Rapport à soi· Exister
Rien ne survit
Axe: Après la mort — Quelque chose de nous survit-il à la mort ?
La personne finit avec le corps : . Ce qui demeure n'est pas elle : des œuvres, des enfants, une mémoire chez d'autres, des traces qui durent tant qu'on les porte. La seule éternité disponible est celle des choses faites, non de celui qui les a faites.
Philosophes 1
Russellexplicite
L'argument est direct et empirique : tout ce que nous savons du caractère et de la mémoire les montre liés à l'organisation du cerveau, qui se défait à la mort ; rien n'autorise donc à penser que ce qui dépend ainsi d'une structure lui survive. Russell ne prétend pas démontrer l'impossibilité de la survie : il déplace la charge de la preuve, puis diagnostique le motif de la croyance contraire, qui n'est pas crue parce qu'on a des raisons de la croire mais parce que la mort fait peur, et l'explication d'un désir n'est pas une preuve. Ce qui disparaît est à ses yeux la personne elle-même, et l'admettre est la condition d'une vie sans mensonge.
« Survivons-nous à la mort ? » (1936) · Pourquoi je ne suis pas chrétien (1927)
- DescriptifPenser sans cerveau ?
L'esprit naît, mûrit et défaille avec le corps, s'enivre avec lui, s'éteint sous un choc : ces liaisons prouvent-elles que la pensée meurt avec la chair, ou seulement que l'instrument conditionne l'usage sans être le musicien ?
l'esprit et le cerveau - DescriptifSurvivre dans ses œuvres ?
Les œuvres, les enfants, la mémoire prolongent un nom, non une conscience : cette immortalité par procuration mérite-t-elle le mot de survie, ou n'est-elle qu'une consolation qui en détourne le sens ?
les traces laissées