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Rapport à soi· Exister

Renoncement

Axe: Le sens de la vieQue faire face à l'énigme du sens de la vie ?

Puisque aucun sens n'est donné et que rien ne le remplace vraiment, le tourment vient de l'exigence elle-même. Face à l'énigme, la réponse lucide est le renoncement : détacher son vouloir, cesser de demander à la vie ce qu'elle ne contient pas, et trouver dans ce retrait une paix sans illusion.

Qui défend cette position

Philosophes 1

Schopenhauerexplicite

Le monde n'offre aucune fin à réaliser : le est sans but et l'histoire n'accomplit rien. La seule issue est sotériologique : que le vouloir, se reconnaissant dans le spectacle universel de la souffrance, se retourne contre lui-même et se nie, par l' volontaire dont les saints et les mystiques de toutes les traditions offrent le modèle. Ce « rien » final n'est pas un désespoir mais une délivrance, que Schopenhauer rapproche, dans une lecture personnelle et aujourd'hui discutée des traditions indiennes, du bouddhiste.

Le Monde comme volonté et comme représentation, §71

Arguments et objections
ArgumentTarir la source du tourmentC'est le vouloir insatiable qui souffre, oscillant sans fin entre le manque et l'ennui ; la paix ne s'obtient pas en comblant un désir de plus, mais en apaisant le vouloir lui-même, en cessant de demander à la vie ce qu'elle ne contient pas.
  1. Le tourment ne vient pas de ce que la vie manque de sens, mais de ce que nous exigeons d'elle un sens et un bonheur qu'elle ne contient pas : c'est le vouloir insatiable qui souffre, jamais comblé.
  2. Car la poursuite ne produit qu'une oscillation sans fin entre le manque et l'ennui : à peine un désir comblé, un autre naît, et la satisfaction n'est qu'un répit avant le prochain tourment.
  3. La paix véritable ne s'obtient donc pas en comblant un désir de plus, mais en apaisant le vouloir lui-même : cesser de réclamer à l'existence ce qu'elle ne peut donner, et laisser se défaire cette soif qui, autrement, renaît sans fin.

Donc Donc, face à l'énigme, la réponse lucide n'est ni de déchiffrer un sens, ni d'en créer, ni de se révolter, mais de renoncer : non pas éteindre tel ou tel désir, mais desserrer l'emprise du vouloir même, pour une paix sans illusion.

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ObjectionAttaque la positionLe remède supprime le maladeLe renoncement promet la paix en éteignant le désir ; mais sans élan, plus d'amour, d'œuvre, de projet, il ne reste que l'absence de souffrance, indiscernable de l'absence de vie. Le remède guérit le malade en le supprimant.
  1. Le renoncement promet la paix en éteignant le désir, qu'il tient pour la source du tourment.
  2. Mais un désir éteint, c'est une vie éteinte : sans élan vers quoi que ce soit, plus d'amour, d'œuvre, de projet ; il ne reste que l'absence de souffrance, qui ressemble à s'y méprendre à l'absence de vie.
  3. Le remède guérit donc le malade en le supprimant : à ne plus rien vouloir pour ne plus souffrir, on n'a pas résolu l'énigme du sens, on a cessé de la poser, faute d'un vivant pour la porter.

Donc Donc le renoncement ne résout pas l'énigme, il la dissout en dissolvant celui qui la pose : reste à savoir si une vie vaut mieux sans peine, ou pleinement vécue.

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Problèmes
  • Descriptif Expérience de pensée
    Le rocher de Sisyphe

    Quand notre soif de sens se heurte au silence du monde, où loger une réponse : dans une fin qui nous dépasse, dans le sens qu'on se donne, ou dans la seule révolte lucide d'une vie sans réponse ?

    une existence