Voir l'axe · Liberté politique

Argument

L'argument du pluralisme des fins

Être libre, c'est n'être pas empêché : toute définition plus riche de la liberté ouvre la porte à la contrainte exercée en son nom.

Soutient

Berlin · « Deux concepts de liberté » · 1958

  1. Les fins humaines sont plurielles et souvent incompatibles : la sainteté, la création, la réussite, le plaisir ou le service des autres ne se laissent ni classer ni combiner en une seule vie bonne.
  2. Nul tiers, État, majorité ou sage, ne peut se prévaloir d'un savoir supérieur sur la fin que je devrais poursuivre : présumer le contraire, c'est déjà du .
  3. Toute définition plus « riche » de la liberté (, réaliser son vrai moi, vivre vertueusement) incorpore une conception particulière de la vie bonne : elle rend donc possible de déclarer « non libre » celui qui vit autrement, et de le contraindre au nom de sa propre liberté, pente que l'histoire a dévalée plus d'une fois.
  4. La définition est celle qui préjuge le moins des fins : est libre celui qu'autrui n'empêche pas d'agir selon ses propres choix. Elle suppose seulement qu'on tienne à cette latitude, non une conception de la vie bonne.

Donc Être libre, c'est n'être pas entravé par autrui : la société doit garantir à chacun son périmètre, non prescrire l'usage qu'il en fait.

À quel point ce raisonnement vous convainc-t-il ?

Pas du tout
Tout à fait
Approfondissements
Les « expériences de vie »
  1. Nul ne sait d'avance quelles vies valent d'être vécues : défend la diversité des « expériences de vie » comme le seul chemin de découverte, à la manière dont la science a besoin de la diversité des hypothèses.
  2. Interdire une manière de vivre qui ne lèse personne d'autre, c'est donc fermer une expérience dont tous, y compris ses adversaires, auraient pu apprendre.

Donc La pluralité protégée des manières de vivre est une condition du progrès de tous.

À quel point ce raisonnement vous convainc-t-il ?

Pas du tout
Tout à fait