Le seul bien sans réserve
Le plaisir, la richesse, le talent peuvent servir au pire ; seule la droiture est bonne dans tous les cas. Le vrai bien est celui qu'on ne peut mal employer.
Soutient
- Passons en revue ce qu'on tient pour des biens : l'intelligence, le courage, la richesse, le pouvoir, et jusqu'au bonheur même. Tous ont ceci de commun qu'ils peuvent servir au mal : l'habileté du fourbe, le sang-froid du criminel, la prospérité du tyran les rendent nuisibles.
- Un bien qui, mal employé, devient un mal n'est donc bon que sous condition : il vaut si celui qui en use le veut bien. Ce qui décide de sa valeur n'est pas lui, mais la volonté qui s'en sert.
- Or une seule chose reste bonne quel qu'en soit l'usage, parce qu'elle est précisément la droiture de cet usage : la bonne volonté, la vertu, le fait de vouloir le juste pour lui-même. Elle seule ne peut être retournée en mal, car elle est ce par quoi tout le reste devient bon ou mauvais.
Donc Donc seule la vertu a une valeur inconditionnelle ; et si le souverain bien est ce qui vaut sans réserve, alors c'est la droiture morale, non le plaisir ni l'épanouissement, qui mérite ce nom.
À quel point ce raisonnement vous convainc-t-il ?
Pas du tout
Tout à fait
Approfondissements
L'argument stoïcien du seul bien
- Les vont plus loin : est un vrai bien ce qui, en toute circonstance, profite à qui le possède, et ne peut jamais nuire.
- Or la santé peut amollir, la richesse corrompre, le plaisir asservir : aucun de ces « biens » ne profite à coup sûr. Seule la vertu profite toujours et ne nuit jamais, à qui l'a comme à ceux qui l'entourent.
Donc Donc, à ce critère, la vertu seule est un bien ; le reste, santé, richesse, réputation, n'est ni bien ni mal, mais matière « indifférente » qu'elle emploie bien ou mal.
À quel point ce raisonnement vous convainc-t-il ?
Pas du tout
Tout à fait
Mise à l'épreuve
Objection
Problème