Voir l'axe · Justice distributive

Argument

L'argument de la propriété de soi

Je m'appartiens : nul n'a sur mon corps, mon temps et mon travail un droit que je ne lui aie cédé. Ce qui en naît est donc mien.

Soutient

Nozick, Locke · · 1974

  1. Chacun est propriétaire de lui-même, de son corps, de son temps, de ses forces ; personne d'autre n'y a un droit premier, sinon l'esclavage serait légitime. C'est un qu'aucune société ne confère et qu'aucune ne peut retirer.
  2. Or ce que je produis avec ce qui est mien, et ce que d'autres me cèdent librement en échange, prolonge cette propriété : le fruit du travail et de l'échange libre m'appartient au même titre.
  3. Une répartition est alors juste selon la manière dont elle s'est formée, par acquisitions et transferts légitimes, non selon la figure qu'elle dessine à un instant donné : il n'y a pas de « bonne photographie » des richesses à faire respecter.
  4. Dès lors, prélever de force une part de mes gains pour redessiner cette photographie, c'est disposer de mon travail sans mon accord, donc me traiter comme si j'appartenais en partie à autrui.

Donc Donc une redistribution imposée n'est pas un partage équitable mais une atteinte à des droits : la justice porte sur la légitimité des acquisitions, non sur l'égalité du résultat.

À quel point ce raisonnement vous convainc-t-il ?

Pas du tout
Tout à fait
Approfondissements
L'acquisition d'origine
  1. Toute la chaîne des possessions remonte à un premier titre : comment une chose sans maître devient-elle légitimement mienne ?
  2. En y mêlant mon travail, répond , pourvu qu'il en reste « assez et d'aussi bon » pour les autres. Ce titre d'origine, transmis par échange libre, fonde toute la suite.

À quel point ce raisonnement vous convainc-t-il ?

Pas du tout
Tout à fait