Rapport au vrai· Croire et savoir
Fondationnalisme
Axe: Justification de la croyance — Qu'est-ce qui rend une croyance justifiée ?
Le savoir repose sur des croyances de base, immédiatement certaines, qui n'ont besoin d'aucune autre pour se justifier : tout le reste s'édifie sur elles, comme un bâtiment sur ses fondations.
Courants 1
Rationalismeexplicite
Toute justification, sous peine de régression à l'infini, doit s'arrêter sur des principes qui ne dépendent d'aucun autre : le rationalisme tranche en posant que ces points d'arrêt sont des vérités premières que l'intuition intellectuelle saisit avec évidence, et non des données sensibles toujours révisables. C'est un fondationnalisme conséquent : le savoir s'édifie comme un édifice déductif, des axiomes vers les théorèmes, chaque pas conservant la certitude du précédent. Contre l', qui adosse la justification à des impressions singulières incapables de fonder le nécessaire, l'évidence rationnelle seule peut servir de socle, parce qu'elle se voit indubitable au moment où on la conçoit.
Descartes, Méditations ; Spinoza, Éthique
Philosophes 4
Descartesexplicite
Le projet des Méditations métaphysiques est expressément fondationnaliste : abattre toutes les opinions douteuses pour rebâtir le savoir sur un premier principe inébranlable, le cogito, dont la certitude soutient ensuite tout l'édifice. La connaissance repose sur des fondations indubitables, non sur la seule cohérence d'un réseau de croyances.
Méditations métaphysiques, I-II
Afficher les positions inférées (3)
Husserlinférable
Husserl est résolument fondationnaliste : il cherche un fondement dernier et absolu du savoir, une base d'évidences originaires sur lesquelles tout le reste puisse s'édifier sans cercle ni régression. Ce socle n'est ni une cohérence du système ni la fiabilité d'un processus, mais l'évidence donatrice, la chose se montrant elle-même en personne. La phénoménologie se veut « philosophie première », discipline des principes qui justifie les autres sciences sans rien emprunter d'elles, ce qui range Husserl du côté de la quête cartésienne d'un commencement absolu plutôt que du côté du réseau de croyances mutuellement portées.
Méditations cartésiennes, Méditation I-II · Idées directrices (Ideen I), §24
Spinozainférable
L'Éthique est démontrée « à la manière des géomètres » : tout le savoir se déduit de définitions et d'axiomes premiers, et l'idée adéquate porte en elle-même sa certitude, l'idée vraie étant son propre critère. C'est un fondationnalisme rationaliste.
Éthique, I ; Traité de la réforme de l'entendement
Lockeinférable
Tout notre savoir vient de l'expérience : il se compose à partir d'idées simples reçues par sensation et réflexion, auxquelles l'esprit ne peut rien ajouter. Ces idées simples forment le socle sur lequel s'édifie la connaissance, un fondationnalisme empiriste.
Essai sur l'entendement humain, II
- Descriptif Mise en situationFaut-il le croire ?
Face à une affirmation qu'on ne peut vérifier soi-même, qu'est-ce qui rendrait justifié d'y croire : de pouvoir la relier à une évidence de première main, sa cohérence avec tout ce qu'on sait déjà, ou la fiabilité de la source d'où elle vient ?
une affirmation reçue - DescriptifLa chaîne des raisons
Toute croyance s'appuie sur une raison, qui s'appuie sur une autre : ou bien la chaîne s'arrête sur des croyances qui se justifient d'elles-mêmes, ou bien elle se referme en cercle où chacune soutient les autres, ou bien elle se perd à l'infini. Ces trois issues sont exactement les trois manières de répondre à « qu'est-ce qui justifie une croyance ? ».
la chaîne des raisons - DescriptifY a-t-il des évidences premières ?
Le fondationnalisme suppose des croyances qui se justifient d'elles-mêmes, une perception ou une évidence si immédiate qu'elle n'a besoin d'aucune autre. Mais perçoit-on jamais rien de pur ? Même « je vois du rouge » mobilise déjà des concepts, une mémoire, un apprentissage : s'il n'existe aucun donné vraiment premier, sur quoi tout l'édifice repose-t-il ?
une croyance de base