Rapport aux autres· Morale
Rendre à chacun son dû
Axe: La responsabilité morale — Faut-il attribuer des torts ou des mérites ?
Il faut attribuer torts et mérites, car ils sont réels : quand l'acte est volontaire, fait en connaissance de cause et sans contrainte, l'éloge et le blâme sont dus, non simplement utiles. Refuser de les attribuer, ce serait ne plus voir des actions mais des événements, et ne plus traiter personne en auteur de sa vie.
Philosophes 1
Hegelexplicite
Tenir le criminel pour responsable et lui infliger ce qu'il mérite, c'est l'honorer comme un être rationnel, auteur de son acte, et non le traiter en animal qu'on dresse par la menace. Le mérite et la faute sont réels, non de simples instruments d'utilité sociale.
Principes de la philosophie du droit, §100
- Descriptif QuestionLa loterie du mérite
Deux chauffards identiques, un enfant traverse devant un seul : le hasard fait l'un meurtrier et l'autre chanceux. Et ce que nous louons, talents, caractère, n'a pas été choisi davantage : si la chance imprègne tout, que reste-t-il du mérite propre ?
la part de chance dans le mérite - DescriptifResponsable de son caractère ?
L'homme ivre ne se contrôle plus, mais il s'est rendu tel, verre après verre : pour Aristote, on impute la disposition qu'on a laissée croître. Mais pour être comptable de son caractère, ne faudrait-il pas l'avoir choisi, et ainsi à l'infini ?
la disposition acquise - DescriptifTout comprendre, est-ce tout excuser ?
Si chaque acte a ses causes, l'excuse valable pour l'un, la tumeur, la contrainte, devrait valoir pour tous, et plus personne ne serait blâmable. À moins que l'excuse ne distingue précisément entre des causes, et que comprendre ne soit pas excuser.
l'excuse universelle - PrescriptifPolitique et droitDu blâme à la peine
Si nul ne mérite au fond, la rétribution s'effondre, mais faut-il la pleurer ? Protéger, dissuader et réparer suffisent peut-être à fonder la peine, sans jamais parler de dette.
la peine méritée - DescriptifMérite réel ou pratique nécessaire ?
Attribuer des torts suppose-t-il un mérite fondé en métaphysique, ou la pratique se porte-t-elle elle-même, aucune découverte sur le déterminisme ne pouvant nous faire traiter les personnes en objets ?
le fondement de l'attribution