Voir l'axe · Rapport au désir

Objection

L'objection de la vie rétrécie

À ne vouloir que le sûr et le simple, on s'épargne le trouble, mais on manque aussi la grandeur.

Objecte à

  1. Le tri promet la paix en réservant le désir aux objets simples et sûrs, ceux dont la satisfaction ne dépend que de nous.
  2. Mais ce que l'on écarte ainsi n'est pas seulement le superflu : c'est aussi tout ce qui, par nature, excède la mesure et échappe à notre maîtrise, l'amour qui peut être perdu, l'œuvre qui peut échouer, l'ambition qui peut blesser. Or c'est souvent de là que vient ce qui donne à une vie sa hauteur.
  3. La prudence épicurienne achète la tranquillité au prix de l'intensité : elle se met à l'abri du tourment, mais aussi de ce qui ne s'obtient qu'en acceptant de trembler. À trop mesurer ses désirs, on risque une vie sans reproche et sans éclat.

Donc Donc le tri, en nous protégeant du trouble, peut nous priver du meilleur : il reste à savoir si une vie bonne est une vie sans peine, ou une vie pleinement vécue.

Approfondissements
Le plaisir en repos suffit-il ?
  1. tient le plaisir suprême pour un état stable, l'absence de douleur et de trouble, non pour l'excitation qui s'élève et retombe.
  2. Mais on peut lui objecter, comme certains dès l'Antiquité, qu'un plaisir purement « en repos » ressemble à s'y méprendre à l'absence de désir, et qu'une vie qui ne veut plus rien d'incertain a déjà, par prudence, renoncé à beaucoup vivre.
Résolutions possibles de l'objection

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