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Expérience de pensée

Sauver un proche plutôt qu'un inconnu

Bernard Williams · La fortune morale · 1981

Un naufrage : deux personnes vont se noyer, et vous ne pouvez en sauver qu'une. L'une est une inconnue, l'autre est votre conjoint. Vous vous élancez, bien sûr, vers celui que vous aimez. Mais un philosophe vous arrête : avez-vous d'abord vérifié que la morale vous y autorisait, qu'aucune raison impartiale ne donnait la priorité à l'inconnue ? répond que celui qui a besoin de cette vérification a déjà « une pensée de trop » : c'est qu'il était votre conjoint, et cela devrait suffire.

Vous sauvez votre proche, c'est entendu. Mais qu'est-ce qui, au fond, rend ce geste bon ?

Ce qu'elle fait dans le débat

Objecte à Déontologismeattaque la position

Vérifier qu'il est « permis » de sauver l'être aimé est une pensée de trop : une morale qui fait passer nos attachements par la règle impartiale s'aliène ce qui fait le prix d'une vie morale.

L'argument qu'elle porte
  1. Votre conjoint et un inconnu se noient, vous ne pouvez en sauver qu'un. La morale du devoir vous fait d'abord vérifier qu'il est permis de sauver le vôtre.
  2. Mais cette vérification est « une pensée de trop » : celui qui, devant l'être aimé, se demande d'abord si la règle l'autorise a déjà manqué à ce que le lien réclame.
  3. Une morale qui exige de passer par la règle impartiale, jusque dans nos attachements les plus intimes, s'aliène ce qui fait le prix d'une vie morale : les liens eux-mêmes.

Donc Donc l'impartialité du devoir manque le cœur concret de la morale : ce n'est pas la règle qui commande de sauver l'être aimé, c'est le lien, et une morale qui l'oublie demande une pensée de trop.

Résolutions possibles

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