Voir l'axe · Critère du juste

Argument

Ce que l'impartialité présuppose

Un principe impartial ne meut personne s'il n'y a d'abord le souci d'un autre : le soin n'est pas une application de la morale, il en est la source.

Soutient

Gilligan, Noddings · Une voix différente · 1982

  1. D'où une exigence morale tire-t-elle sa force ? Non d'un principe contemplé dans l'abstrait, mais de la rencontre d'un autre qui dépend de nous, l'enfant, le malade, celui dont on répond : c'est là que l'obligation prend, pour chacun, sa première prise.
  2. Un principe impartial ne peut engendrer ce souci, il le présuppose : « accorde à tous un poids égal » ne meut que celui qui tient déjà à quelqu'un, et lui demande d'étendre ce soin. Ôtez tout attachement, le principe ne commande plus personne.
  3. Et en accordant à chacun le même poids, le point de vue impartial fait abstraction de ce qui crée l'obligation réelle : ce lien précis, cette dépendance, ce besoin. Ce qu'il écarte n'est pas du bruit moral, c'est la substance de la morale.

Donc Donc le soin n'est pas une exigence morale parmi d'autres, mais le sol sur lequel les autres tiennent : la morale s'enracine dans la réponse attentive à autrui, et les principes impartiaux n'en sont qu'un prolongement dérivé.

À quel point ce raisonnement vous convainc-t-il ?

Pas du tout
Tout à fait