Le grand divertissement
Le plaisir du sport, le pratiquer ou le regarder, est un divertissement au sens de Pascal : un bruit qui nous détourne de nous-mêmes.
Objecte à
Pascal · Pensées · 1670
- La voie du plaisir tient la jouissance pour le bien : la joie de courir, l'endorphine, l'excitation du match seraient à eux seuls de quoi faire une vie heureuse.
- Mais nous avertit : l'homme ne sait pas demeurer en repos dans une chambre. Il lui faut du bruit, de l'agitation, un lièvre à courir, non pour la prise, mais pour ne pas voir sa condition. C'est ce qu'il nomme le .
- Or le sport en est la forme achevée : l'effort qui vide la tête, le stade qui fait crier des foules, le classement qu'on rafraîchit. Le plaisir du supporter est même un plaisir par procuration, l'émotion d'un exploit qui n'est pas le sien.
- Ce plaisir n'est donc pas un mal, mais une fuite : il remplit le temps pour qu'on ne le sente pas vide, et une vie tout entière remise à ces émotions passe à côté de ce qui, en elle, demandait à être regardé en face.
Donc Donc ériger ce plaisir en souverain bien, c'est prendre l'étourdissement pour le bonheur : le divertissement apaise l'inquiétude un instant, il ne la résout jamais.
Approfondissements
Pourquoi nous fuyons le repos
- le montre par un paradoxe : offrez au chasseur le lièvre sans la chasse, il le refuse. Ce n'est donc pas la prise qu'il veut, mais la poursuite, tout ce qui l'empêche de penser.
- Laissé sans occupation, l'homme sent monter l'ennui, et derrière lui l'angoisse de sa finitude. Le divertissement est ce voile jeté sur le repos, précisément parce que le repos nous rendrait à nous-mêmes.
Résolutions possibles de l'objection