Rapport à soi· Bonheur et désir
Extinction-détachement
Axe: Rapport au désir — Que faire de nos désirs : les affirmer, les trier ou s'en détacher ?
Le désir est la racine de la dépendance et de la souffrance : il nous attache à ce qui ne dépend pas de nous. La voie de la sérénité passe par le détachement, voire l'extinction du désir lui-même, pour ne plus être esclave de ce qui nous échappe.
Courants 7
Bouddhismeexplicite
Si la souffrance a une cause repérable, elle peut être supprimée en s'attaquant à cette cause : par la , la deuxième Noble Vérité remonte de la souffrance à la , ce désir avide qui s'attache aux plaisirs, à l'existence ou à la non-existence et fait tourner la roue des renaissances. De là suit que la libération n'exige pas d'assouvir le désir ni de le réprimer de force, mais d'en éteindre la racine, la soif elle-même : le bouddhisme se range ainsi nettement du côté du détachement, non par mépris du plaisir mais parce que l'avidité est le moteur même du mal-être.
Dhammacakkappavattana Sutta (le sermon de Bénarès) · Dhammapada, ch. XXIV (la soif)
Stoïcismeexplicite
La discipline du désir exige de ne désirer que ce qui et de consentir au reste : il faut suspendre, voire éteindre, les désirs portant sur les choses extérieures. Épictète recommande de ne pas demander que les choses arrivent comme l'on veut, mais de les vouloir comme elles arrivent.
Épictète, Manuel, §8
Vedānta (Advaita)explicite
La voie de la connaissance suppose le détachement (vairāgya) : tant que le sujet désire les objets du monde empirique, il reste pris dans la et dans l'identification au corps et au mental. L'Advaita prescrit le renoncement (saṃnyāsa) et la discrimination (viveka) entre l'éternel et le périssable, afin de tourner le désir vers la seule libération. Le désir des choses extérieures est à éteindre.
Śaṅkara (attribué), Vivekacūḍāmaṇi · Kaṭha Upaniṣad, I, 2-3
Taoïsmeexplicite
Les désirs raffinés ne naissent pas du besoin mais de l'artifice qui les fabrique : ce sont les cinq couleurs, les cinq saveurs et la convoitise des biens rares qui aveuglent l'œil et égarent le cœur, en sorte que multiplier les objets désirables ne comble jamais mais creuse le manque. La course aux richesses et aux honneurs disperse l'esprit et l'éloigne du : le remède n'est pas de mieux satisfaire le désir mais de le tarir à sa source, en revenant à pu 樸 (la simplicité, le bloc de bois brut non taillé). Aussi nul malheur n'est-il pire, pour Laozi, que de ne pas savoir se suffire : le contentement de qui désire peu est une richesse que rien d'extérieur ne menace.
Laozi, Dao De Jing, ch. 12, 46 · Laozi, Dao De Jing, ch. 19
Cynismeexplicite
Le cynique réduit le désir au strict naturel et se détache de tout le reste : moins on désire, plus on est libre. L' consiste précisément à s'entraîner à ne plus rien vouloir des choses extérieures, de sorte que rien ne puisse manquer ni asservir.
Diogène Laërce, Vies, VI, 105
Platonismeexplicite
Le platonisme ordonne l'âme à trois étages, où la raison doit gouverner les appétits avec l'appui du cœur : laissés à eux-mêmes, les désirs du corps asservissent et troublent. La sagesse consiste à les maîtriser et à sublimer l'eros, à détourner sa force du sensible vers le Beau et le Bien intelligibles. Tri sévère des désirs, donc, qui penche vers leur dépassement plus que vers leur satisfaction.
Platon, République, IV et IX · Platon, Banquet ; Phèdre
Afficher les positions inférées (1)
Scepticismeinférable
En cessant de tenir quoi que ce soit pour bon ou mauvais par nature, le sceptique se délivre des désirs et des aversions véhéments qui troublent l'âme. Il n'éprouve plus que les affections inévitables (la faim, la soif) et y répond avec mesure : c'est une discipline du détachement, voisine de celle des autres écoles, mais fondée sur la suspension du jugement plutôt que sur une doctrine du bien.
Sextus Empiricus, Esquisses pyrrhoniennes, I, 25-30
Philosophes 15
Le Bouddhaexplicite
Si toute souffrance est conditionnée, elle a une cause repérable, et la supprimer supprime l'effet : c'est la logique de la appliquée au mal-être. Gautama remonte alors la chaîne et désigne la comme ce maillon, le désir avide qui s'attache aux plaisirs, à l'existence ou même à la non-existence et relance la roue des renaissances. Le geste est original : il ne moralise pas le désir comme un vice ni ne le célèbre comme une plénitude, il l'identifie froidement comme la cause à éteindre, ce qui place le détachement au centre de la voie et garantit, contre tout fatalisme, que la délivrance est possible.
Dhammacakkappavattana Sutta, Saṃyutta Nikāya 56.11 (le sermon de Bénarès) · Dhammapada, ch. XXIV (la soif)
Schopenhauerexplicite
Vouloir, c'est manquer : tout désir naît d'une privation douloureuse, et sa satisfaction, purement négative, retombe aussitôt dans un nouveau désir ou dans l', qui découvre le vide de l'existence dès que rien ne l'occupe. La roue d' ne s'arrête un instant que dans la contemplation désintéressée, et ne se brise que dans la négation du vouloir ; à qui ne peut renoncer, les Aphorismes ne concèdent qu'une économie prudente du désir.
Le Monde comme volonté et comme représentation, §57
Diogène de Sinopeexplicite
Moins on désire, plus on est libre : le désir des choses extérieures est la chaîne même par laquelle le monde nous tient. L' consiste à s'entraîner à n'avoir besoin de rien, de sorte que rien ne puisse manquer ni asservir. Diogène ne vise pas le tri raisonné des plaisirs à la manière d'Épicure, mais une réduction du désir au strict naturel, détaché de tout le reste. La pente est celle de l'extinction des désirs factices, non leur affirmation.
Diogène Laërce, Vies, VI, 105
Śaṅkaraexplicite
Le désir des objets enchaîne au , le cycle des renaissances : il naît de l'ignorance qui prend le soi pour le corps et court après ce qui lui manque. Parmi les conditions de la connaissance, Śaṅkara place le renoncement (vairāgya) aux fruits des actes, ici-bas comme dans l'au-delà, et la quête ardente de la seule délivrance. La pente est nettement celle du détachement : non parce que le plaisir serait coupable, mais parce que tout désir tourné vers le multiple manque l'unique réel et le seul bien stable. Un tri subsiste en arrière-plan, le désir de libération (mumukṣutva) étant lui-même cultivé, mais comme désir qui doit s'éteindre une fois son terme atteint.
Commentaire sur les Brahma Sūtra, I, 1, 1 (les quatre prérequis) · Commentaire sur la Bhagavad Gītā
Épictèteexplicite
Désir et aversion visent à obtenir ou à éviter : portés sur ce qui ne dépend pas de nous, ils nous vouent à manquer notre but et à subir ce que nous fuyons, donc au malheur. La première des trois disciplines, celle du désir, consiste à les rétracter de tout l'extérieur pour ne plus désirer que ce qui est en notre pouvoir, en attendant que le progrès rende le désir sûr. Pour le débutant, Épictète va jusqu'à recommander de suspendre tout désir et de n'user que de l'aversion, et encore seulement à l'égard de ce qui dépend de nous. Un tri raisonné des préférables subsiste en arrière-plan, mais la pente vécue est celle d'un détachement à l'égard de tout ce que la fortune peut reprendre.
Manuel, §2 · Manuel, §8
Laoziexplicite
Ce ne sont pas les besoins qui troublent l'homme mais les désirs fabriqués par la convoitise : « les cinq couleurs aveuglent l'œil ». La sagesse consiste à diminuer les désirs et à se contenter, car « savoir se contenter, c'est la vraie richesse » et « nul désastre n'est pire que de ne pas savoir se suffire ». Le détachement vise moins une extinction du désir qu'un retour au : satisfaire le ventre, non l'œil avide.
Dao De Jing, ch. 12 et 19 · Dao De Jing, ch. 33, 44 et 46
Marc Aurèleexplicite
Le désir porté sur ce qui ne dépend pas de nous arrache l'âme à sa nature et la livre au trouble ; il faut le rétracter de l'extérieur et consentir au cours des choses. La raisonnée des préférables subsiste, de sorte qu'il s'agit moins d'éteindre tout désir que de le redresser vers le seul bien véritable.
Pensées pour moi-même, II, 16 · Pensées pour moi-même, III, 6 · Pensées pour moi-même, XI, 16
Sénèqueexplicite
Le bonheur vient de la limitation des désirs aux biens nécessaires et naturels. Sénèque prône le détachement à l'égard de la fortune et des biens superflus, tout en accordant une des préférables, qu'on peut accueillir sans s'y attacher.
Lettres à Lucilius, II (n'est pauvre que qui désire davantage) · Lettres à Lucilius, XVI et CX (les désirs naturels et nécessaires)
Platonexplicite
Les appétits forment la partie la plus basse de l'âme et doivent être maîtrisés et réduits sous la conduite de la raison, car l'âme livrée à ses désirs devient « un tonneau percé » que rien ne comble. Platon ne prône pas l'extinction du désir mais sa réorientation : l'éros sublimé devient l'élan qui porte l'âme vers le Beau et le Bien.
Gorgias, 493a-494a · République, IX, 571a-580a
Kantexplicite
Les inclinations ne sont pas mauvaises en soi, mais elles ne sauraient fonder la valeur morale : une action n'a de prix que faite par devoir, indépendamment de tout penchant. Ce désintéressement moral exige que la volonté se rende autonome à l'égard du désir, agissant au besoin contre lui ; sans prôner l'extinction des inclinations, Kant tient à leur endroit une distance qui penche vers le détachement plus que vers leur tri eudémoniste.
Fondements de la métaphysique des mœurs, I-II · Critique de la raison pratique
Afficher les positions inférées (5)
Nāgārjunainférable
Nāgārjuna reprend le diagnostic bouddhique : la et la saisie nourrissent le cycle des renaissances. Mais il en éclaire la racine : on s'attache parce qu'on prête aux objets une ; voir leur dénoue l'attachement à sa source. La voie reste celle du détachement, ici fondé sur la lucidité métaphysique.
Mūlamadhyamakakārikā (Stances du milieu par excellence), ch. XXIII (l'examen des erreurs) · Mūlamadhyamakakārikā, ch. XXVI (l'examen des douze membres de l'existence)
Plotininférable
Le désir tourné vers les choses sensibles disperse l'âme et l'enchaîne au multiple ; la sagesse demande de l'en retirer pour le réorienter tout entier vers le haut. Plotin ne supprime pas l'élan désirant mais le convertit en de l'intelligible et de l'Un : l'âme ne s'apaise qu'en cessant de désirer ce qui est au-dessous d'elle. La pente vécue est donc celle d'un détachement à l'égard du sensible, plus austère encore que chez .
Ennéades, III, 5 (De l'amour) · Ennéades, VI, 7, 22-35
Pyrrhoninférable
Si rien n'est bon ou mauvais par nature, alors aucun objet ne mérite qu'on le poursuive ou qu'on le craigne : Pyrrhon en tire une (adiaphoria) à l'égard des choses, ressort vécu de son détachement. Là où trie les désirs entre nécessaires et vains, Pyrrhon ne trie pas : c'est le jugement de valeur lui-même qu'il retire, ce qui désamorce le désir à sa racine plutôt que de l'ordonner. La tradition prête au sage une telle égalité d'âme qu'il ne s'émeut de rien, sans pour autant prôner une extinction ascétique : il vit selon ce qui paraît, faim, soif, coutumes, sans s'y attacher comme à des biens.
Diogène Laërce, Vies des philosophes, IX, 61-66 · Cicéron, Des termes extrêmes des biens et des maux, II, 35 et IV, 43
Sextus Empiricusinférable
Le tourment du désir vient, selon Sextus, de tenir certains objets pour bons ou mauvais par nature : on les poursuit ou les fuit avec violence, et l'on se trouble. En suspendant ce jugement de valeur, on se déprend de la poursuite anxieuse sans pour autant viser l'extinction stoïcienne complète des affections. Le sceptique conserve les inclinations naturelles, la faim, la soif, et y répond avec mesure : un détachement à l'égard des biens supposés, tempéré par l'acceptation des affections inévitables, qui le tient un peu en deçà de l'ascèse stricte.
Esquisses pyrrhoniennes, I, 25-30 · Esquisses pyrrhoniennes, III, 235-238
Zhuangziinférable
Zhuangzi ne prêche pas l'extinction du désir comme une discipline, mais l'allègement de l'âme avide qui s'agrippe aux gains, aux rangs et à la durée. Le sage (xinzhai), se vide de ses préférences pour épouser ce qui vient, sans pour autant mortifier le corps ni condamner les joies simples qu'il célèbre volontiers. La pente va vers le détachement, mais un détachement enjoué qui laisse passer les désirs comme des nuages plutôt qu'il ne les arrache, ce qui le distingue à la fois de l'ascèse stoïcienne et de l'affirmation du désir.
Zhuangzi, ch. 4 (le jeûne du cœur) · Zhuangzi, ch. 6 (Le grand maître)
Argument
- Désirer, c'est attendre quelque chose du monde : que tel événement arrive, que telle personne demeure, que telle chose nous revienne. Or rien de tout cela ne .
- Notre souffrance naît précisément de cet écart : non des choses elles-mêmes, mais de notre exigence qu'elles soient autres qu'elles ne sont. Le nomme cette soif , et y voit l'origine du ; les rappellent que rien ne nous trouble que notre jugement sur ce qui ne nous appartient pas.
- Si la souffrance vient de l'attachement, la délivrance vient d'en relâcher la prise : non plus exiger, mais accueillir. Ne plus vouloir que les choses soient autres, c'est leur ôter tout pouvoir de nous blesser.
Donc Donc apaiser ses désirs n'est pas se mutiler, mais se rendre libre : c'est reprendre à l'extérieur le gouvernement de sa propre paix.
Voir la pageObjection
- Le détachement promet la sérénité : ne plus rien attendre de ce qui ne dépend pas de nous, c'est n'être plus blessé par sa perte.
- Mais ce qui nous attache au monde, c'est justement le désir : aimer, espérer, s'engager, c'est tenir à des choses qu'on peut perdre. Retrancher cet attachement pour se protéger, c'est risquer de ne plus rien aimer assez pour en souffrir, donc de ne plus vraiment aimer.
- La paix gagnée pourrait alors ressembler à une absence : non la plénitude du sage, mais la tiédeur de qui s'est mis hors d'atteinte en se retirant de tout.
Donc Donc le détachement, poussé jusqu'au bout, menace de confondre la sérénité avec l'indifférence, et la libération avec le renoncement à vivre.
Voir la pageObjection
- Le détachement vise à éteindre le désir pour atteindre la paix. Mais cette paix, on la veut : aspirer à la sérénité, travailler à se libérer, c'est encore désirer quelque chose, et fortement.
- Le désir ne se laisse donc pas supprimer du dehors : on le déplace, du monde vers la délivrance elle-même. Vouloir ne plus rien vouloir reste une volonté, qui se prendrait elle-même pour cible.
- Et si l'on parvenait vraiment à tout lâcher, que resterait-il ? Celui qui ne tient plus à rien ne tient plus non plus à la justice, aux siens, au sort du monde : à se rendre invulnérable, on risque de se rendre indifférent.
Donc Donc le détachement ne peut être total sans se contredire ou se glacer : il lui faut, lui aussi, garder certains désirs, ceux qui valent qu'on s'y attache.
Voir la pageLa contemplation esthétique comme trêve du vouloirExerciceInspirée de Schopenhauer
Cesser un instant de vouloir, pour n'être plus que regard.
Pour , le désir est une tension douloureuse sans repos : tant que nous voulons, nous manquons. Mais devant une belle œuvre, un paysage ou une musique, il arrive que nous cessions un instant de vouloir : nous devenons pur regard, et la douleur du désir se tait. Cet exercice consiste à ménager délibérément de telles trêves, non pour posséder ni juger, mais pour contempler sans intérêt.
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L'indifférence à l'opinionAttitudeAttestée · Cynisme
Régler sa conduite sur ce qui est, non sur ce qu'on en dira.
faisaient profession de ne rien devoir au regard des autres : ni la honte ni l'éloge ne dictaient leur conduite, seulement ce qu'ils jugeaient conforme à la nature. Tenir cette posture, c'est cesser de mesurer ses actes à l'approbation qu'ils récoltent, et reprendre à la foule le pouvoir qu'on lui avait laissé sur soi. La réputation devient un bien extérieur parmi d'autres, qu'on ne refuse pas mais dont on ne dépend plus.
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Pas plus ceci que cela : le « ou mallon »AttitudeAttestée · Pyrrhon
Pas plus ceci que cela : je n'affirme rien de plus qu'il ne m'apparaît.
résumait sa disposition d'une formule, « ou mallon », pas plus ceci que cela : ne rien affirmer au-delà de ce qui apparaît. Ce n'est pas une règle à appliquer mais une tenue intérieure à porter : on agit selon les apparences et la coutume, on rend ses jugements de valeur révocables, et l'on garde l'esprit dégagé, sans s'attacher à avoir raison. Aujourd'hui, cette légèreté allège la dispute et le ressentiment : on peut prendre position pour agir sans en faire une cause à défendre coûte que coûte.
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Premeditatio malorum : la prévision des mauxExerciceAttestée · Stoïcisme
Pratiqué par , cet exercice consiste à se représenter calmement, à l'avance, les revers possibles d'une journée ou d'un projet. Loin d'être du pessimisme, il désamorce l'angoisse et entraîne à distinguer ce qui dépend de vous de ce qui n'en dépend pas. Aujourd'hui, il aide à aborder un entretien, un voyage ou une décision difficile sans être paralysé par l'imprévu.
- Choisissez une situation à venir qui vous préoccupe (un rendez-vous, une échéance, une conversation).
- Énumérez par écrit les contretemps plausibles : retard, refus, panne, critique, silence de l'autre.
- Pour chacun, demandez-vous : est-ce que cela dépend de moi ? Notez la part qui relève de vos choix et la part qui ne dépend pas de vous.
- Préparez une réponse concrète pour la part qui dépend de vous, et formulez une phrase d'acceptation pour le reste.
- Refermez l'exercice : vous avez répété l'épreuve, vous pouvez maintenant agir l'esprit plus léger.
Le but est de se préparer, pas de ruminer. Si l'exercice nourrit l'anxiété au lieu de l'apaiser, écourtez-le et concentrez-vous uniquement sur les réponses que vous pouvez préparer.
Jeter son gobeletExerciceAttestée · Diogène
Avant d'acquérir, demande-toi si un enfant ne s'en passe pas déjà.
Voyant un enfant boire dans le creux de ses mains, jeta son écuelle, le dernier objet qu'il possédait : un enfant venait de le surpasser en simplicité. L'exercice consiste à repérer, de temps à autre, une possession ou une commodité que l'on croit indispensable, et à s'en passer un moment pour découvrir combien peu est vraiment nécessaire. C'est un entraînement à l', qui desserre notre dépendance aux choses et rend plus libre.
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L'inconfort volontaireHabitudeAttestée · Stoïcisme
S'imposer parfois le manque, pour n'en plus dépendre.
, à la suite de Sénèque, s'imposaient par moments le froid, la faim ou la simplicité pour s'entraîner à ne rien craindre du manque. L'idée n'est pas de souffrir, mais de constater que l'on survit très bien à ce que l'on redoutait. Aujourd'hui, c'est un antidote à la dépendance au confort et un puissant générateur de gratitude.
- Choisissez une petite privation volontaire et sans danger (une douche froide, sauter un repas, marcher au lieu de prendre la voiture), en vous disant clairement que c'est choisi et limité dans le temps.
- Pendant l'épreuve, observez vos pensées : la gêne réelle est-elle aussi forte que la peur que vous en aviez ?
- Au retour du confort, savourez-le pleinement : la privation choisie ravive la gratitude pour l'ordinaire.
Restez dans l'inconfort, jamais le danger. Cette habitude ne convient pas en cas de problème de santé, de trouble alimentaire ou de précarité subie : elle perd tout sens si elle n'est pas librement choisie.
Le wu-wei : l'art de ne pas forcerAttitudeAttestée · Laozi
N'ajoute pas ta force au courant : épouse-le.
Le , le non-agir de , n'est pas l'inaction mais l'art d'agir sans forcer, en sentant le cours déjà présent d'une situation pour l'épouser plutôt que de lutter contre lui. C'est renoncer à vouloir maîtriser ce qui ne dépend pas de vous, et faire confiance à la pente naturelle des choses, leur . Aujourd'hui, cette disposition allège l'épuisement de celui qui veut tout contrôler : on cesse de pousser une porte qui s'ouvre dans l'autre sens, et l'on trouve, dans bien des cas, le geste juste qui demande le moins d'effort.
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- PratiqueVitale Mise en situationLe désir qui nous détruit
Un désir qu'on sait nuisible revient malgré toutes nos décisions : faut-il l'affirmer comme une part de soi, le congédier comme un égarement, ou reconnaître qu'on ne gouverne pas vraiment ses désirs ?
un désir nuisible - DescriptifManque ou puissance
Désirer, est-ce manquer de ce qu'on n'a pas, donc souffrir d'un vide à combler, ou est-ce l'expression d'une puissance qui déborde et crée ? Selon la réponse, le désir est à apaiser ou à intensifier.
le désir - PrescriptifVitaleLa nature insatiable des désirs
Chaque désir comblé renaît ou cède la place à un autre, et le plaisir retombe aussitôt : assouvir ses désirs peut-il jamais nous combler, ou le désir n'a-t-il pas de terme, et faut-il alors en sortir ?
assouvir un désir