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ArgumentL'argument de l'autocensure
Être libre, c'est ne dépendre du pouvoir arbitraire de personne : un pouvoir sans frein suffit à asservir, même s'il n'agit jamais.
Soutient
Pettit, Skinner · Républicanisme. Une théorie de la liberté et du gouvernement · 1997
- Vivre exposé au bon vouloir d'un autre change la conduite sans qu'aucune ingérence soit nécessaire : celui qui peut tout perdre sur une humeur apprend à plaire, à se taire, à devancer les désirs du puissant.
- Cette autocensure est une perte de liberté réelle : des options qu'aucune loi ni personne n'interdit deviennent pratiquement impraticables, par prudence.
- La du moment n'y change rien : elle repose sur une permission discrétionnaire, non sur un droit opposable, et reste donc révocable ; ce qui pèse n'est pas ce que le puissant fait, mais ce qu'il pourrait faire impunément.
- Seules des protections indépendantes de toute bonne volonté (lois, droits opposables, contre-pouvoirs, recours) défont cette emprise : elles ne rendent pas les puissants meilleurs, elles soumettent leur pouvoir au contrôle et à la contestation.
Donc La liberté est un statut : ne pas vivre sous un pouvoir arbitraire, c'est-à-dire un pouvoir qui pourrait s'exercer sans contrôle ni contestation possibles.
À quel point ce raisonnement vous convainc-t-il ?
Pas du tout
Tout à fait
Approfondissements
Le test du regard
- Une société libre, propose , est celle où chacun peut regarder n'importe qui dans les yeux, sans crainte ni déférence : ne baisser les yeux ni devant un employeur, ni devant un mari, ni devant un fonctionnaire, ni guetter leur humeur.
- Ce test rend la non-domination observable : là où il faut des stratégies pour se protéger du bon vouloir d'autrui, il y a domination, quelle que soit la douceur des maîtres.
Donc La liberté se mesure à la posture que chacun peut tenir devant les autres.
À quel point ce raisonnement vous convainc-t-il ?
Pas du tout
Tout à fait
Mise à l'épreuve