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Rapport aux autres· Pouvoir et justice

Liberté-capabilité

Axe: Liberté politiqueQu'est-ce qu'être politiquement libre ?

Être libre, ce n'est pas seulement n'être pas entravé, c'est avoir les moyens réels d'agir : sans santé, instruction ni ressources, une liberté purement formelle reste lettre morte. La liberté se mesure aux capacités effectives d'être et de faire.

Qui défend cette position

Courants 1

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Marxismeinférable

Les droits formels (voter, contracter, posséder) laissent intacte la contrainte économique : l'ouvrier « libre » de vendre sa force de travail l'est aussi de mourir de faim s'il refuse. Le marxisme tient donc l'émancipation politique pour réelle mais insuffisante, et lui oppose une liberté concrète, la capacité effective de se réaliser, qui suppose d'abolir le règne de la nécessité économique et l'aliénation. La liberté n'est pas un statut juridique mais une condition matérielle à conquérir : le libre développement de chacun ne devient possible que là où celui de tous l'est aussi, ce qui subordonne la liberté politique à la transformation des rapports de production.

Marx, Manuscrits de 1844 ; Le Capital, III

Philosophes 1

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Marxinférable

La liberté formelle ne vaut rien sans les conditions matérielles de l'exercer : la véritable émancipation suppose de dépasser l'aliénation et le règne de la nécessité, pour que le libre développement de chacun soit la condition du libre développement de tous. Une liberté positive et réelle, capacité effective d'agir.

Manuscrits de 1844 ; Le Capital, III ; Manifeste

Arguments et objections
ArgumentL'argument des capabilitésUne liberté dont on n'a pas les moyens n'existe que sur le papier : être libre, c'est pouvoir effectivement être et faire.
  1. À droits égaux, deux personnes n'ont pas les mêmes possibilités réelles : le droit d'entreprendre, d'étudier ou de voyager n'ouvre rien à qui manque d'argent, de santé ou d'instruction.
  2. Ce que nous prisons dans la liberté, ce sont les vies qu'elle rend possibles : un droit que son titulaire ne peut saisir garde peut-être sa valeur de principe, mais il n'ouvre, à lui seul, aucune vie.
  3. Une définition purement formelle doit pourtant déclarer ces deux personnes également libres : comme mesure de la liberté, elle est aveugle à ce qui en fait la valeur.
  4. La mesure pertinente est donc l'éventail des : non les ressources elles-mêmes, mais ce que chacun, avec elles et selon sa situation, peut effectivement choisir d'être et de faire.

Donc Une société libre est celle qui élargit ce que ses membres peuvent réellement être et faire, santé, instruction et ressources comprises.

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ObjectionAttaque la positionL'objection des conditions de la libertéConfondre la liberté avec ses conditions dissout le concept : le pauvre manque de moyens, non de liberté, et cette distinction protège l'un comme l'autre.
  1. Toute liberté s'exerce sous conditions : santé, argent, instruction, et jusqu'aux lois de la nature. Nul ne dit pourtant qu'être incapable de voler prive de liberté : toute incapacité n'est pas une servitude.
  2. L'approche par les ne dit pas cela de toute incapacité naturelle ; mais dès que le manque de moyens compte, comme tel, comme un manque de liberté, « liberté » glisse vers « pouvoir », et la différence s'estompe entre être empêché par quelqu'un et être limité par sa situation.
  3. Cette différence fait pourtant tout le travail critique du mot : elle distingue la prison de la pauvreté, le censeur de la malchance, et désigne un responsable là où il y en a un.
  4. Ce que vise l'approche par les capabilités est réel, mais c'est une exigence de justice (donner à chacun les moyens) plutôt qu'une redéfinition de la liberté.

Donc La pauvreté ôte à la liberté sa valeur, et c'est bien pourquoi il faut la combattre ; mais au titre de la justice, plutôt qu'en dissolvant le sens du mot liberté.

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Problèmes
  • Descriptif
    La liberté sur le papier

    La loi n'interdit à personne de voyager, d'étudier ou d'entreprendre ; mais sans argent, sans santé, sans relations, rien de tout cela n'est à portée. Celui qui n'a rien est-il privé de liberté, ou seulement de moyens ? Et dire que la pauvreté est un manque de liberté, est-ce préciser l'idée de liberté ou la dissoudre ?

    les droits sur le papier