Rapport aux autres· Pouvoir et justice
Droits naturels
Axe: Nature des droits — D'où viennent les droits ?
Les droits sont inhérents à la personne, antérieurs à l'État et au droit positif : on les découvre, on ne les octroie pas. Une loi qui les viole est injuste, fût-elle parfaitement légale.
Courants 2
Les Lumièresexplicite
Avant toute société et toute loi positive, l'homme possède en propre, du seul fait de sa nature raisonnable, des droits que nul pouvoir n'a conférés et que nul ne peut légitimement abolir : à la vie, à la liberté, à la propriété de sa personne. en fait la mesure de tout gouvernement, institué seulement pour les garantir. Ces droits sont universels parce qu'ils découlent d'une humanité commune, non des privilèges d'un ordre ou d'une naissance : c'est l'arme contre l'absolutisme et la société d'ordres, que la Déclaration de 1789 gravera dans le droit, « les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits ». , de l'intérieur du siècle, objectera pourtant qu'un droit sans loi positive n'est qu'un « non-sens sur échasses ».
Locke, Deux traités du gouvernement, II · Déclaration des droits de l'homme et du citoyen (1789)
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Libéralismeinférable
Toutes ses variantes s'accordent qu'il existe des droits qui limitent le pouvoir et qu'aucune majorité ne peut abolir à sa guise ; elles divergent sur leur fondement, ce qui étale le courant sur plusieurs voies : antérieurs à l'État chez , garanties justifiées par leur chez , termes d'une coopération équitable par la délibération chez . Le refus commun est celui du positivisme pur, pour qui il n'est de droit que ce que l'autorité décrète.
Locke, Deux traités du gouvernement · Rawls, Théorie de la justice (1971)
Philosophes 3
Lockeexplicite
L'état de nature n'est pas une licence : il est régi par une loi naturelle que la raison découvre. Comme tous les hommes sont l'ouvrage d'un même Créateur, envoyés au monde par son ordre et pour son service, nul n'a le droit de détruire autrui ni de le réduire à sa merci. De cette égalité originelle Locke déduit, non un simple devoir de ne pas nuire, mais des droits subjectifs corrélatifs, à la vie, à la liberté et aux biens, que chacun porte avant tout gouvernement. Le pouvoir n'est dès lors légitime que pour les garantir ; les violer le rend tyrannique. Ces « droits inaliénables » passeront presque mot pour mot dans la Déclaration d'indépendance américaine.
Second Traité du gouvernement civil, II-V
Kantexplicite
Le droit se déduit a priori de la raison, non de l'utilité ni du seul droit positif : tout homme possède, en vertu de son humanité, un droit inné à la liberté, fondé sur la dignité de la personne comme fin en soi. Une version rationnelle des droits naturels.
Métaphysique des mœurs, Doctrine du droit
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Thomas d'Aquininférable
La doctrine thomiste de la est l'ancêtre médiéval des droits naturels : il existe un juste qui ne dépend pas de la volonté du législateur mais de la nature ordonnée par Dieu, et la loi humaine ne fait que déterminer ou appliquer cette norme antérieure. Le droit positif tire sa validité de sa conformité au droit naturel ; il n'est pas tenu pour une pure création du souverain, ce qui range Thomas du côté des droits naturels contre le positivisme juridique à venir.
Somme théologique, Ia-IIae, q. 95, a. 2