Rapport aux autres· Société et histoire
Individualisme
Axe: Individu et société — Pour comprendre la vie sociale, faut-il partir des individus ou du tout social ?
La société n'est rien d'autre que les individus qui la composent et leurs interactions. Ce sont leurs choix, leurs intérêts et leurs droits qui expliquent les phénomènes sociaux, et c'est à partir d'eux qu'il faut penser les institutions.
Courants 2
Libéralismeexplicite
Le libéralisme part de l', non du tout social : les institutions se pensent à partir des personnes, de leurs choix et de leurs droits, non l'inverse. La société n'est pas un organisme qui préexisterait à ses membres et les subordonnerait à sa fin, mais une association au service de fins individuelles. De là le primat des droits de la personne sur les exigences de la collectivité.
Locke, Deux traités du gouvernement · Mill, De la liberté
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Les Lumièresinférable
La société se pense à partir de l'individu, et non l'inverse : c'est l'individu, sujet de droits et de raison, qui est premier, et les institutions n'existent que pour servir ses fins. Cet individualisme, prolongé par l'économie naissante de , sous-tend la critique des corps, des ordres et des corporations qui enserrent la personne. fait ici exception en subordonnant l'individu à la , signe que le courant n'est pas monolithique.
Locke, Deux traités du gouvernement · Adam Smith, Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations
Philosophes 5
Lockeexplicite
L'individu est premier : porteur de droits naturels (vie, liberté, biens) dans l'état de nature, il n'entre en société que par son propre consentement et pour mieux protéger ces droits. La communauté est un agrégat d'individus libres et égaux, non un tout organique qui les précéderait : méthodologique et normatif.
Traités du gouvernement civil, II, ch. 2 (l'état de nature) et ch. 8 (le consentement individuel)
Millexplicite
Parce qu'aucune forme de vie ne vaut a priori pour tous et que nul ne sait d'avance ce qui lui convient, Mill érige la liberté en condition d'expériences de vie par lesquelles chacun éprouve et façonne son propre caractère. L'individualité n'est donc pas un simple agrément privé mais le ressort de tout progrès : c'est des esprits originaux que naissent les vérités et les usages nouveaux dont la société entière hérite. D'où sa cible, le despotisme de la coutume et le conformisme qui nivellent les caractères et tarissent cette source, menace d'autant plus pressante que se renforce le pouvoir de l'opinion de masse.
De la liberté, ch. 3 (de l'individualité comme élément du bien-être)
Benthamexplicite
Pour Bentham, la communauté est une fiction : son intérêt n'est que la somme des intérêts des membres qui la composent. Il n'existe pas d'entité collective dotée d'un bien propre au-dessus des individus ; le bonheur social n'est que l'agrégat des bonheurs individuels. C'est un individualisme méthodologique net, fondement de tout le calcul utilitariste.
Introduction aux principes de la morale et de la législation, ch. I, §4 (l'intérêt de la communauté, somme des intérêts individuels)
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Schopenhauerinférable
La parabole des porcs-épics dit tout : pressés par le froid ils se rapprochent, mais leurs piquants les forcent à s'écarter, et ils finissent par trouver la juste distance, celle de la politesse. L'homme à la riche vie intérieure préfère souffrir un peu du froid que se blesser au contact, et tient la solitude pour un privilège plutôt qu'un manque.
Parerga et Paralipomena, t. II, §396
Zhuangziinférable
La sagesse de Zhuangzi est celle d'un individu qui se déprend des rôles, des charges et de la reconnaissance sociale pour préserver sa liberté intérieure : mieux vaut être une tortue libre dans la boue qu'une carapace vénérée au temple. La société et ses institutions, loin de constituer l'homme, le déforment en lui imposant des distinctions et des ambitions étrangères à son naturel. La priorité va clairement à l'individu singulier contre le tout social, mais par retrait et fuite plus que par revendication de droits.
Zhuangzi, ch. 17 (la tortue dans la boue) · Zhuangzi, ch. 4 (l'arbre inutile)
La juste distance du porc-épicAttitudeAttestée · Schopenhauer
Assez près pour se réchauffer, assez loin pour ne pas se piquer.
Dans une fable célèbre, décrit des porcs-épics qui, transis de froid, se serrent les uns contre les autres, mais que leurs piquants forcent à s'écarter ; à force d'essais, ils trouvent la distance moyenne où l'on se réchauffe sans se blesser, et cette distance, dit-il, s'appelle la politesse. La stance à cultiver : ni la fusion qui blesse, ni la solitude qui glace, mais une chaleur tenue à bonne distance, d'autant plus large qu'on porte en soi de quoi se tenir compagnie.
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