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Rapport à soi· Présence

Vie examinée

Axe: IntérioritéFaut-il examiner sa vie intérieure ou se réaliser d'abord dans l'action ?

Une vie sans examen ne vaut pas la peine d'être vécue : il faut régulièrement se retirer en soi-même, interroger ses opinions, ses désirs et ses actes. La connaissance de soi est la condition d'une existence lucide et véritablement libre.

Qui défend cette position

Courants 7

Phénoménologieexplicite

Toute explication causale présuppose déjà un monde qui apparaît à quelqu'un : la science elle-même opère sur des phénomènes donnés à une conscience qu'elle oublie. De ce constat les phénoménologues tirent un ordre de priorité : il faut d'abord décrire fidèlement comment les choses se donnent au vécu, avant d'en chercher la cause. La méthode, contre le sens commun, requiert l', mise entre parenthèses de nos thèses spontanées sur l'existence des objets, pour ne retenir que leur mode d'apparaître. C'est pourquoi Heidegger interroge l'être à partir de l'étant que nous sommes, et Merleau-Ponty fait de la perception vécue, non du fait physiologique, le premier sol de la philosophie.

Husserl, Idées directrices pour une phénoménologie (1913) · Husserl, Méditations cartésiennes (1931) · Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception (1945), avant-propos

Vedānta (Advaita)explicite

La voie advaitique est tout entière tournée vers l'intériorité : la libération se joue dans la connaissance de soi, par l'écoute de l'enseignement (śravaṇa), la réflexion (manana) et la méditation profonde (nididhyāsana). Ce n'est pas dans l'action sur le monde, mais dans le retour réflexif sur le sujet connaissant que se dévoile l'absolu. La vie examinée, jusqu'à la racine du « je », prime sur l'agir extérieur.

Śaṅkara (attribué), Vivekacūḍāmaṇi · Bṛhadāraṇyaka Upaniṣad, II, 4, 5

Existentialismeexplicite

Il y a des vérités qu'on ne peut tenir à distance comme un objet de savoir : ce qu'est la mort, l'amour ou la foi pour moi ne se laisse saisir qu'en première personne, par celui qui l'éprouve et s'y engage. en tire son mot d'ordre contre : « la subjectivité est la vérité », car le système objectif, en pensant l'humanité en général, oublie l'existant singulier qui pense. De cette intériorité au pour-soi sartrien, le courant fait du point de vue vécu le sol de la philosophie ; mais comme exister c'est s'engager dans le monde, cette intériorité n'est pas un repli contemplatif.

Kierkegaard, Post-scriptum aux Miettes philosophiques · L'Être et le Néant

Confucianismeexplicite

La culture de soi (xiushen) est au cœur de la voie confucéenne : l'examen quotidien de sa conduite précède et fonde l'action sur le monde, selon la séquence de La Grande Étude (Daxue), qui va de la rectification du cœur au gouvernement de l'empire. Maître Zeng se dit s'examiner chaque jour sur trois points : loyauté, fidélité, étude. Mais cette intériorité reste tournée vers la pratique relationnelle, jamais vers la pure contemplation.

Confucius, Entretiens (Lunyu), I, 4 · La Grande Étude (Daxue)

Afficher les positions inférées (3)
Bouddhismeinférable

La transformation visée passe d'abord par l'examen intérieur : observer ses propres états mentaux, ses et ses représentations dans la méditation et l'introspection. La vie bonne se joue dans le travail sur l'esprit plus que dans l'action extérieure, même si la conduite éthique (sīla) en est le support.

Dhammapada, ch. I (les paires) · Satipaṭṭhāna Sutta (le discours sur les fondements de l'attention)

Le romantismeinférable

Le réel le plus haut ne s'atteint pas au-dehors, dans l'action ou le fait, mais au-dedans : rêve, souvenir, nuit, profondeurs obscures du moi deviennent la vraie patrie. Le chemin du romantique vers l'infini passe par la descente en soi plutôt que par la prise sur le monde.

Novalis, Pollen · Rousseau, Les Rêveries du promeneur solitaire

Taoïsmeinférable

La voie taoïste passe par un travail intérieur de vacuité : le jeûne du cœur (xin zhai) et l'oubli assis vident l'esprit du savoir et des distinctions pour le rendre disponible au . La transformation visée est moins l'action efficace dans le monde que l'accord intime avec l'ordre des choses, par un dépouillement de soi.

Zhuangzi, ch. 4 (Dans le monde des hommes) · Zhuangzi, ch. 6 (Le grand maître vénérable)

Philosophes 19

Socrateexplicite

Lors de son procès, Socrate refuse d'abandonner la philosophie même pour sauver sa vie : l'enjeu n'est pas de vivre, mais de bien vivre, et l'on ne peut bien vivre sans s'interroger sur soi. L'examen, conduit par l', arrache l'interlocuteur à ses opinions héritées et fait de la connaissance de soi, l'injonction inscrite au fronton du temple de Delphes, la condition d'une vie libre ; une existence non examinée se vit dans l'emprunt et l'illusion.

Platon, Apologie, 38a (une vie sans examen ne vaut pas d'être vécue) · Platon, Apologie, 29d-30a (le philosophe ne cessera pas d'interroger)

Plotinexplicite

Le chemin vers le principe ne passe pas par le dehors mais par un retournement de l'âme sur elle-même : « rentre en toi-même et regarde ». Puisque l' est présent au plus intime de nous, plus proche de l'âme qu'elle-même, c'est en se recueillant, en sculptant sa propre statue intérieure, que l'on s'élève à lui. Cette primauté absolue de l'intériorité contemplative sur l'agir extérieur fait de la vie examinée le tout de la philosophie, et anticipe l'intériorité augustinienne.

Ennéades, I, 6 (Du beau) · Ennéades, VI, 9, 7

Michel de Montaigneexplicite

Là où la philosophie cherchait des vérités universelles, Montaigne prend un objet inédit : lui-même. L' sceptique, en suspendant les grandes certitudes, dégage paradoxalement le seul terrain qui reste à explorer, l'expérience intérieure d'un homme particulier. Se peindre, non pour s'admirer mais pour atteindre la condition humaine à travers un cas singulier, devient une méthode : « chaque homme porte la forme entière de l'humaine condition ». C'est la vie examinée déplacée de la socratique vers l'observation patiente de soi.

Essais, « Au lecteur » et III, 2, « Du repentir »

Descartesexplicite

Toute la démarche cartésienne est un retrait au-dedans : c'est en se détournant des sens et du monde, dans la solitude de la méditation, que l'esprit se saisit lui-même comme chose qui pense. Le cogito est conquis par une introspection méthodique, l'examen réflexif de ses propres pensées devenant le sol de toute certitude.

Méditations métaphysiques, I et II · Discours de la méthode, IV

Śaṅkaraexplicite

Contre les ritualistes (Mīmāṃsā) pour qui l'accomplissement des actes prescrits est la voie, Śaṅkara soutient que l'action ne délivre pas : elle reste dans le champ de l'ignorance et ne produit que des fruits transitoires. Seul le retournement vers l'intérieur, l'enquête sur « qui suis-je ? » et la connaissance du soi, conduit à la libération. La discipline est faite d'écoute de l'enseignement (śravaṇa), de réflexion (manana) et de méditation (nididhyāsana) : un examen patient tourné vers le témoin de toute expérience, à l'opposé d'une primauté de l'agir au-dehors.

Commentaire sur les Brahma Sūtra, I, 1 (connaissance vs action) · Upadeśasāhasrī

Rousseauexplicite

Nul n'a poussé plus loin l'exploration du moi intérieur : les Confessions inaugurent l'autobiographie du sujet singulier, et les Rêveries font de l'examen de soi et du sentiment intérieur le lieu de la vérité. Contre le primat de l'action publique, Rousseau valorise le retour sur soi, la solitude et l'écoute de la conscience.

Rousseau, Les Confessions · Rousseau, Les Rêveries du promeneur solitaire

Schopenhauerexplicite

Ce que l'on est importe infiniment plus que ce que l'on a ou ce que l'on représente aux yeux des autres : la source la plus constante du bonheur est la richesse intérieure, seul bien que le sort ne puisse reprendre. D'où le prix de la solitude et du commerce avec soi, contre la dispersion mondaine.

Parerga et Paralipomena, « Aphorismes sur la sagesse dans la vie », chap. II

Sénèqueexplicite

Sénèque pratique et prescrit l'examen de conscience quotidien : chaque soir, faire comparaître son âme devant elle-même pour juger ses actes du jour. La philosophie est d'abord un soin de soi, un retour réflexif sur la vie intérieure, même s'il n'exclut pas l'action publique.

De la colère, III, 36 (l'examen de conscience du soir) · Lettres à Lucilius, XVI et XXVIII (la philosophie comme soin de l'âme)

Marc Aurèleexplicite

Puisque le trouble ne vient pas des choses mais du jugement qu'on porte sur elles, le lieu où l'on retrouve toujours le calme n'est pas un lieu du monde mais le , cette part de soi que rien d'extérieur n'atteint. Marc Aurèle en fait une citadelle où il est toujours loisible de se replier, en revenant à ses pour y rétablir l'ordre. Mais ce retrait n'est pas une fuite hors de l'action : le carnet des en est l'exercice même, qu'on quitte aussitôt pour retourner à sa tâche d'homme et d'empereur.

Pensées pour moi-même, IV, 3 · Pensées pour moi-même, VII, 59 · Pensées pour moi-même, VIII, 48

Laoziexplicite

« Sans franchir sa porte, on connaît le monde ; sans regarder par la fenêtre, on voit la voie du ciel » : la sagesse ne se gagne pas dans l'agitation extérieure mais dans un retour au-dedans, par le vide et le silence. Cette culture du recueillement et de la quiétude intérieure prime sur l'engagement actif dans les affaires, sans renier toutefois une action juste, celle qui ne force pas.

Dao De Jing, ch. 47 et 16

Confuciusexplicite

La voie confucéenne est une culture de soi exigeante : le disciple Zengzi s'examine chaque jour sur trois points, et le perfectionnement intérieur du ren 仁 (l'humanité) conditionne toute action droite. Mais cette intériorité n'est pas contemplative : elle se vérifie et s'accomplit dans la conduite, le service et les li 禮 (les rites), d'où une position modérée du côté de la vie examinée, équilibrée par le primat de l'agir.

Entretiens, I, 4 (Zengzi s'examine chaque jour sur trois points) · Entretiens, IV, 17 (voyant un homme de valeur, songe à l'égaler ; en voyant un médiocre, examine-toi)

Afficher les positions inférées (8)
Le Bouddhainférable

La transformation visée passe d'abord par l'examen intérieur : observer ses propres états mentaux, ses et ses représentations dans la méditation et l'introspection. La vie bonne se joue dans le travail sur l'esprit plus que dans l'action extérieure, même si la conduite éthique (sīla) en est le support indispensable.

Dhammapada, ch. I (les paires), 1-2 · Satipaṭṭhāna Sutta, Majjhima Nikāya 10 (les fondements de l'attention)

Husserlinférable

Toute la méthode de Husserl est un retour réflexif sur la conscience : suspendre l' tournée vers les choses pour porter le regard sur les vécus eux-mêmes et leur manière de viser. La vérité se cherche dans la description patiente de la vie intérieure de l'esprit, non dans l'action ou la transformation du monde. C'est une philosophie de la réflexion par excellence, qui fait de l'examen du voir, du juger, du percevoir la tâche première du philosophe.

Idées directrices (Ideen I), §27-32, §50

Nāgārjunainférable

La voie est d'abord un travail d'analyse et de vision : examiner les phénomènes pour en dénouer la saisie et apaiser la prolifération conceptuelle (prapañca). La transformation se joue dans la juste compréhension intérieure plutôt que dans l'action sur le monde extérieur, même si la compassion (karuṇā) du Mahāyāna l'oriente vers autrui.

Mūlamadhyamakakārikā (Stances du milieu par excellence), ch. XVIII (l'examen du soi et des phénomènes)

Épicureinférable

La sagesse exige un examen lucide de soi et de ses désirs : il faut méditer jour et nuit les préceptes qui mènent à l', distinguer en soi les désirs vains des désirs naturels, et veiller sur ses opinions. Cette pratique réflexive, plus tournée vers la quiétude intérieure que vers l'action dans le monde, relève d'une vie examinée.

Lettre à Ménécée, 122 et 135 (méditer ces préceptes jour et nuit)

Zhuangziinférable

La sagesse se gagne par un retour au-dedans, le et l'« oubli assis » qui vident l'esprit de ses calculs et de ses préférences pour le rendre clair comme un miroir. Le sage « emploie son cœur comme un miroir » : il reçoit sans retenir, accueille sans poursuivre. Cette quiétude contemplative prime sur l'engagement actif dans les affaires publiques, que Zhuangzi fuit ; mais elle se prolonge dans une action sans effort, de sorte que le retrait intérieur n'est pas pure inaction.

Zhuangzi, ch. 4 (le jeûne du cœur) · Zhuangzi, ch. 7 (le cœur-miroir)

Sextus Empiricusinférable

Le scepticisme est d'abord une activité d'examen : la « skepsis » est recherche, mise en balance attentive des raisons opposées avant toute suspension. Cette discipline réflexive, tournée vers l'épreuve des opinions plutôt que vers l'action transformatrice du monde, penche du côté de la vie examinée. Mais elle s'arrête au seuil de l'intériorité morale au sens socratique, car le sceptique n'a pas de doctrine du moi à approfondir : un examen sans introspection métaphysique.

Esquisses pyrrhoniennes, I, 1-4 (les trois philosophies)

Millinférable

La crise de dépression que Mill traverse à vingt ans lui révèle l'insuffisance d'une vie purement analytique : la lecture de la poésie de Wordsworth lui rend le sentiment de la valeur de la culture intérieure et du développement des affects. Sans renoncer à l'action réformatrice, il accorde dès lors une place réelle à la et à la formation de soi.

Autobiographie (posthume, 1873), ch. 5 (une crise dans mon histoire mentale)

Pyrrhoninférable

Le scepticisme de Pyrrhon est d'abord une attitude tournée vers l'épreuve des apparences plutôt que vers l'action transformatrice du monde, ce qui le penche du côté de la vie examinée. Mais à la différence de l'examen socratique de soi, il ne s'accompagne d'aucune doctrine de l'âme à approfondir : nul moi intérieur à déchiffrer, seulement la discipline d'un regard qui se déprend des opinions. D'où une intériorité réelle mais mince, et retenue de l'extrême.

Diogène Laërce, Vies des philosophes, IX, 61-70

Fondements et implications
↑ Ce qui la fondeVie examinée — Intériorité!Vie examinéeIntériorité
Prescriptif
Substantialisme — Nature du moi=SubstantialismeNature du moi
Descriptif
Dualisme des substances — L'énigme de la conscience=Dualisme dessubstancesL'énigme de la conscience
Descriptif
Dualisme — Nature du réel=DualismeNature du réel
Descriptif
Une feuille, une application qui ne fonde rien d'autre ici.

Ce qui la fonde

Nature du moi

S'il existe en chacun un moi substantiel, une âme distincte du flux des apparences, alors se connaître soi-même devient la tâche la plus haute. Le substantialisme fonde la vie examinée : de Socrate, pour qui une vie sans examen ne vaut pas d'être vécue, à Augustin qui rentre en lui-même pour y trouver la vérité.

Ce qu'elle implique

Une feuille, une application qui ne fonde rien d'autre ici.

Pratiques
L'enquête sur soi : qui suis-je ? (ātma-vicāra)ExerciceAttestée · Śaṅkara

Au cœur de l', cette enquête retourne doucement l'attention : des objets perçus, du corps et des pensées vers la conscience qui les éclaire. En remarquant que tout ce que je peux observer n'est pas moi qui l'observe, on desserre l'identification au corps et au mental. Selon cette tradition, ce qui demeure ainsi est l', le soi-témoin. Aujourd'hui, elle aide à prendre du recul sur le tourbillon des pensées et des émotions, en se reposant sur la présence stable qui en est témoin.

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Mettre le monde entre parenthèses (l'épochè)ExerciceAttestée · Husserl

appelait épochè la suspension délibérée de l', cette croyance automatique que les choses sont simplement telles que nous les tenons pour être. Dans cette , on met entre parenthèses cette croyance pour décrire une expérience telle qu'elle se donne, ses apparitions et la façon dont on la vise, avant toute théorie. C'est aujourd'hui un exercice d'attention et de clarté : il ralentit la perception, sépare ce que l'on vit vraiment de ce que l'on infère, et desserre l'emprise de l'habitude.

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L'examen de cohérence : l'elenchos retourné vers soiExerciceInspirée de Socrate

Dans ses entretiens, partait des opinions de son interlocuteur et les poussait jusqu'à la contradiction, l'. Faute d'avoir Socrate sous la main, on peut tourner ce questionnement contre soi : prendre une de ses convictions tranchées et chercher, parmi ses propres croyances, celle qui la dément. C'est la forme solitaire de la vie examinée, non pour se conforter, mais pour débusquer ses incohérences et penser plus juste.

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Essayer son propre jugementHabitudeAttestée · Montaigne

Je ne peins pas l'être, je peins le passage.

a fait de l', littéralement une « tentative », une « épreuve », une véritable pratique philosophique : une façon de mettre son propre jugement à l'épreuve sur la page, plutôt que de se rabattre sur des conclusions empruntées. Prenez une question qui vous touche vraiment et écrivez en la traversant, en vous regardant penser, en vous autorisant à changer d'avis chemin faisant. Aujourd'hui, c'est un remède contre les opinions qu'on ne tient que parce qu'on nous les a transmises : cela fait de l'examen de soi une habitude concrète et reprenable.

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L'examen du soirExerciceAttestée · Stoïcisme, Sénèque

Sénèque rapportait qu'il passait chaque soir sa journée en revue devant son propre tribunal intérieur, sans complaisance ni dureté inutile. Cette transforme l'expérience en apprentissage et affermit le caractère jour après jour. Aujourd'hui, c'est une alternative apaisante au défilement nocturne des écrans et des regrets.

  1. Le soir, au calme, repassez votre journée du réveil jusqu'à maintenant.
  2. Demandez-vous : quel mal ai-je corrigé aujourd'hui ? À quel défaut ai-je résisté ? En quoi suis-je meilleur ?
  3. Repérez un moment où vous avez mal agi ou réagi, et examinez-le en juge équitable, sans vous flageller.
  4. Décidez d'une seule chose à faire autrement demain.
  5. Terminez en reconnaissant ce qui a bien marché, puis laissez la journée derrière vous.

tous les soirs, 10 minutes · Attestée · Stoïcisme, Sénèque

L'examen vise le progrès, non la culpabilité. S'il tourne à l'autocritique anxieuse, recentrez-le sur une seule leçon concrète et terminez toujours par ce qui a été bien.

Le journal de l'âme : écrire sa vie intérieureHabitudeInspirée de Le romantisme

Ce n'est pas la journée qu'on note, c'est l'âme qu'on écoute.

Le romantisme a fait de l'exploration de soi, par le journal, la confession ou la lettre, une voie d'accès à la vérité de l'être. En tenir un aujourd'hui, c'est se donner un lieu où déposer sans témoin ses émotions, ses rêves et ses contradictions, pour mieux s'y connaître. Non pour consigner des faits, mais pour écouter ce que le cœur sait avant la raison.

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Le retour au calmeExerciceAttestée · Laozi

Au chapitre 16 du Dao De Jing, invite à « atteindre le vide extrême, tenir fermement le calme » : laisser l'agitation se déposer comme un fond trouble retombe dans une eau immobile, jusqu'à voir clair. Cet exercice est un court temps d'apaisement quotidien, où l'on ne cherche rien et où l'on cesse de remuer ses pensées. Aujourd'hui, il offre, au milieu d'une journée encombrée, un point de retour à soi qui rend le regard plus net et la décision plus posée.

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Le jeûne du cœur-esprit (xinzhai)ExerciceAttestée · Zhuangzi

Tiré du Zhuangzi, le n'est pas une privation de nourriture mais un allègement du dedans : desserrer l'emprise de ses jugements arrêtés, de ses préférences et de ses calculs, jusqu'à devenir disponible comme un miroir. Loin de vider l'esprit de force, il s'agit d'arrêter de tout filtrer à l'avance pour répondre plus justement à ce qui vient. Aujourd'hui, cet exercice aide à aborder une situation, une personne ou une décision sans la plier d'emblée à ce qu'on attendait.

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Le sculpteur intérieurAttitudeAttestée · Plotin

N'ajoute rien à toi-même : retranche ce qui n'est pas toi.

conseille à l'âme en quête de beauté de « rentrer en soi-même et de regarder » ; et si tu ne te trouves pas encore beau, de faire comme le sculpteur d'une statue : ôter le superflu, redresser ce qui est tordu, sans jamais cesser de travailler à ta propre statue. Le travail sur soi est ici soustractif : non pas accumuler des qualités ou des rôles nouveaux, mais retrancher le superflu, l'emprunté, le déformé, jusqu'à ce que ta forme propre apparaisse. Aujourd'hui, cette disposition déplace le souci de progresser, de l'accumulation sans fin vers le dégagement patient de ce qui encombre et défigure ce que tu es déjà.

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Le retour vers le dedansExerciceAttestée · Plotin

Pour , l'âme est ordinairement dispersée au-dehors, sur mille objets ; pour retrouver ce qui est le plus réel, elle doit se retourner et remonter à travers sa propre pensée vers la source silencieuse d'où elle vient. Cet exercice est un bref recueillement vers le dedans : on ramène l'attention de sa dispersion extérieure, on traverse sa propre pensée, et l'on se tient un instant au fond immobile qui la soutient. Aujourd'hui, au milieu d'une sollicitation constante, il offre une manière courte de revenir à un centre que le fil d'actualité et la liste des tâches ne cessent de disperser.

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La promenade rêveuse : le sentiment d'existerExerciceAttestée · Jean-Jacques Rousseau

Tant qu'on sent l'existence, il suffit de sentir qu'on existe pour être content.

Dans Les Rêveries du promeneur solitaire, marche seul, sans but, et laisse l'âme se reposer dans le pur « sentiment de l'existence », sans passé ni avenir. La pratique en reprend le geste : une marche lente, sans destination ni écran, où l'on cesse de planifier et de se comparer pour s'ouvrir à la simple sensation d'être là, vivant, parmi les choses. Un contrepoids à la vie pressée et à l' qui nous tient toujours dans le regard des autres.

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Problèmes
  • PrescriptifExistentielle
    Que faire de son attention ?

    Examiner sa vie comme agir demandent une ressource que tout dispute : l'attention. Ce qu'on regarde, et ce dont on se détourne, dessine déjà une existence ; reste à savoir quelle part peut aller à la diversion.

    son attention