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Rapport aux autres· Pouvoir et justicemilieu nommé

Suffisantarisme

Axe: Justice distributiveComment les richesses et les ressources doivent-elles être réparties dans la société ?

Ce qui importe n'est ni l'égalité parfaite des parts, ni la seule liberté des échanges, mais que personne ne tombe sous un seuil de suffisance. Une société est juste lorsque chacun a assez pour mener une vie digne ; au-dessus de ce seuil, les écarts pèsent beaucoup moins.

Arguments et objections
ArgumentLa doctrine de la suffisanceCe qui nous indigne dans l'inégalité, c'est le manque, non l'écart. Or égalité et suffisance sont distinctes : on peut niveler sans rien régler, ou couvrir les besoins de tous en laissant de grands écarts. La juste mesure n'est donc pas « autant que les autres » mais « assez pour vivre dignement ».
  1. Quand l'inégalité nous indigne, regardons ce qui nous indigne vraiment : non que le riche ait dix maisons, mais que le pauvre n'ait pas de toit. C'est le manque, pas l'écart, qui parle à notre sens de la justice.
  2. Or l'égalité et la suffisance sont deux choses distinctes : on peut égaliser en nivelant par le bas, rendant tout le monde également démuni, sans rien régler ; et l'on peut couvrir les besoins de tous en laissant subsister de grands écarts au-dessus.
  3. Si c'est le manque qui compte, la juste mesure n'est pas « autant que les autres » mais « assez pour mener une vie digne » : au-dessus de ce seuil, l'écart perd l'essentiel de son poids moral.

Donc Donc la justice ne vise ni l'égalité parfaite des parts ni la seule liberté des échanges, mais un plancher : que nul ne tombe sous le seuil du nécessaire, l'inégalité au-dessus important bien moins.

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ObjectionAttaque la positionL'égalité des rapports, pas seulement du panierLe suffisantarisme mesure la justice à un panier de biens. Mais une société peut couvrir tous les besoins et ranger pourtant les gens en supérieurs et inférieurs. Ce qui blesse dans l'inégalité n'est pas seulement le manque, c'est la domination : l'égalité qui compte est celle des rapports.
  1. Le suffisantarisme mesure la justice à un panier de biens : chacun a-t-il assez ? Le seuil atteint, il se déclare satisfait.
  2. Mais une société peut assurer à tous le nécessaire tout en rangeant les personnes en supérieurs et inférieurs : dépendants d'un patron, d'un mari, d'un bienfaiteur dont il faut quêter la faveur. Le panier est plein, la relation reste celle d'un obligé.
  3. Or ce qui blesse dans l'inégalité n'est pas seulement le manque, mais d'avoir à courber l'échine, de valoir moins comme personne. L'égalité qui compte est celle des : que nul ne se tienne au-dessus d'autrui.

Donc Donc un plancher de suffisance ne suffit pas : la justice demande aussi que les personnes se tiennent en égales, sans domination, ce qui peut exiger de resserrer des écarts que la seule suffisance laisserait courir.

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Problèmes
  • PrescriptifPolitique et droit
    Juste assez ?

    La justice est-elle satisfaite dès que chacun a de quoi mener une vie décente ? Reste à savoir ce que signifie avoir assez, et au nom de quoi l'on juge un seuil suffisant.

    le seuil de suffisance
  • PrescriptifPolitique et droit
    La justice s'arrête-t-elle aux frontières ?

    Devons-nous la même justice distributive à l'humanité entière, ou nos obligations de partage s'arrêtent-elles aux membres de notre communauté politique ?

    les frontières