courants 1
Éthique environnementaleexplicite
Le geste fondateur du courant est d'élargir le au-delà des seuls humains, contre l' de la tradition. Où tracer la nouvelle frontière divise la famille : à tout être capable de souffrir pour , à tout être pour , aux eux-mêmes pour et . Toutes récusent l'idée que seul l'homme compte.
Singer, La Libération animale (1975) · Leopold, Almanach d'un comté des sables (1949)
Philosophes 1
Afficher les positions inférées (1)
Zhuangziinférable
Placer l'homme au sommet d'une échelle des êtres est pour Zhuangzi une illusion de perspective : du point de vue du , le pilier et le fétu, le laid et le beau, l'homme et le ver sont également des modes de la transformation, et nul n'a de privilège. Cette décentration anthropologique retire à l'humain toute mesure de toutes choses et l'inscrit comme un être parmi des myriades, frère du papillon qu'il a peut-être rêvé d'être. La pente est nettement écocentrique, même si Zhuangzi ne formule pas, comme un écologue moderne, le devoir de protéger un tout.
Zhuangzi, ch. 2 (Discours sur l'égalité des choses) · Zhuangzi, ch. 17 (Les crues d'automne)
Argument
- Aucun vivant n'existe seul : chacun n'est ce qu'il est que par le tout, sols, eaux, plantes, animaux, dont il dépend et qu'il fait tenir en retour, une communauté biotique.
- Une éthique centrée sur les seuls individus manque ce niveau : elle sait juger un acte envers tel animal, non envers une espèce, une rivière, un écosystème, qui peuvent prospérer ou s'effondrer sans être des individus sensibles.
- Or ce sont ces touts qui portent toute vie individuelle : leur intégrité est la condition de tous les biens particuliers, et possède à ce titre une valeur que la somme des individus ne capte pas.
Donc Donc l'homme n'est pas maître de la nature mais : le bien ultime est la santé de ce tout, dont chaque être, humain compris, n'est qu'une part.
Voir la pageObjectionAttaque la position
- L'écocentrisme place la valeur dans le tout, l'intégrité de la communauté biotique, dont les individus ne sont que des membres.
- Mais alors un individu peut être sacrifié dès qu'il nuit à l'équilibre : abattre en masse les animaux d'une espèce surnuméraire, voire, si la logique tient, traiter une population humaine trop nombreuse comme un excès pour la « santé » de l'ensemble.
- Or nous tenons que l'individu sensible, sa souffrance, sa vie, compte pour lui-même, et non seulement comme rouage d'un système : traiter les êtres comme de simples moyens au service du tout heurte ce que la morale a de plus ferme.
Donc Donc la valeur ne peut résider dans le seul tout : une éthique acceptable doit d'abord protéger les individus sensibles, quitte à ne faire de l'intégrité écologique qu'un bien majeur parmi d'autres, non le bien suprême.
Voir la page- PrescriptifMoraleLa souffrance des animaux sauvages
Si la souffrance des animaux nous oblige, celle qu'ils s'infligent entre eux nous oblige-t-elle aussi ? Devrions-nous intervenir contre la prédation et les maux de la nature que nous n'avons pas causés, ou est-ce présumer que nous avons à les corriger ?
la prédation dans la nature - PrescriptifMoraleL'individu ou le tout
L'écologie valorise l'intégrité de la communauté biotique, quitte à abattre les animaux d'une espèce envahissante pour préserver l'ensemble : la valeur est-elle dans le tout, ou dans chaque individu sensible que cette gestion sacrifie ?
la communauté biotique