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Rapport au monde· Esthétique

Esthétisme

Axe: Le beau dans la vieLe beau est-il au cœur d'une vie réussie, ou un luxe secondaire au regard de l'éthique et de l'utile ?

Le beau est ce qui justifie et accomplit l'existence : faire de sa vie une œuvre, rechercher l'intensité des belles sensations et des belles formes. L'existence ne se justifie que comme phénomène esthétique.

Qui défend cette position

Courants 1

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Le romantismeinférable

Le romantisme fait de l'art et du beau le lieu le plus haut de l'existence, parfois au-dessus de la morale et de l'utilité que privilégiaient les Lumières. Vivre poétiquement, faire de sa vie une œuvre, toucher à l'absolu par la beauté : l'esthétique devient une manière d'être, voire une voie de salut, et non un simple ornement.

Schiller, Lettres sur l'éducation esthétique de l'homme · Novalis, Hymnes à la nuit

Philosophes 3

Nietzscheexplicite

Ce n'est qu'en tant que phénomène esthétique que l'existence et le monde sont justifiés à jamais : la thèse de la subordonne le sens de la vie au registre esthétique plutôt que moral. L'art, et non la morale, est l'activité proprement métaphysique de l'homme.

La Naissance de la tragédie, §5 et §24 · La Naissance de la tragédie, « Essai d'autocritique », §5

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Camusinférable

Pour Camus, créer est une des façons les plus hautes de vivre : l'œuvre d'art, fidèle au monde sensible sans prétendre l'expliquer, est une forme de et de beauté qui justifie l'existence. Cette valeur accordée à la création penche vers l'esthétisme, sans pourtant effacer l'exigence éthique de la révolte solidaire.

Le Mythe de Sisyphe (1942), « La création absurde » · L'Homme révolté (1951), « Révolte et art »

Zhuangziextrapolée

L'idéal de Zhuangzi n'est pas le devoir moral mais une existence légère, jouée, dont la grâce s'apparente à celle de l'artiste : le boucher dont la lame danse « au rythme de la Forêt des mûriers », le peintre qui se met nu pour peindre à son aise. La vie réussie y est moins affaire de rectitude que d'aisance et de beauté du geste, ce qui en fait une esthétisation de l'existence, même si le mot d'art y est anachronique et que la visée reste une libération plutôt qu'un culte du beau.

Zhuangzi, ch. 3 (le boucher Ding) · Zhuangzi, ch. 21 (le peintre nu)

Fondements et implications
↑ Ce qui la fondeEsthétisme — Le beau dans la vie!EsthétismeLe beau dans la vie
Prescriptif
Pensée tragique — Tonalité du réel=Pensée tragiqueTonalité du réel
Descriptif
Une feuille, une application qui ne fonde rien d'autre ici.

Ce qui la fonde

Tonalité du réel

Si le monde est sans ordre ni justice et qu'aucun sens ne lui est donné, la beauté reste la seule manière d'en racheter l'horreur et d'y consentir. La pensée tragique fonde l'esthétisme : Nietzsche tient que c'est seulement comme phénomène esthétique que l'existence est justifiée, et fait de la vie même une œuvre à créer.

Ce qu'elle implique

Une feuille, une application qui ne fonde rien d'autre ici.

Pratiques
Romantiser le quotidienAttitudeInspirée de Novalis

Donner au commun un sens élevé, au connu la dignité de l'inconnu, au fini l'éclat de l'infini : voilà romantiser.

appelait « romantiser » le pouvoir de regarder le monde ordinaire de manière à lui rendre sa profondeur et son mystère. C'est une disposition à cultiver : devant une rue, un visage, un geste banal, suspendre l'habitude qui les rend gris et y retrouver l'étrange, le beau, l'infini qui s'y cache. Le réel ne change pas, c'est le regard qui le ré-enchante.

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Problèmes
  • PrescriptifEsthétique Expérience de pensée
    La vie comme œuvre

    Faire de sa vie une œuvre, viser l'intensité des belles sensations : une telle vie se suffit-elle, ou finit-elle par se vider, indifférente au bien comme au mal et guettée par l'ennui ?

    une vie tout entière
  • PrescriptifEsthétique
    Le beau et le bien

    Le beau et le bien ne font-ils qu'un, ou sont-ils rivaux : la beauté élève-t-elle l'âme vers le bien, ou séduit-elle en flattant les apparences contre le devoir ?

    une belle action
  • PrescriptifExistentielle
    La beauté sauve-t-elle ?

    Le beau n'est-il qu'un ornement, ou ce qui rachète une existence par ailleurs absurde ou souffrante et la rend supportable ?

    l'existence tout entière
  • PrescriptifEsthétique
    Jouir du beau ou le créer

    La vie esthétique, est-ce recueillir en connaisseur les belles expériences, ou se façonner soi-même comme une œuvre en donnant du style à son existence ?

    une vie
  • Descriptif
    D'où vient la valeur du beau

    Le beau est-il une perfection réelle des choses, ou seulement un plaisir de goût ? Si tout est affaire de goût, sa prétention à compter dans une vie réussie s'affaiblit.

    une belle chose
  • PrescriptifEsthétique
    Beauté des sens ou de l'esprit

    La vie esthétique tient-elle d'abord aux plaisirs des sens, et tombe alors sous la même suspicion qu'eux, ou d'une forme qui les dépasse ?

    les plaisirs esthétiques