Wilt Chamberlain, la liberté contre l'égalité
Nozick · Anarchie, État et utopie · 1974
Partons d'une société où les richesses sont réparties exactement comme vous la jugez juste, à parts égales si vous voulez. Un joueur de basket très admiré, Wilt Chamberlain, propose ses matchs ; un million de spectateurs, ravis, glissent chacun de leur plein gré une petite pièce pour le voir jouer. À la fin de la saison, il est devenu bien plus riche que tous les autres. Personne n'a été lésé, chacun a donné ce qu'il voulait, et pourtant la belle égalité du départ a disparu.
Cette nouvelle inégalité est-elle injuste ? Et pour la corriger, faudrait-il interdire à des gens d'utiliser librement ce qui leur appartient ?
Ce qu'elle fait dans le débat
Objecte à Égalitarismeattaque la position
Maintenir une répartition égale exige d'interdire sans cesse les échanges libres : la liberté défait tout schéma imposé.
- Partons d'une répartition que l'égalitariste juge parfaitement juste, égale si l'on veut.
- Chacun, de son plein gré, glisse une petite pièce à qui il admire, un joueur, un artiste ; à la fin, celui-ci est bien plus riche que les autres, sans que personne ait été lésé.
- Si le départ était juste et chaque transfert libre, à quel moment l'injustice serait-elle apparue ? Pour rétablir l'égalité, il faudrait défaire ces échanges, donc interdire aux gens d'user comme ils l'entendent de ce qui leur revient.
Donc Donc vouloir maintenir un schéma de répartition, c'est devoir contrôler sans fin la vie des personnes : la liberté défait les schémas.