Rapport aux autres· Morale
La loi de la raison
Axe: La source de la morale — D'où la morale tire-t-elle son autorité ?
L'obligation morale vaut pour tout être raisonnable : une exigence que la raison découvre ou qu'elle se donne, comme une vérité qui ne dépend d'aucun décret. Croyant ou non, quiconque raisonne se heurte aux mêmes devoirs ; c'est l'universalité de la raison, non une volonté supérieure, qui fait la force de la morale.
Philosophes 3
Kantexplicite
La morale ne se fonde ni sur la volonté de Dieu ni sur le sentiment, mais sur l'autonomie de la raison pratique, qui se donne à elle-même sa loi. Tout fondement autre que l'autolégislation de la raison, qu'il s'agisse du bonheur, de la perfection ou d'un commandement divin, rendrait la morale hétéronome : on obéirait pour autre chose que le devoir. Dieu n'est postulé que pour rendre possible, dans le souverain bien, l'union de la vertu et d'un bonheur proportionné, jamais pour fonder l'obligation.
Fondements de la métaphysique des mœurs, II (autonomie et hétéronomie) · Critique de la raison pratique, Dialectique
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Jonasinférable
distingue deux côtés de l'éthique : un côté objectif, le fondement de l'obligation, qu'il cherche dans l'être même et non dans la volonté de Dieu, dont il refuse de faire dépendre une éthique destinée à tous ; et un côté subjectif, le sentiment de responsabilité, qui motive la volonté sans fonder l'obligation. Le rapprochement avec la loi de la raison tient à la découverte rationnelle d'une exigence universelle ; mais le fondement est ontologique, non une loi formelle que la raison se donnerait, et c'est contre qu'il fait naître le sentiment de l'objet, du bien qui réclame d'être.
Le Principe responsabilité, ch. II, IV
Hegelinférable
La question n'est plus ici ce qui rend une action bonne, mais d'où la morale tire son autorité. Contre le commandement d'un Dieu transcendant comme contre la loi purement formelle de la raison, et sans se réduire au sentiment, Hegel enracine l'obligation dans la raison devenue concrète : l'esprit objectivé dans les mœurs et les institutions d'une communauté, les Sitten dont la tire son nom. L'autorité du bien est ainsi immanente et historique, mais rationnelle, non une convention arbitraire et révisable.
Principes de la philosophie du droit, §142-156 (les mœurs, la Sittlichkeit)
- Descriptif QuestionLe dilemme d'Euthyphron
Le bien est-il bien parce que Dieu le veut, ou Dieu le veut-il parce qu'il est bien ? Une branche rend la morale arbitraire, l'autre semble la rendre indépendante de Dieu ; les théologiens cherchent depuis une voie entre les deux.
le rapport de Dieu au bien - Descriptif QuestionSans Dieu, tout est permis ?
Si aucun garant transcendant ne soutient nos devoirs, gardent-ils leur force d'obliger, ou deviennent-ils des choix qu'on peut toujours défaire ? Les sociétés sécularisées mettent la formule à l'épreuve chaque jour.
la morale sans garant - DescriptifUn sentiment peut-il obliger ?
Constater que la nature nous a faits compatissants décrit un fait ; en conclure que nous devons l'être franchit le pas de l'être au devoir. Si la morale n'est qu'un sentiment, que répondre à celui qui ne le ressent pas ?
l'autorité d'un sentiment