Rapport à soi· Identité et liberté
Narrativisme
Axe: Nature du moi — Qu'est-ce qui fait que je reste moi-même à travers le temps ?
Le moi se construit comme un récit : nous devenons qui nous sommes en racontant et en réinterprétant notre histoire. L'identité n'est ni donnée ni illusoire, elle est l'œuvre toujours reprise d'une vie mise en intrigue.
Courants 1
Afficher les positions inférées (1)
Existentialismeinférable
Le moi n'est pas une substance fixe cachée derrière l'existence : il est une tâche, quelque chose qui se fait au fil des choix et qui n'a d'unité que celle, narrative, du projet qui le ressaisit. Pour , le soi est un rapport qui se rapporte à lui-même et qu'il faut conquérir ; pour , le pour-soi n'a pas d'essence donnée. D'où une conception du soi comme construit, proche du narrativisme.
Kierkegaard, La Maladie à la mort · L'Être et le Néant
Philosophes 3
Afficher les positions inférées (3)
Sartreinférable
Toute conscience est conscience de quelque chose : elle n'est donc aucune substance, aucun moi-chose logé en elle, mais une présence à soi séparée d'elle-même par un néant. C'est cet écart, et non un ego (contre et ), qui fait que le pour-soi n'est jamais ce qu'il est et est ce qu'il n'est pas : condition de sa liberté et de sa temporalité.
L'Être et le Néant, 1re partie, ch. 1 (le pour-soi n'est pas ce qu'il est) · L'Être et le Néant, 2e partie (l'ego transcendant ; cf. La Transcendance de l'Ego)
Beauvoirinférable
Le soi n'est pas une substance ni une essence fixe : il est ce qu'il se fait à travers ses choix et son histoire. Dans Le Deuxième Sexe comme dans ses Mémoires, le sujet apparaît comme un devenir constitué par un récit de vie, une suite de projets repris et réinterprétés, sans noyau donné une fois pour toutes, d'où une nette dominante narrativiste.
Le Deuxième Sexe (1949), le devenir-femme · Mémoires d'une jeune fille rangée (1958)
Michel de Montaigneinférable
Montaigne ne trouve en lui aucune substance fixe. Le moi est « le branle », un flux d'humeurs, d'opinions et d'états contradictoires d'un instant à l'autre, plus proche d'un faisceau changeant que d'une âme stable. Ce qui le tient pourtant ensemble n'est pas une essence mais, semble-t-il, l'écriture continuée des , qui ressaisit ce passage dans un autoportrait jamais clos : d'où une part narrative qui tempère le pur fagotage des parties. Le moi, chez lui, n'est pas donné, il se compose à mesure qu'on le raconte.
Essais, III, 2, « Du repentir » et II, 1, « De l'inconstance de nos actions »
- Descriptif Expérience de penséeLe téléporteur
Si l'on vous scanne ici, qu'on détruit votre corps et qu'on reconstruit sur Mars une copie exacte avec tous vos souvenirs, est-ce vous qui arrivez, ou êtes-vous mort, remplacé par un double qui se croit vous ?
une personne - DescriptifLe moi se fait-il seul ?
Devient-on soi par la seule introspection, comme un sujet qui se suffit, ou à travers le regard et la reconnaissance d'autrui, sans qui le « je » ne se formerait pas ?
le moi et autrui - DescriptifUn moi donné ou à faire ?
Ai-je une nature qui me précède et que j'aurais à découvrir, ou est-ce que je deviens ce que je choisis d'être, sans modèle fixé d'avance ?
le moi