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Rapport au monde· Esprit et conscience

Primauté de la raison

Axe: Statut des émotionsLes émotions sont-elles un obstacle à la pensée ou une source de connaissance ?

Les émotions troublent le jugement : assentiments précipités ou mouvements confus, elles déforment plus souvent qu'elles ne révèlent ce qui compte. Seule la raison, en les examinant, peut démêler ce qu'elles disent de vrai.

Qui défend cette position

Courants 8

Stoïcismeexplicite

Une passion n'est pas un trouble subi mais un donné à une fausse de ce qui est bien ou mal, suivi d'une impulsion excessive. Comme l'assentiment dépend de nous, la passion est une erreur corrigible : viser l', ce n'est donc pas étouffer un sentiment mais rectifier le jugement, position bien plus tranchée que la simple modération d'.

Sénèque, De la colère · Cicéron, Tusculanes, livres III-IV

Platonismeexplicite

Le platonisme est intellectualiste (doctrine qui subordonne les passions à la raison et fait du savoir la condition du bien agir) : dans l'image du char ailé, figure de l', la raison est le cocher qui doit conduire et maîtriser les deux chevaux, l'ardeur et l'appétit. Les passions ne sont pas mauvaises en elles-mêmes, mais elles n'ont de valeur que disciplinées et soumises au gouvernement de la raison.

Platon, Phèdre, 246a-254e, l'attelage ailé · Platon, République, livre IV, 439d-441c

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Rationalismeinférable

Les passions relèvent de l'idée confuse et doivent être maîtrisées par l'entendement : Descartes en propose une analyse mécanique et un art de les régler par la connaissance, et Spinoza tient qu'une passion cesse d'être passion dès que nous en formons une idée claire et distincte. La rectification de l'affect par la raison rapproche l'école d'un intellectualisme moral.

Descartes, Les passions de l'âme · Spinoza, Éthique, V, proposition 3

Vedānta (Advaita)inférable

Comme la servitude tient à une erreur cognitive, la avidyā (ignorance), c'est le savoir, et non la culture des sentiments, qui transforme le sujet. Les émotions et l'attachement sont des effets de la fausse identification au corps et au mental, que la discrimination (viveka) entre le réel et l'apparent vient corriger. Le ressort de la libération est intellectuel, ce qui incline vers l'intellectualisme.

Śaṅkara (attribué), Vivekacūḍāmaṇi · Śaṅkara, Commentaire des Brahma-Sūtra (Brahma-Sūtra-Bhāṣya)

Bouddhismeinférable

La racine ultime de la souffrance et des émotions affligeantes est l'ignorance (avidyā), la méprise sur la nature impermanente et sans-soi du réel. Avidité, haine et illusion se dissolvent par la vue juste et la compréhension pénétrante : c'est par la connaissance que se transforme l'affect, ce qui rapproche le bouddhisme d'un intellectualisme thérapeutique, tempéré par le rôle central de la pratique méditative.

Dhammacakkappavattana Sutta (le sermon de Bénarès) · Dhammapada, ch. XX (le chemin)

Épicurismeinférable

Les troubles de l'âme tiennent à de fausses opinions, notamment la crainte des dieux et de la mort : c'est en rectifiant le jugement, par l'étude de la nature, que l'on atteint l'. L'épicurisme penche donc vers l'intellectualisme, mais sans aller jusqu'à l'éradication stoïcienne des passions, puisqu'il accorde une place positive aux affects naturels, telle l'amitié (philia).

Épicure, Lettre à Ménécée, 128-132 · Épicure, Maximes capitales, XXVII

Taoïsmeinférable

Zhuangzi cultive une équanimité qui n'est pas refus des affects mais refus de s'y laisser enchaîner : comprendre que tout est transformation incessante apaise le trouble. Le sage ne laisse ni le gain ni la perte, ni la joie ni la peine altérer la paix intérieure ; il accueille les événements comme le cours naturel des choses, sans s'y attacher.

Zhuangzi, ch. 5 (Le signe de la vertu accomplie) · Zhuangzi, ch. 6 (Le grand maître vénérable)

Aristotélismeinférable

Contre l'intellectualisme socratique, l'aristotélisme accorde aux passions un rôle proprement éthique : éprouver la crainte, la colère ou la pitié quand il faut, envers qui il faut et comme il faut, c'est cela la vertu. Les émotions bien éduquées ont une dimension cognitive et accompagnent le jugement droit, sans pour autant le fonder à elles seules : la position est modérée, légèrement du côté du jugement.

Aristote, Éthique à Nicomaque, II, 5-6 · Aristote, Rhétorique, II, 1-11

Philosophes 19

Sénèqueexplicite

Si une passion comme la colère est un de la raison à l'idée qu'on a subi un tort et qu'il faut se venger, alors elle n'est pas une force étrangère qui assiège l'âme, mais l'âme elle-même qui se trompe. D'où la conséquence que Sénèque oppose aux : une passion ne se modère pas, car une fois l'assentiment donné la raison a déjà cédé tout entière ; il faut la prévenir au seuil, en refusant le premier mouvement, pour viser l' (absence de passions) plutôt qu'un juste milieu. Cet fait de la thérapie des affects une discipline du jugement.

De la colère, I, 8 et II, 1-4 (la colère, jugement et assentiment) · Lettres à Lucilius, CXVI (faut-il modérer les passions ou les retrancher ?)

Socrateexplicite

Si la vertu est un savoir, la mauvaise action ne peut venir que d'un défaut de savoir : nul ne se porte volontairement vers ce qu'il tient pour un mal. Socrate nie ainsi la possibilité de l', la faiblesse de la volonté : ce qu'on prend pour une passion l'emportant sur la raison n'est qu'une erreur de mesure entre les biens. Contre l'idée que le désir ou la colère nous gouvernent, il fait de la connaissance la cause suffisante de l'action droite.

Platon, Protagoras, 352b-358d (la négation de l'acrasie) · Platon, Ménon, 77b-78b (nul ne désire le mal en le sachant tel)

Marc Aurèleexplicite

Comme tout stoïcien, Marc Aurèle tient la passion pour un donné à un faux jugement, donc pour une erreur corrigible et non une fatalité ; mais il en fait surtout l'instrument d'une éthique de la douceur. Le raisonnement qu'il s'oppose à lui-même contre la colère est serré : celui qui me fait tort se trompe sur le bien et le mal, or nul ne se trompe volontairement ; il est mon parent, né de la même ; il ne peut me léser dans la seule chose qui soit mienne, mon ; lui en vouloir ajouterait à son tort le mien. Comprendre l'ignorance d'autrui dissout le ressentiment avant qu'il se forme.

Pensées pour moi-même, II, 1 · Pensées pour moi-même, XI, 18 · Pensées pour moi-même, IX, 42

Épictèteexplicite

Toute passion enveloppe un jugement de valeur sur une chose extérieure, du type « ceci est un mal » : c'est ce jugement, non l'événement, qui constitue le trouble. Le pas décisif est d'imputer la passion à l'opinion plutôt qu'à la chose : si une émotion repose sur un jugement, et qu'un jugement peut être révisé, alors aucune passion n'est subie comme une fatalité, toutes sont corrigibles par la raison. Épictète en tire une conséquence éthique inhabituelle : ne jamais accuser autrui ni les circonstances de notre malaise, mais l'usage que nous faisons de nos . La colère, l'affliction, la peur ne sont pas des forces étrangères à dompter mais des assentiments précipités à retirer.

Manuel, §5

Platonexplicite

L' et c'est la raison qui doit gouverner : l'image du char ailé du montre le cocher (l'intellect) maîtrisant le cheval docile (l'ardeur) et le cheval rétif (l'appétit). Les passions ne sont pas des guides mais des forces à discipliner et à ordonner sous le commandement du logos.

Phèdre, 246a-254e · République, IV, 439d-441c

Descartesexplicite

Dans , les passions sont des mouvements de l'âme causés par les esprits du corps : elles ne sont ni à supprimer ni à suivre aveuglément, mais à régler par la raison et par une volonté ferme. La maîtrise tient à un usage éclairé du jugement, ce qui penche vers l'intellectualisme sans rejeter la valeur des passions bien ordonnées.

Les passions de l'âme, art. 27-50 et 211-212

Spinozaexplicite

Puisque les affects suivent de la nécessité naturelle au même titre que tout le reste, les blâmer est vain : Spinoza propose de les traiter comme s'il était question de lignes et de plans. Son argument thérapeutique est précis : une passion est une idée confuse, donc une passivité ; en former une la convertit en action, si bien que comprendre un affect, c'est déjà s'en affranchir, non le réprimer.

Éthique, III, préface (étudier les affects géométriquement) · Éthique, V, prop. 3 (un affect dont on forme une idée claire cesse d'être passion)

Afficher les positions inférées (12)
Leibnizinférable

Tout l'édifice leibnizien fait de la raison le principe de la connaissance vraie et de la conduite : les petites perceptions confuses et les passions doivent être éclairées par l'entendement, et l'amour même se définit comme le plaisir pris à la perfection d'autrui, jugement plutôt que pur sentiment. La pente est intellectualiste, le sentiment restant subordonné à la clarté des idées.

Nouveaux essais, préface et II, 1 (les petites perceptions) · Codex juris gentium, préface (l'amour, plaisir pris à la perfection d'autrui)

Plotininférable

Les passions appartiennent au composé de l'âme et du corps, non au moi supérieur, qui en reste indemne : l'âme vraiment elle-même n'est pas affectée, et c'est seulement sa part inférieure, tournée vers le corps, qui pâtit. Plotin tient donc les émotions pour des troubles à dominer par la conversion vers l'intelligible, dans la lignée intellectualiste, même si son intérêt se porte moins sur leur analyse psychologique que sur le moyen de leur échapper.

Ennéades, I, 1, 7-9 · Ennéades, III, 6 (De l'impassibilité des incorporels)

Nāgārjunainférable

Pour Nāgārjuna, les affects affligeants tiennent à une méprise intellectuelle : croire que les choses ont une et s'y attacher. C'est donc une compréhension juste, la vue de la , qui défait l'émotion perturbatrice à sa racine. La transformation passe par la connaissance, ce qui rapproche d'un intellectualisme thérapeutique, sans nier le rôle de la pratique méditative.

Mūlamadhyamakakārikā (Stances du milieu par excellence), ch. XXIII (l'examen des erreurs et des souillures mentales)

Pyrrhoninférable

Le trouble, pour Pyrrhon, naît de l'opinion qu'une chose est bonne ou mauvaise : ôtez le jugement, l'émotion qui en dépendait tombe. C'est un intellectualisme des passions, partagé avec les stoïciens, mais il le pousse plus loin qu'eux, car il retire non seulement les faux jugements mais l'acte même de juger les choses. Une nuance le retient de l'extrême : la tradition reconnaît que le sage souffre encore du corps, du froid ou de la douleur, affections que nulle suspension n'abolit. Diogène Laërce rapporte d'ailleurs que Pyrrhon, surpris un jour à fuir un chien, avoua qu'il est difficile de dépouiller entièrement l'homme.

Diogène Laërce, Vies des philosophes, IX, 66-68

Śaṅkarainférable

La délivrance s'obtient par la connaissance (jñāna), non par l'émotion ni la seule dévotion : c'est l'ignorance, erreur de l'intellect, qui asservit, et c'est un savoir juste qui libère. La discipline préalable inclut la tranquillité (śama) et la maîtrise des passions, qui troublent le discernement entre le réel et l'apparent. L'affect n'est donc pas la voie d'accès à la vérité ni le ressort de la libération, ce qui penche du côté d'un intellectualisme, sans que les émotions soient pour autant niées au plan empirique.

Commentaire sur les Brahma Sūtra, I, 1, 1 · Upadeśasāhasrī

Benthaminférable

Bentham se défie des sentiments moraux érigés en règles : le principe de sympathie et d'antipathie approuve ou condamne au gré du sentiment, sans en rendre raison, et masque souvent des préjugés. À la spontanéité affective il oppose le calcul félicifique, procédure réflexive et quasi arithmétique de pesée des plaisirs et des peines. La morale relève ainsi d'un raisonnement méthodique plutôt que de l'émotion.

Introduction aux principes de la morale et de la législation, ch. II (le principe de sympathie et d'antipathie)

Le Bouddhainférable

La racine ultime de la souffrance et des émotions affligeantes est l'ignorance (avidyā), la méprise sur la nature impermanente et sans-soi du réel. Les trois poisons, avidité, haine et illusion, se dissolvent par la vue juste et la compréhension pénétrante : c'est par la connaissance que l'affect se transforme, ce qui imprime à l'enseignement une pente intellectualiste, tempérée par le rôle central de la pratique méditative et de la culture du cœur (mettā).

Dhammacakkappavattana Sutta, Saṃyutta Nikāya 56.11 (l'ignorance et la vue juste) · Dhammapada, ch. XX (le chemin)

Lucrèceinférable

Les passions qui rongent l'âme, terreurs des enfers, soif d'honneurs, fureur de l'amour, naissent d'opinions fausses sur la nature des choses : c'est donc la connaissance, non l'exhortation, qui les apaise. Cette terreur de l'âme, ces ténèbres, ce n'est ni le soleil ni le jour qui peuvent les dissiper, mais l'aspect et la loi de la nature. La thérapie passe par la lumière du savoir physique, ce qui marque une nette pente intellectualiste, dont témoigne aussi la fameuse analyse démystifiante de la passion amoureuse au livre IV.

De la nature des choses, II, 55-61 et III, 87-93 (la terreur dissipée par la loi de la nature) · De la nature des choses, IV, 1058-1287 (l'analyse de la passion amoureuse)

Sextus Empiricusinférable

Sextus partage avec les stoïciens l'idée que le trouble naît d'un jugement, l'opinion qu'une chose est bonne ou mauvaise par nature, et que retirer ce jugement apaise. C'est un intellectualisme des passions : la thérapeutique passe par la suspension de l'opinion. Mais il s'en écarte sur un point décisif : il ne supprime pas toute affection, reconnaissant que le sceptique souffre encore du froid ou de la soif, affections « forcées » qu'aucune suspension n'abolit. D'où une position nettement intellectualiste mais retenue de l'extrême par cette part d'affect irréductible.

Esquisses pyrrhoniennes, I, 25-30 · Esquisses pyrrhoniennes, III, 235-238

Épicureinférable

Les troubles de l'âme, surtout les peurs des dieux et de la mort, naissent d'opinions fausses sur la nature : c'est donc la connaissance exacte de la physique qui guérit l'angoisse. Vaine est la parole du philosophe qui ne soigne aucune souffrance humaine : la thérapie des passions passe par le raisonnement et la compréhension des limites du désir, ce qui marque une pente intellectualiste.

Lettre à Hérodote, 81-82 (la physique délivre des frayeurs) · Sentences vaticanes, 54 (la philosophie comme médecine de l'âme)

Zhuangziinférable

Le sage n'est pas insensible mais il ne se laisse pas « blesser au-dedans » par ses affects : les émotions le traversent comme les saisons, sans qu'il s'y attache ni ne les nourrisse. Le trouble naît du jugement qui pose un événement comme une perte, et il se dissout quand on cesse de trier le réel en gains et en pertes, comme Zhuangzi cessant de pleurer sa femme. La pente va vers la maîtrise des passions, mais par dissolution des distinctions plutôt que par un gouvernement rationnel à la manière stoïcienne, ce qui la maintient en deçà d'un intellectualisme tranché.

Zhuangzi, ch. 5 (ne pas se blesser au-dedans) · Zhuangzi, ch. 18 (Parfaite joie)

Laoziinférable

Le sage cultive le calme et le vide du cœur, et l'on retrouve « le ciel et la terre ne sont pas bienveillants », image d'une sérénité sans attendrissement. Le trouble émotionnel naît de l'attachement et du désir, c'est-à-dire d'un mauvais rapport au cours des choses, et se dissout dans la quiétude. La pente est à la maîtrise des affects, mais sans l'intellectualisme stoïcien d'une raison qui juge : c'est plutôt un apaisement par le retour au naturel.

Dao De Jing, ch. 5 et 16

Fondements et implications
C'est une fondation racine, rien ne la fonde plus avant.Primauté de la raison — Statut des émotions=Primauté de laraisonStatut des émotions
Descriptif
Tri raisonné — Rapport au désir!Tri raisonnéRapport au désir
Prescriptif
↓ Ce qu'elle implique

Ce qui la fonde

C'est une fondation racine, rien ne la fonde plus avant.

Ce qu'elle implique

Rapport au désir

Si les passions ne sont pas des forces aveugles mais des jugements sur ce qui vaut, la raison peut les examiner et les départager. Tenir le désir pour un jugement révisable fonde le tri raisonné : on satisfait les désirs qui résistent à l'examen, on congédie ceux qui ne reposent que sur une opinion confuse. C'est le geste commun d'Épicure et des stoïciens.

Pratiques
Le rendez-vous du matinHabitudeAttestée · Marc Aurèle

Je rencontrerai aujourd'hui l'ingrat et le violent ; mais nul ne peut me léser dans ce qui est vraiment mien.

ouvrait sa journée en s'annonçant qu'il rencontrerait l'ingrat, le violent, le fourbe, et en se rappelant aussitôt que ceux-ci errent faute de discerner le bien du mal, qu'ils lui sont parents par la , et qu'aucun ne peut le léser dans ce qui est vraiment sien. Anticiper ainsi les heurts du jour désamorce la colère avant qu'elle ne se forme : on n'est plus pris au dépourvu, et l'on remplace l'irritation par la compréhension.

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Remonter la peur jusqu'à sa causeRègleAttestée · Lucrèce

Ce ne sont ni le soleil ni le jour qui chassent la terreur de l'âme, mais la connaissance de la nature.

Pour , les terreurs qui rongent l'âme ne se chassent pas par l'exhortation mais par la connaissance : elles naissent d'opinions fausses sur la nature des choses. Cette règle reprend sa méthode : au lieu de lutter contre la peur, on remonte à la croyance qui la nourrit, un monde qui punit, un sort qui s'acharne, un signe envoyé contre vous, et on lui substitue l'explication naturelle. Car rien ne naît de rien et les dieux ne se mêlent pas de nos affaires : ce qui arrive a des causes, non des intentions. Aujourd'hui, c'est un moyen de désamorcer les angoisses bâties sur des croyances fausses, en les ramenant à ce qui s'explique.

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Problèmes
  • Descriptif
    L'émotion est-elle un jugement ?

    La peur qui me saisit est-elle une pensée qui évalue un danger, comme le soutiennent les stoïciens puis le cognitivisme contemporain, ou le sentiment d'un changement du corps déclenché par la perception, comme le veut William James ? Ce qui juge peut être discuté et corrigé ; ce qui secoue ne peut être qu'apprivoisé.

    une émotion