Voir l'axe · Souverain bien

Argument

Le seul bien sans réserve

Le plaisir, la richesse, le talent peuvent servir au pire ; seule la droiture est bonne dans tous les cas. Le vrai bien est celui qu'on ne peut mal employer.

Soutient

Kant, les stoïciens ·

  1. Passons en revue ce qu'on tient pour des biens : l'intelligence, le courage, la richesse, le pouvoir, et jusqu'au bonheur même. Tous ont ceci de commun qu'ils peuvent servir au mal : l'habileté du fourbe, le sang-froid du criminel, la prospérité du tyran les rendent nuisibles.
  2. Un bien qui, mal employé, devient un mal n'est donc bon que sous condition : il vaut si celui qui en use le veut bien. Ce qui décide de sa valeur n'est pas lui, mais la volonté qui s'en sert.
  3. Or une seule chose reste bonne quel qu'en soit l'usage, parce qu'elle est précisément la droiture de cet usage : la bonne volonté, la vertu, le fait de vouloir le juste pour lui-même. Elle seule ne peut être retournée en mal, car elle est ce par quoi tout le reste devient bon ou mauvais.

Donc Donc seule la vertu a une valeur inconditionnelle ; et si le souverain bien est ce qui vaut sans réserve, alors c'est la droiture morale, non le plaisir ni l'épanouissement, qui mérite ce nom.

À quel point ce raisonnement vous convainc-t-il ?

Pas du tout
Tout à fait
Approfondissements
L'argument stoïcien du seul bien
  1. Les vont plus loin : est un vrai bien ce qui, en toute circonstance, profite à qui le possède, et ne peut jamais nuire.
  2. Or la santé peut amollir, la richesse corrompre, le plaisir asservir : aucun de ces « biens » ne profite à coup sûr. Seule la vertu profite toujours et ne nuit jamais, à qui l'a comme à ceux qui l'entourent.

Donc Donc, à ce critère, la vertu seule est un bien ; le reste, santé, richesse, réputation, n'est ni bien ni mal, mais matière « indifférente » qu'elle emploie bien ou mal.

À quel point ce raisonnement vous convainc-t-il ?

Pas du tout
Tout à fait