Accepter ou pardonner
Sur l'axe: Rapport au passé · un tort subi
Pour ne plus porter un tort qu'on a subi, suffit-il de l'accepter comme un fait du passé, ou faut-il le pardonner à celui qui l'a commis, un geste adressé à quelqu'un que l'acceptation ne remplace pas ?
Justification
Le pardon répond à une difficulté propre à l'action : elle est irréversible et imprévisible. Le pardon délie de la première, la promesse de la seconde ; nul ne peut se pardonner ni se lier seul, ce sont des facultés de la pluralité. Elle attribue la découverte du pardon à Jésus de Nazareth et la dégage de son cadre religieux. Elle en limite aussi le champ : il porte sur les fautes de tous les jours, il remet l'acte par égard pour la personne qui l'a commis, le passage de Luc qu'elle commente le lie au repentir du coupable, et il s'arrête devant ce qu'elle appelle le mal radical, qu'on ne peut ni punir ni pardonner. C'est cette limite que lui oppose, pour qui le pardon ne pardonne que l'impardonnable.
C'est […] un élément structurel du domaine des affaires humaines que les hommes soient incapables de pardonner ce qu'ils ne peuvent punir, et incapables de punir ce qui s'est révélé impardonnable.Condition de l'homme moderne, §33
Condition de l'homme moderne, §33-34 (1958)
Les philosophes positionnés sur l'axe « Rapport au passé », au fil du temps. Survolez un point pour lire son nom.
Repères de ce problème
Repères: Arendt
mène à: Pardon (Défaire l'irréparable)