La justice
Ce thème traverse plusieurs grandes questions. Voici celles où il se joue.
Les questions qui l'éclairent
Comment les richesses et les ressources doivent-elles être réparties dans la société ?
Corriger les écarts de richesse peut bafouer la liberté et le mérite de chacun ; les laisser tels quels peut consacrer la chance, l'héritage et la force. Se positionner, c'est dire ce qui revient vraiment à chacun, et ce que nous nous devons les uns aux autres.
Les normes morales valent-elles pour tous, partout et toujours ?
Si la morale vaut partout, on peut condamner l'esclavage ou la torture où qu'ils se pratiquent, au risque d'imposer nos normes comme mesure de toutes ; si elle dépend des cultures, on respecte les différences, mais on perd tout droit de dénoncer la cruauté ailleurs. Se positionner, c'est dire si « c'est leur culture » clôt toute discussion morale.
Faut-il appliquer les règles à la lettre ou selon leur esprit ?
Suivre la lettre traite tout le monde pareil et barre l'arbitraire, mais peut donner des résultats absurdes ou cruels que la règle ne voulait pas ; suivre l'esprit colle au cas, mais ouvre la porte à ce que chacun interprète à sa guise. Se positionner, c'est dire où s'arrête la fidélité à la règle et où le jugement doit prendre le relais.
Pourquoi punir : pour réparer la faute, dissuader ou réinsérer ?
Punir pour faire payer la faute peut n'être qu'une vengeance habillée en justice ; punir seulement pour l'exemple ou l'efficacité peut sacrifier le coupable à l'intérêt général. Selon la réponse, la peine regarde vers le passé à solder ou vers l'avenir à protéger. Se positionner, c'est dire ce qu'on fait vraiment quand on punit.
D'où viennent les droits ?
Quand on parle de « droits de l'homme », s'agit-il de réalités inscrites dans notre nature, de règles que les sociétés instituent, ou d'outils justifiés par leurs bienfaits ? Ce que l'on peut revendiquer, et ce qu'aucune loi ne devrait pouvoir retirer, en dépend.