Rapport au monde· Nature et vivant
Émergentisme
Axe: Tout et parties — Le tout s'explique-t-il entièrement par ses parties, ou possède-t-il des propriétés irréductibles ?
Le tout est plus que la somme de ses parties : de l'organisation surgissent des propriétés nouvelles, comme la vie ou la pensée, qu'aucune analyse des composants isolés ne peut prédire. La complexité exige une pensée des relations et des niveaux.
Courants 2
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Le romantismeinférable
Le tout précède et déborde ses parties : un organisme, un poème, un peuple ne sont pas la somme d'éléments juxtaposés mais une unité vivante dont chaque membre tient son sens. Contre l'analyse qui décompose et le mécanisme qui réduit, le romantisme pense par totalités organiques, où le supérieur ne s'explique jamais par l'inférieur.
Schelling, Idées pour une philosophie de la nature · Coleridge, Biographia Literaria
Aristotélismeinférable
L'âme est définie comme la , ou l'acte premier du corps vivant organisé : le vivant n'est pas réductible à ses parties matérielles, car c'est sa forme qui l'unifie et le rend ce qu'il est. Le tout est ainsi antérieur en nature à ses parties, ce qui rapproche l'aristotélisme d'un émergentisme avant la lettre.
Aristote, De l'âme, II, 1 · Aristote, Les parties des animaux, I, 1
Philosophes 3
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Aristoteinférable
L'âme est définie comme la forme d'un corps organisé, son acte premier, et non comme une substance séparable ni comme un simple agrégat de matière. Le vivant et ses fonctions ne se réduisent donc pas à leurs composants : une lecture émergentiste de l' s'impose.
De l'âme (De Anima), II, 1 (412a-b)
Charles Sanders Peirceinférable
Le , principe de continuité, commande chez Peirce de refuser les coupures nettes et de tenir le continu pour premier : entre matière et esprit, entre les niveaux du réel, il y a des transitions, non des sauts. La nature évolue en formant des habitudes qui font émerger des ordres nouveaux, irréductibles à la mécanique de leurs éléments. Contre le réductionnisme atomiste, c'est une métaphysique de l'émergence et de la croissance, où le tout est plus que la somme de parties d'ailleurs jamais vraiment séparées.
La loi de l'esprit (1892)
Leibnizinférable
Pour Leibniz, on ne peut expliquer la perception par la mécanique : si l'on entrait dans une machine pensante agrandie comme un moulin, on n'y trouverait que des pièces qui se poussent, jamais de quoi rendre compte d'une perception. La vie de l'âme n'est donc pas réductible aux mouvements des corps ; elle relève d'un ordre propre (les causes finales) accordé au mécanique, ce qui penche du côté émergentiste.
Monadologie, §17 (l'argument du moulin)