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Rapport au vrai· Croire et savoir

Fiabilisme

Axe: Justification de la croyanceQu'est-ce qui rend une croyance justifiée ?

Une croyance est justifiée si elle est produite par un processus fiable, la perception, la mémoire, un raisonnement valide, même si celui qui la tient ne saurait en faire la preuve. Ce qui compte n'est pas de pouvoir justifier, mais d'avoir été bien formé.

Qui défend cette position

Philosophes 1

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Baconinférable

Avant de bâtir, Bacon veut purger l'esprit de ce qui le fausse : ce sont les quatre (), les biais systématiques de la connaissance. Idoles de la tribu, inhérentes à l'espèce, qui prête à la nature plus d'ordre qu'elle n'en a ; idoles de la caverne, propres à chaque individu et à son histoire ; idoles du forum, que le langage et les mots mal faits glissent dans la pensée ; idoles du théâtre, les systèmes philosophiques reçus comme autant de fables jouées sur scène. Une croyance ne se justifie donc pas en remontant à une intuition première indubitable, mais par la fiabilité du processus qui la produit, une fois l'esprit décrassé de ses idoles et soumis à la règle expérimentale. La garantie est du côté de la méthode, non d'un fondement intérieur.

Novum Organum, I, §38-68 (les idoles)

Pratiques
Passer le jugement au crible des idolesRègleAttestée · Bacon

Avant de croire un jugement, demandez ce qui, en vous, l'a peut-être fabriqué.

Dans le , repère quatre , quatre déformations qui faussent l'esprit avant même qu'il raisonne. La règle : avant de vous fier à un jugement qui compte, passez-le rapidement au crible de ces quatre biais permanents. Aujourd'hui, c'est une manière simple de ne pas confondre une impression bien installée avec une raison fiable.

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Problèmes
  • Descriptif Mise en situation
    Faut-il le croire ?

    Face à une affirmation qu'on ne peut vérifier soi-même, qu'est-ce qui rendrait justifié d'y croire : de pouvoir la relier à une évidence de première main, sa cohérence avec tout ce qu'on sait déjà, ou la fiabilité de la source d'où elle vient ?

    une affirmation reçue
  • Descriptif
    Faut-il pouvoir se justifier ?

    Pour être justifié, faut-il pouvoir donner ses raisons, ou suffit-il que la croyance ait été bien produite ? Un expert « sent » le bon diagnostic sans savoir l'expliquer ; à l'inverse, on hésiterait à dire qu'il sait, celui dont les intuitions tombent juste par un pouvoir qu'il ignore. La justification est-elle dans les raisons qu'on peut donner, ou dans la fiabilité du processus, même invisible à celui qui l'exerce ?

    une croyance bien formée
  • Descriptif
    Vrai par chance

    La définition classique tient le savoir pour une croyance à la fois vraie et justifiée. Or on peut croire une chose pour de bonnes raisons, et qu'elle soit vraie, sans savoir pour autant : l'horloge arrêtée qu'on regarde juste à l'heure qu'elle indique encore, le rocher qu'on prend de loin pour un mouton alors qu'un vrai broute derrière. La croyance est vraie et justifiée, mais elle tombe juste par accident. Faut-il alors redéfinir ce qu'est le savoir, ou durcir ce qu'on est en droit d'exiger d'une justification, jusqu'à ce qu'elle relie la croyance au vrai autrement que par chance ?

    une croyance vraie par chance