Rapport au monde· Esthétiquedifficulté
Finalité de l'art
À quoi sert l'art : à procurer du plaisir, à révéler le vrai ou à transformer le monde ?
Selon la réponse, une œuvre qui plaît sans rien dire, ou qui dérange sans plaire, n'a pas la même valeur, et l'on ne sacre pas les mêmes chefs-d'œuvre. C'est le critère même de ce qui fait une grande œuvre qui se décide ici.
Plaisir
0L'art n'a pas à être utile, moral ou militant : sa seule fin est la beauté et le plaisir de la forme. Le soumettre à une cause extérieure, c'est le trahir et le rabaisser au rang d'instrument.
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Vérité
5L'art est une voie de connaissance : il dévoile une vérité que le concept ne peut atteindre, l'essence du monde, l'éclosion de l'être ou le temps retrouvé. Sa grandeur tient à ce qu'il nous fait voir, non au plaisir ni à la cause qu'il sert.
Explorer cette position →Le romantismeexplicite
Si l'art crée au lieu d'imiter, c'est qu'il atteint ce que ni le concept ni la science ne peuvent dire : l'absolu, l'infini, l'unité perdue de l'esprit et de la nature. L'œuvre n'est ni ornement ni divertissement mais organe de vérité, la plus haute, là où la philosophie discursive échoue. couronne l'art comme l'achèvement du système, veut « romantiser » le monde pour lui rendre son mystère.
Schelling, Système de l'idéalisme transcendantal · Novalis, Pollen
Schopenhauerexplicite
L'art délivre une connaissance que la science ne peut atteindre : le , devenu pur sujet de la connaissance, saisit les Idées, formes éternelles des choses, et les communique. Cette contemplation est en même temps délivrance, car le beau suspend le vouloir et le nous en arrache de haute lutte. La musique tient un rang à part : copie non des Idées mais du vouloir lui-même, elle est la métaphysique du monde rendue audible.
Le Monde comme volonté et comme représentation, livre III, §§34-52
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Hegelexplicite
L'art n'a pas pour seule fin le plaisir : il donne à l'Idée une forme sensible, et il est ainsi l'une des trois manières, avec la religion et la philosophie, dont l'esprit absolu se sait. Mais parce que l'intériorité moderne déborde toute forme sensible, l'art, du côté de sa vocation la plus haute, est pour nous « chose du passé » : non qu'on cesse d'en produire, mais qu'il n'est plus le lieu où se dit le plus haut.
Leçons d'esthétique, Introduction (Leçons)
Platonexplicite
L'art n'est jamais jugé sur le plaisir qu'il procure mais sur sa vérité et son effet moral : la poésie mimétique est condamnée parce qu'elle flatte la partie inférieure de l'âme et s'éloigne du vrai. Inversement, la admet une musique et des récits réglés qui forment le caractère et accordent l'âme à l'harmonie, faisant de l'art un instrument de formation.
République, X, 605a-608b · République, III, 398c-401d
Aristoteinférable
La poésie procure du plaisir, mais elle vise surtout le vrai : plus philosophique que l'histoire, elle dit l'universel et le possible plutôt que le particulier. La catharsis des passions, purgation de la crainte et de la pitié par la tragédie, ajoute une fonction transformatrice, d'où un poids partagé que penche du côté de la vérité.
Poétique, 6 (1449b) et 9 (1451b)
Transformation
0L'artiste vit dans son époque et ne peut s'en laver les mains : son œuvre éveille les consciences, dénonce les injustices et participe aux combats de son temps. Prétendre rester neutre, c'est déjà prendre parti.
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Problèmes liés élargir vers d'autres axes
- PrescriptifEsthétiqueLe beau et le bien
Le beau et le bien ne font-ils qu'un, ou sont-ils rivaux : la beauté élève-t-elle l'âme vers le bien, ou séduit-elle en flattant les apparences contre le devoir ?
une belle actionLe beau dans la vie
Le beau est l'apparaître sensible de l'Idée.Hegel · Leçons d'esthétique, Introduction
La poésie est plus philosophique et plus noble que l'histoire : elle énonce le général, l'histoire le particulier.Aristote · Poétique, 9 (1451b)