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Rapport au vrai· Croire et savoir

Dogmatisme

Axe: Rapport à la certitudePouvons-nous atteindre des certitudes définitives ?

La raison bien conduite peut établir des vérités certaines et définitives, qui servent de fondations au savoir. Douter est une étape, pas une destination.

Qui défend cette position

Courants 8

Rationalismeexplicite

Pour répondre au , il ne suffit pas d'accumuler des opinions probables : il faut une vérité que nul argument ne puisse ébranler. en fait sa stratégie, poussant le jusqu'à l'hypothèse du malin génie pour ne retenir que ce qui y résiste : l'acte même de penser, qui survit à tout doute possible. Ce roc une fois trouvé, l'enjeu est de propager sa certitude au reste du savoir, et le modèle en est la géométrie : ordonner les connaissances more geometrico, d'axiomes évidents vers leurs conséquences nécessaires, comme déduit l' à la manière des géomètres. La certitude visée n'est pas une assurance psychologique mais l'évidence contraignante de la démonstration.

Descartes, Méditations métaphysiques, II · Spinoza, Éthique, prologue de la partie I

Platonismeexplicite

Contre le relativisme sophistique, le platonisme affirme qu'une science véritable, l'épistémè (la science stable du vrai, opposée à la simple opinion, doxa), des Idées est accessible, distincte de la simple opinion. Le sage peut atteindre une connaissance stable et certaine de ce qui est éternel, position nettement au sens classique.

Platon, Théétète, 201d-210a, savoir et opinion · Platon, République, 477a-480a

Aristotélismeexplicite

L'aristotélisme est au sens noble : la science véritable, l'epistēmē, est une connaissance démonstrative qui part de premiers principes indémontrables, eux-mêmes saisis avec certitude par l'intellect. Le savoir scientifique porte sur le nécessaire et l'universel, ce qui exclut le doute sur ses fondements, même si la reconnaît l'incertitude propre au domaine de l'agir.

Aristote, Seconds Analytiques, I, 2 et II, 19

Stoïcismeexplicite

Contre le de la Nouvelle Académie, les stoïciens sont : ils tiennent qu'un savoir certain est possible grâce à la , cette impression si claire et distincte qu'elle saisit son objet et ne peut venir que du réel. Elle est le critère de la vérité et le fondement de la science du .

Cicéron, Académiques · Diogène Laërce, Vies, VII, 46

Phénoménologieexplicite

La phénoménologie husserlienne se veut science rigoureuse, capable de fonder le savoir contre le psychologisme et le relativisme sceptique. Son geste est l' : suspendre la thèse naïve du monde pour revenir aux choses mêmes, telles qu'elles se donnent à la conscience. Là se trouvent des données apodictiques, indubitables parce que saisies sans intermédiaire dans l'évidence intuitive, socle d'une connaissance certaine. Cette quête d'un fondement absolu rapproche Husserl d'un fondationnalisme d'inspiration cartésienne, même si ses héritiers, Heidegger et Merleau-Ponty, abandonneront cet idéal d'apodicticité.

Husserl, La philosophie comme science rigoureuse · Husserl, Méditations cartésiennes

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Vedānta (Advaita)inférable

L'Advaita est dogmatique au sens où il tient pour certaine une vérité libératrice définitive : l'identité du et du , attestée par l'écriture (śruti) et confirmée par la réalisation directe. Loin de tout , la connaissance qui libère est tenue pour indubitable et sans retour, car elle coïncide avec la nature même du sujet connaissant.

Śaṅkara, Commentaire des Brahma-Sūtra (Brahma-Sūtra-Bhāṣya), I · Muṇḍaka Upaniṣad

Épicurismeinférable

Face au de l'Académie, l'épicurisme affiche un net : toutes les sensations sont vraies, et nier qu'on puisse rien connaître se réfute soi-même. La nature nous donne des critères fermes, sensations et prénotions, sur lesquels une connaissance assurée peut se bâtir. Le doute radical est tenu pour une posture intenable, même si l'école admet plusieurs explications possibles pour les phénomènes célestes lointains.

Épicure, Lettre à Hérodote, 37-38 · Diogène Laërce, Vies, X, 31-32

Marxismeinférable

Le socialisme scientifique s'oppose au socialisme utopique en revendiquant la connaissance des lois objectives du développement historique : le réel social est intelligible et certain, non livré au doute. La vérité d'une pensée se prouve d'ailleurs dans la , en transformant le monde, et non dans la pure contemplation théorique. Le marxisme écarte ainsi le et la résignation, confiant à la critique et à la pratique le pouvoir de dissiper les illusions idéologiques.

Engels, Socialisme utopique et socialisme scientifique · Marx, Thèses sur Feuerbach

Philosophes 21

Leibnizexplicite

Deux principes gouvernent toute la connaissance : celui de contradiction, qui règle les vérités nécessaires, et celui de , selon lequel rien n'est vrai sans une raison qui fasse qu'il en soit ainsi plutôt qu'autrement. Si toute vérité a sa raison, alors toute vérité est en droit analysable et démontrable : c'est le fondement du rationaliste de Leibniz, qui pousse l'idée à sa limite en rêvant d'une characteristica universalis, langue universelle des concepts, et d'un calculus ratiocinator où les désaccords se résoudraient par le calcul, comme entre deux comptables. La certitude n'est plus un idéal lointain mais le terme assignable d'une procédure réglée.

De la méthode de l'universalité ; lettres sur la characteristica universalis · Monadologie, §31-32 (principes de contradiction et de raison suffisante)

Spinozaexplicite

L' est démontrée more geometrico, à la manière des géomètres : définitions, axiomes, propositions et démonstrations. Cette architecture déductive témoigne d'un rationaliste, la conviction qu'une connaissance vraie et certaine de la totalité du réel est possible.

Éthique (titre complet : Éthique démontrée selon l'ordre géométrique) · Traité de la réforme de l'entendement, sur la certitude de l'idée vraie

Descartesexplicite

Contre le , Descartes retourne l'arme du doute : il pousse celui-ci jusqu'à l', supposant un malin génie qui le tromperait sur tout, pour voir si quelque chose y résiste. Or l'acte même de douter suppose un sujet qui doute : je puis tout révoquer en doute, sauf que je pense, et donc que je suis. Le cogito n'est pas un dogme posé d'avance mais une certitude conquise par le doute lui-même, point d'appui indubitable d'où l'on peut reconstruire tout le savoir. La conclusion est ainsi fermement : une certitude pleine est atteignable, et le scepticisme se réfute en s'exerçant à fond.

Méditations métaphysiques, I et II · Discours de la méthode, IV

Hegelexplicite

Le doute et le scepticisme ne sont pas le dernier mot mais un moment que la pensée traverse et intègre : la est le chemin par lequel la conscience s'élève au savoir absolu, où l'objet n'est plus un en-soi étranger mais l'esprit lui-même. Le système atteint donc une vérité définitive, non par un dogme posé d'emblée, mais comme résultat d'un parcours qui a éprouvé le négatif. Ce savoir absolu n'est pas une omniscience, mais la forme où le sujet se reconnaît dans l'objet.

Phénoménologie de l'esprit, ch. VIII (le savoir absolu)

Platonexplicite

Contre le relativisme sophistique, Platon affirme, surtout dans les dialogues centraux, qu'un savoir stable, l'épistémè, est possible : il porte sur les Idées et se distingue rigoureusement de la simple opinion, la doxa, variable et sans fondement. Cette confiance dans une science de l'être le rapproche du , même si la forme interrogative des dialogues tempère toute systématisation.

République, V, 476d-480a · Théétète, 187a-201c

Aristoteexplicite

La science (epistēmē) est une connaissance démonstrative : un savoir du nécessaire, dérivé par syllogisme de premiers principes vrais, immédiats et mieux connus que la conclusion. Cette confiance dans une connaissance certaine et fondée range Aristote du côté du , tempéré par l'aveu que le domaine pratique n'admet qu'une exactitude approchée.

Seconds Analytiques, I, 2 · Éthique à Nicomaque, I, 3 (1094b)

George Berkeleyexplicite

Berkeley tient le scepticisme pour le mal à guérir, et l'immatérialisme pour son remède. Le doute moderne, dit-il, naît tout entier de la matière : dès qu'on suppose des choses réelles cachées derrière nos idées, on ne peut plus jamais savoir si nos idées leur ressemblent, d'où le voile des perceptions où s'engouffre le sceptique. Supprimez cette matière inconnaissable, et l'écart disparaît : les choses ne sont plus que ce que nous percevons, immédiatement et avec certitude. Loin du dogmatisme rationaliste de , qui fonde la certitude sur la raison, Berkeley la replace dans la perception sensible elle-même, sûre parce qu'elle n'a plus rien au-dehors à manquer.

Trois dialogues entre Hylas et Philonous, Préface et III · Principes de la connaissance humaine, §§86-88

Épicureexplicite

Contre le , Épicure tient que toutes les sensations sont vraies : la sensation, infaillible parce qu'irrationnelle et sans mémoire, ne se trompe jamais ; l'erreur naît seulement du jugement que l'opinion ajoute. Cette confiance dans un critère assuré de vérité est un , fût-il fondé sur les sens plutôt que sur la raison.

Diogène Laërce, Vies, X, 31-32 (toutes les sensations sont vraies) · Lucrèce, De la nature des choses, IV, 469-521 (défense de la véracité des sens)

Husserlexplicite

Devant le relativisme que le faisait peser sur la logique et le scepticisme historiciste de son temps, Husserl pose à la philosophie l'exigence d'une science rigoureuse : non pas une opinion de plus, mais un savoir doté d'une évidence apodictique, indubitable. Il reprend pour cela le geste fondateur de , la recherche d'un sol absolument certain, mais le déplace : ce sol n'est pas une substance pensante, c'est l'évidence des vécus eux-mêmes, donnés en personne au regard qui les décrit. La ne suspend pas pour douter, mais pour atteindre ce qui résiste à tout doute, le champ de la conscience tel qu'il se montre.

La philosophie comme science rigoureuse (1911) · Méditations cartésiennes, Méditation I

Kantexplicite

Réveillé de son sommeil dogmatique par , Kant refuse les deux voies opposées : la métaphysique qui prétend connaître l'inconditionné, Dieu, l'âme, le monde comme totalité, se perd dans les antinomies, où la raison se contredit elle-même ; mais le humien, qui dissout la nécessité dans l'habitude, est tout aussi intenable. La voie critique tranche : il existe bien une certitude apodictique, celle des jugements synthétiques a priori, mais elle ne vaut que des phénomènes, les objets tels qu'ils nous apparaissent sous les formes du sujet, non des choses en soi. Certitude nécessaire et universelle, donc, mais payée d'une borne infranchissable.

Critique de la raison pure, Préfaces et Dialectique transcendantale · Prolégomènes à toute métaphysique future

Afficher les positions inférées (11)
Thomas d'Aquininférable

Confiant dans le pouvoir de la raison de démontrer (l'existence de Dieu, les principes de la morale), Thomas se range du côté du : la science procède de principes premiers évidents vers des conclusions certaines, et le doute systématique n'a pas de place. Cette assurance est toutefois tempérée par la conscience des limites de l'esprit fini, qui ne saisit pas l'essence de Dieu et doit recevoir par la foi ce qui excède sa portée.

Somme théologique, Ia, q. 1, a. 2 ; q. 2

Épictèteinférable

Comme tout stoïcien, Épictète est face au académique : il existe un critère de vérité, la (phantasia katalēptikē), et le (sophos) peut donner ou refuser son en connaissance de cause. Il raille ouvertement ceux qui prétendent ne rien pouvoir affirmer.

Entretiens, I, 5 (contre les Académiciens) · Entretiens, I, 27

Śaṅkarainférable

La connaissance libératrice (vidyā) n'est pas une opinion probable mais une certitude définitive qui, une fois levée l'ignorance, ne peut plus être contredite, comme la corde reconnue dissipe à jamais le serpent cru. Le doute appartient au domaine de l'ignorance, non au savoir du soi, qui est immédiat et auto-évident. Śaṅkara argumente d'ailleurs en dogmatique contre les sceptiques et les écoles rivales, tenant pour acquis qu'une vérité ultime est accessible et démontrable.

Upadeśasāhasrī · Commentaire sur les Brahma Sūtra, II, 2

Lucrèceinférable

Contre les sceptiques qui suspendent tout assentiment, Lucrèce tient les sens pour un critère assuré et fait reposer toute la physique sur leur témoignage : qui les déclare incertains ruine du même coup la raison qui les conteste, et ne pourra même plus distinguer le vrai du faux. La sensation prise en elle-même ne trompe jamais ; l'erreur naît seulement de l'opinion ajoutée. Cette confiance en un fondement ferme de la connaissance est un , fût-il sensualiste.

De la nature des choses, IV, 469-521 (réfutation du scepticisme)

Plotininférable

Plotin construit une métaphysique affirmative et architecturée, assurée d'atteindre le vrai par l'intellect : il y a une science de l'intelligible, et l'Intellect possède une connaissance infaillible de ses objets, qui sont ses propres pensées. Cette confiance le situe du côté du dogmatisme. Elle est pourtant tempérée, à l'égard de l', par une réserve presque sceptique : du principe suprême, rien ne se dit en propre, et le discours n'en approche que par négations.

Ennéades, V, 5 · Ennéades, VI, 9, 3-4

Marc Aurèleinférable

En stoïcien, Marc Aurèle tient pour acquis qu'un savoir vrai du bien et de la nature est possible, et il est en ce sens , non . Mais son refrain selon lequel « tout est jugement » (la valeur que nous ajoutons aux choses) et son ton d'humilité tempèrent la doctrine : il affirme moins un système qu'il ne s'exhorte à voir droit.

Pensées pour moi-même, IV, 3 · Pensées pour moi-même, VIII, 47 · Pensées pour moi-même, XII, 8

Marxinférable

Contre l'idéalisme spéculatif comme contre le socialisme utopique, Marx revendique pour son analyse du capital le statut d'une science dégageant les lois objectives du mouvement social : une connaissance certaine du réel historique est atteignable. Savoir si la pensée atteint le réel n'est d'ailleurs pas une question théorique mais pratique, elle se vérifie dans la , en transformant le monde. Le doute n'est donc pas une demeure mais une étape que la pratique lève, ce qui éloigne nettement Marx du et de la résignation contemplative.

Thèses sur Feuerbach, II et XI · Le Capital, Postface à la deuxième édition

Sénèqueinférable

En stoïcien, Sénèque tient pour acquis qu'une connaissance vraie du monde et du bien est possible : la nature est rationnelle et la sagesse atteignable. Mais il revendique sa liberté à l'égard des écoles, jugeant les opinions par lui-même, ne se donnant à aucun maître, ce qui tempère le dogmatisme stoïcien d'un esprit éclectique.

Lettres à Lucilius, XII et XLV (juger par soi-même, ne jurer sur aucun maître)

Wittgensteininférable

Certaines propositions (« voici une main », « la Terre existait avant ma naissance ») ne sont ni objets de savoir ni objets de doute : elles sont les sur lesquels la porte de l'enquête tourne, le lit du fleuve où coule le reste de nos pensées. Le doute les présuppose (le jeu du doute présuppose déjà la certitude), si bien que le scepticisme radical se détruit lui-même. Elles ne sont pourtant pas un savoir dogmatique fondé sur des raisons, et peuvent se déplacer avec le temps : ni dogmatisme, ni scepticisme, ni faillibilisme, mais une certitude-cadre que cet axe ne peut qu'approcher.

De la certitude, §§341-343, §§94-99, §115 (notes posthumes)

Baconinférable

Bacon refuse à la fois le qui désespère du savoir et l'assurance dogmatique des systèmes, qui « tranchent » trop vite. Sa voie est l'ascension graduelle : monter des faits aux axiomes par degrés sûrs, sans sauter à des généralités prématurées. La certitude n'est pas un point de départ mais le terme d'une marche patiente et corrigible, où l'on ne pose rien qu'on n'ait éprouvé. C'est moins un qu'une certitude conquise lentement, par exclusion des erreurs.

Novum Organum, I, §19-20 et §104

Sartreinférable

Contre tout relativisme, Sartre maintient qu'il faut un point de départ absolu, et qu'il n'en est pas d'autre que le cogito : la conscience qui se saisit elle-même, immédiate et à la portée de tous. Mais cette certitude est étroite : elle livre l'existence du sujet, non une essence, une nature humaine ou des valeurs, qui toutes font défaut puisque l'existence précède l'essence. Fondationnaliste sur ce seul point d'appui et démuni de toute autre certitude donnée, Sartre se tient près du partage, côté assurance par le cogito, côté vertige pour tout le reste.

L'existentialisme est un humanisme · L'Être et le Néant, Introduction (le cogito préréflexif)

Arguments et objections
ArgumentLe cogitoLe doute lui-même atteste un sujet qui pense : une première vérité que rien ne peut ébranler.
  1. Poussons le aussi loin qu'il aille : admettons qu'un malin génie me trompe sur le monde, sur mon corps, sur les vérités mêmes des mathématiques.
  2. Mais pour être trompé, encore faut-il que je pense ; et si je pense, j'existe, au moins comme chose pensante. Me tromper là-dessus exigerait encore que je pense.
  3. La proposition « je suis, j'existe » est donc vraie chaque fois que je la formule : le doute, loin de l'ébranler, la confirme à chaque tentative pour la nier.

Donc Donc il existe au moins une vérité indubitable : le doute a une limite, et le savoir un point d'appui définitif.

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ObjectionLe cimetière des certitudesTant de vérités tenues pour définitives ont fini par tomber.
  1. À chaque époque, les esprits les plus rigoureux ont tenu pour définitivement acquises des vérités que la suite a renversées : que la Terre se tenait immobile au centre du monde, que l'espace et le temps étaient les mêmes partout et pour tous, que la mécanique de Newton disait le dernier mot sur le mouvement.
  2. Ces convictions n'étaient pas des opinions en l'air : elles s'appuyaient sur les meilleures preuves de leur temps, et les plus savants les croyaient à l'abri de toute révision.
  3. Or si les certitudes les mieux établies d'hier sont les erreurs reconnues d'aujourd'hui, rien n'assure que les nôtres connaîtront un autre sort : le même raisonnement, appliqué à notre époque, devrait nous rendre prudents.

Donc Donc aucune vérité, si assurée soit-elle, ne peut se déclarer définitivement à l'abri : le propre du savoir est d'être un jour révisé.

Voir la page
ObjectionLe trilemme d'AgrippaTout fondement réclame un autre fondement, sans fin.
  1. Toute affirmation tenue pour certaine doit être justifiée par une raison qui la soutient ; sinon, elle est posée arbitrairement.
  2. Mais cette raison réclame à son tour une justification, et celle-ci une autre, indéfiniment.
  3. Pour arrêter la chaîne, trois issues seulement, toutes décevantes : poursuivre à l'infini, tourner en cercle (la raison s'appuie sur ce qu'elle devait prouver), ou s'arrêter d'autorité sur une affirmation posée sans preuve.

Donc Donc aucune croyance n'atteint un fondement vraiment dernier : la certitude définitive que réclame le dogmatisme reste hors d'atteinte.

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Fondements et implications
↑ Ce qui la fondeDogmatisme — Rapport à la certitude=DogmatismeRapport à la certitude
Descriptif
Rationalisme — Source de la connaissance=RationalismeSource de la connaissance
Descriptif
Une feuille, une application qui ne fonde rien d'autre ici.

Ce qui la fonde

Source de la connaissance

Si la raison dispose de principes premiers et d'idées innées indépendants des sens trompeurs, alors une vérité certaine et définitive est à sa portée. Le rationalisme nourrit ainsi le dogmatisme : c'est en cherchant un fondement que la raison ne pourrait révoquer que Descartes croit clore le doute.

Ce qu'elle implique

Une feuille, une application qui ne fonde rien d'autre ici.

Pratiques
Le doute méthodique : ne bâtir que sur du sûrExerciceAttestée · Descartes

voulait des fondations inébranlables : il a donc entrepris de douter de tout ce qui pouvait l'être, non par goût du doute, mais pour ne garder que ce qui lui résistait. Cet exercice applique sa méthode à l'une de vos convictions : la passer au crible du pour la reconstruire sur ce qui s'impose clairement. Il aide aujourd'hui à démêler ce que vous tenez par habitude de ce que vous pouvez vraiment fonder.

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Problèmes
  • Descriptif Expérience de pensée
    Qu'est-ce qui résiste au doute ?

    En poussant le doute jusqu'au bout, rêve, illusion, un trompeur possible, reste-t-il quelque chose qui résiste, ou faut-il admettre qu'aucune certitude ne tient ?

    celui qui doute
  • Descriptif Mise en situation
    Sûr de soi, sûr du vrai ?

    Une conviction affichée avec aplomb, sans preuve, doit-elle emporter l'adhésion, ou faut-il exiger des raisons avant de croire, fût-ce au prix de l'inconfort de suspendre son jugement ?

    une affirmation
  • Descriptif Mise en situation
    Seul à voir clair ?

    Quand tous pensent le contraire de moi, est-ce le signe que je me trompe, ou le lucide est-il parfois seul contre la foule : jusqu'où s'en remettre au jugement des autres ?

    ma conviction face aux autres
  • Descriptif
    Les mathématiques, hors de doute ?

    Longtemps modèle même de la certitude, les mathématiques échappent-elles à tout doute, ou le choix des axiomes et les limites révélées par les théorèmes d'incomplétude montrent-ils que, même là, la certitude a un horizon ?

    un système d'axiomes
  • PrescriptifÉpistémique
    Le désaccord d'un égal

    Quand quelqu'un d'aussi informé et rigoureux que moi conclut l'inverse, dois-je tempérer ma confiance, comme le sceptique qui érige l'isosthénie en règle, ou puis-je tenir bon au nom de l'examen que j'ai moi-même conduit ?

    le jugement d'un pair